450 000 personnes de plus de 65 ans tombent chez elles chaque année : les sapeurs-pompiers désignent deux objets que presque tout le monde a au bas de son escalier

Chaque année, 450 000 personnes de plus de 65 ans chutent à leur domicile en France. Les sapeurs-pompiers identifient le bas de l’escalier comme zone à risque majeur, pointant du doigt deux objets ordinaires présents dans presque tous les foyers : un tapis non fixé et les chaussettes.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • Les chutes représentent la première cause d'accident de la vie courante, tuant plus de 10 000 personnes âgées chaque année en France
  • Un tapis non fixé au sol combiné à des chaussettes crée une combinaison dangereuse au bas de l'escalier
  • Fixer le tapis, porter des chaussons et maintenir l'escalier dégagé réduisent drastiquement les risques

450 000 chutes par an : un chiffre que les pompiers refusent de banaliser

Chaque année, en France, 450.000 personnes de plus de 65 ans sont victimes d'une chute à leur domicile. Ce chiffre vient directement des Sapeurs-Pompiers de France, qui en ont fait une priorité de leurs campagnes de prévention. Et parmi tous les recoins de la maison, un seul concentre l'essentiel de leurs mises en garde : le bas de l'escalier.

La chute reste la première cause d'accident de la vie courante en France.

En 2012, 9.600 décès dus à une chute ont été recensés, ce qui fait de la chute la première cause d'accident de la vie courante, et plus des trois quarts de ces décès concernent les personnes âgées de plus de 75 ans. Entre 0 et 6 ans aussi, la chute reste l'accident le plus fréquent, un rappel que ce risque traverse plusieurs générations à la fois.

Le tapis et les chaussettes : les deux objets que les pompiers pointent du doigt

Au pied de l'escalier, deux objets reviennent presque partout, dans presque tous les foyers. Un tapis posé là, sans être fixé au sol, et une paire de pieds en chaussettes glissant sur la première marche.

Le tapis, souvent choisi pour son côté décoratif ou pour protéger le sol, se déplace au moindre appui si rien ne le retient. Une semelle qui accroche le bord, un pied qui se pose de travers, et le tapis glisse sous le poids du corps. La chute part alors de la toute première marche, parfois même du palier, là où on l'attend le moins. Ce genre d'incident concentre justement le profil des accidents domestiques que les pompiers cherchent à faire reculer.

Marcher en chaussettes dans l'escalier multiplie ce risque de glissade.

Les pompiers recommandent de privilégier le port de chaussures ou chaussons plutôt que de circuler pieds vêtus seulement de tissu. Éviter de marcher en chaussettes fait partie de leurs consignes officielles, publiées sur pompiers.fr. Un simple chausson fermé change souvent la donne face à une chaussette lisse sur une marche en bois ou en carrelage.

Pourquoi le bas de l'escalier concentre autant de risques

L'escalier combine à lui seul plusieurs facteurs de risque : hauteur, marches, changement d'appui, et souvent un objet en plus au pied des marches. Ajoutez un tapis mobile et des chaussettes qui glissent, et la combinaison devient redoutable pour un équilibre déjà fragilisé par l'âge.

Les personnes les plus vulnérables sont les enfants et les personnes âgées, rappellent les pompiers. Un déséquilibre qui, chez un adulte plus jeune, se rattrape d'un pas, se termine trop souvent en chute franche après 65 ans. La force musculaire, les réflexes, la vue : tout ce qui aide à se rattraper diminue avec le temps, sans que la maison, elle, ne s'adapte forcément.

Un escalier mal éclairé n'arrange rien à l'affaire.

Les consignes officielles des sapeurs-pompiers pour sécuriser l'escalier

Les recommandations des pompiers sont concrètes, presque triviales une fois énoncées. Dégager l'escalier de tout objet qui traîne, garder le sol sec en toute saison, et surtout fixer les tapis au sol plutôt que de les laisser glisser librement. À cela s'ajoute l'installation de points d'appui fiables, une rampe solide sur toute la hauteur de l'escalier plutôt qu'un tronçon qui s'arrête à mi-chemin. Rien de sophistiqué, mais ce sont précisément ces détails que l'on repousse d'année en année.

Un tapis fixé au sol, par un adhésif ou un système antidérapant, ne bouge plus sous le pied. C'est un geste qui prend quelques minutes, pour un risque qui, lui, se répète chaque jour à chaque passage dans l'escalier.

Désencombrer ne veut pas dire vider l'escalier de tout, mais retirer ce qui n'a rien à y faire : cartons, chaussures en vrac, sacs posés en bas des marches. Garder le sol sec concerne aussi bien la sortie de douche que le carrelage d'entrée les jours de pluie. Ce sont des gestes d'entretien, pas des travaux, et c'est justement ce qui les rend accessibles à tout le monde.

Que faire si la chute a déjà eu lieu

Face à une chute, le réflexe à avoir reste simple.

Composer le 18 ou le 112 permet de joindre les secours en cas de choc important, de douleur intense ou de doute sur la gravité de la blessure. Ces numéros restent gratuits et disponibles 24 heures sur 24. Décrire la situation avec précision aide les équipes à évaluer, avant même leur arrivée, le matériel à prévoir.

En cas de fracture ouverte, la consigne des pompiers est claire : il ne faut pas y toucher. La zone doit rester immobile, en attendant l'arrivée des secours qui prendront le relais avec le matériel adapté.

Ce que les autres chiffres officiels ajoutent au tableau

D'autres organismes affinent ce tableau avec des données complémentaires. En France, les chutes des personnes âgées entraînent chaque année plus de 100 000 hospitalisations et plus de 10 000 décès, selon le ministère des Solidarités. Ces chutes ont un coût pour la collectivité de 2 milliards d'euros, dont 1,5 milliard pour la seule Assurance maladie. Un plan national antichute, lancé en 2022, visait à réduire de 20 % les hospitalisations et décès liés aux chutes, un objectif jugé difficile à atteindre au regard des chiffres les plus récents.

Un tapis fixé au sol et une paire de chaussons aux pieds ne coûtent presque rien à mettre en place. Face à 450 000 chutes par an chez les plus de 65 ans, ce sont pourtant deux détails que les pompiers rappellent sans relâche, marche après marche.

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