Artemis Fowl n’est donc pas condamné à rester le souvenir d’un film raté. Disney a donné son feu vert, le 11 octobre, à une série animée adaptée de la célèbre saga d’Eoin Colfer, pensée pour Disney Channel et Disney+. L’annonce, faite pendant un panel célébrant les 25 ans du premier roman, a de quoi rassurer les lecteurs français qui avaient découvert ce jeune prodige aussi brillant que franchement inquiétant.
Car six ans après l’adaptation en prises de vues réelles très mal reçue, la franchise revient avec un format qui semble plus fidèle à son ADN : une aventure au long cours, entre polar, fantastique et technologie. Aucune date de diffusion française n’est toutefois annoncée à ce stade.
- Disney a validé une série animée Artemis Fowl pour Disney Channel et Disney+, sans date de diffusion annoncée.
- La série adaptera le premier roman avec Eoin Colfer comme producteur exécutif.
- Ce format doit mieux développer l’univers et l’évolution d’Artemis que le film de 2020, très mal accueilli.
Artemis Fowl renaît en série animée sur Disney+ après l’échec du film
Le retour d’Artemis Fowl est important pour une raison simple : le personnage n’a jamais été un héros Disney traditionnel. Dans le premier livre, ce génie de 13 ans découvre un monde souterrain peuplé de fées high-tech et dangereuses. Son objectif n’est pas de les aider, mais de capturer l’une d’entre elles pour voler sa magie et tenter de sauver sa mère mourante. Artemis commence comme un jeune criminel surdoué, pas comme un aventurier irréprochable. C’est précisément cette ambiguïté qui avait été largement effacée dans le film en prises de vues réelles réalisé par Kenneth Branagh, avec Ferdia Shaw dans le rôle-titre. Le long métrage avait aussi condensé un univers très dense, au risque de perdre la mécanique patiente du roman : la confrontation entre un adolescent manipulateur et une société féerique organisée, technologique et redoutable.
L’animation pourrait mieux accueillir cette bizarrerie assumée. Elle permet de représenter sans lourdeur le mélange de gadgets, de magie et d’action qui fait la saveur de la saga, tout en laissant davantage de place aux personnages secondaires et aux règles de ce monde parallèle. Pour les spectateurs peu familiers du streaming, le principe est assez rassurant : plutôt qu’un gros film qui doit tout raconter à toute vitesse, une série peut installer les enjeux épisode après épisode, à la manière des feuilletons d’aventure, mais avec le rythme plus souple d’une production actuelle.
Ce que l’on sait déjà sur cette nouvelle adaptation très attendue des fans
Disney repart bien de l’intrigue du premier roman, avec Eoin Colfer directement associé au projet comme producteur exécutif. Sa présence ne garantit pas, à elle seule, une adaptation parfaite, mais elle donne du poids à l’idée d’un retour aux fondations littéraires. Il sera accompagné de Ben Juwono, récompensé aux Emmy et Annie Awards et déjà passé par Marvel’s Moon Girl and Devil Dinosaur ainsi que Big Hero 6: The Series, et de Colleen Evanson, qui a travaillé sur DuckTales et Monsters at Work. Ce trio suggère une volonté de trouver le bon équilibre entre humour, aventure familiale et vraie continuité narrative.
La franchise a de solides épaules : elle a dépassé les 35 millions d’exemplaires vendus dans le monde, a été traduite en 48 langues et compte huit romans principaux. Un format sériel convient particulièrement à l’évolution d’Artemis, appelé à passer progressivement du statut de jeune cerveau criminel à celui d’antihéros plus complexe. Disney n’a communiqué ni le studio d’animation, ni le nom du showrunner, ni le casting vocal, ni le nombre d’épisodes. La plateforme place néanmoins la série dans une stratégie animation déjà nourrie par Phineas and Ferb, Big City Greens, Kingdom Hearts ou encore Warrior Cats.
Cette résurrection n’est pas encore une promesse de réussite, mais elle corrige déjà le principal défaut du précédent essai : vouloir faire tenir trop vite une saga pensée pour durer. Avec l’auteur dans la boucle et l’animation comme terrain de jeu, Artemis Fowl a enfin une chance de redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un héros dérangeant, malin et singulièrement attachant.



