Cette manière très courante de ranger ses bulbes et ses graines dans l’abri de jardin les livre aux rongeurs qui cherchent un abri hors gel

Chaque automne, les rongeurs quittent l’extérieur pour chercher refuge dans les abris de jardin. La manière de ranger les bulbes et graines en sacs papier ou plastique les rend vulnérables aux incisives constamment en croissance des souris et des mulots, une erreur ancestrale qu’on peut corriger en quelques gestes simples.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • Les sacs papier et plastique ne résistent pas aux incisives des rongeurs qui poussent sans cesse
  • Les contenants métalliques hermétiques arrêtent complètement l'accès aux bulbes et graines
  • Les passages de moins d'un centimètre doivent être obturés avec du grillage galvanisé ou de la laine d'acier
  • L'automne concentre la recherche de refuge chez les rongeurs avant novembre

Un abri de jardin qui change de vocation en octobre

Chez vos parents, l'abri de jardin sert de débarras l'été et de refuge d'automne pour tout ce qui redoute le gel. En allant y ranger le tuyau d'arrosage ou vérifier les outils avant l'hiver, beaucoup d'aidants tombent sur le même spectacle : un sac de graines de haricots éventré, un paquet de bulbes de dahlias troué, des crottes noires le long de l'étagère. Le coupable n'est jamais loin, mais il a déjà filé.

Le mal est fait avant qu'on ne le voie.

Ce basculement n'a rien d'un hasard de calendrier. Chaque automne, avec la chute des températures, rats, souris et mulots quittent les égouts et les jardins pour se réfugier dans les habitations. L'abri, le garage ou le sous-sol coche toutes les cases dont un rongeur a besoin pour passer l'hiver sans encombre. Et c'est justement là que le rangement du jardinier, pourtant fait avec soin, devient un piège qu'il a lui-même tendu.

Ce qui rend l'abri si attirant

Trois éléments principaux poussent les rongeurs à chercher refuge à l'intérieur des bâtiments : la nourriture, la chaleur et un abri sûr pour nidifier et se reproduire. Un abri de jardin bien clos réunit les trois en un seul endroit, alors qu'à l'extérieur ces ressources restent dispersées et disputées.

Les sacs de graines pour semis, les bulbes en attente de plantation, les croquettes pour le chat du jardin : tout cela s'entasse souvent sur la même étagère, dans les mêmes contenants d'origine. Supprimer les cachettes facilement disponibles constitue la première ligne de défense, en stockant les sacs de compost et de graines dans des contenants hermétiques en métal. Peu de foyers appliquent réellement ce conseil.

Un bulbe de dahlia oublié dans son sachet papier, c'est un festin annoncé.

L'erreur du sac en papier ou en plastique

La première faute, la plus répandue, tient en un geste anodin : garder les bulbes et les graines dans leur emballage d'achat, papier kraft ou sachet plastique, posé à même une étagère ou un carton. Les bulbes de tulipes, crocus, alliums, dahlias, glaïeuls ou camassia sont des mets de qualité très appréciés des mulots, campagnols et souris. Un abri chauffé par rien d'autre que l'isolation du bâti suffit à les rendre accessibles toute la saison froide.

La raison technique tient à l'anatomie même du rongeur. Les rongeurs possèdent des incisives qui poussent continuellement, ce qui les oblige à ronger constamment pour les user. Un rat passe dès qu'une ouverture atteint deux centimètres, et ses dents lui permettent d'agrandir un passage trop juste dans le bois, le plastique ou les isolants. Le papier et le plastique fin n'offrent donc aucune résistance sérieuse. Seul un contenant vraiment rigide, comme une boîte en métal ou en verre fermée hermétiquement, arrête net cette mécanique.

Une incisive qui pousse sans cesse cherche toujours quelque chose à user.

Le geste des anciens qui garde encore son sens

Les anciens rangeaient leurs graines de haricots et leurs bulbes de dahlias dans des bidons de fer-blanc dès les premières gelées attendues, et ce geste tenait les rongeurs à distance sans qu'on en explique jamais vraiment la raison à table.

La tôle ne se laisse pas entamer par une incisive, même acharnée. L'odeur des graines reste en plus confinée dans un contenant étanche, ce qui réduit d'autant l'appel olfactif qui guide un mulot vers une étagère précise. Ce détail, presque oublié, reste pourtant la parade la plus simple contre l'erreur du sac papier.

Une boîte de biscuits en fer-blanc suffit largement à l'usage.

Textiles, papier et le confort du nid

Deuxième piège, moins évident que le premier : l'abri de jardin sert souvent de dépôt pour les vieux journaux, les cartons vides et les chutes de textile destinées au paillage. Ce sont exactement les matériaux qu'un rongeur cherche pour construire son nid une fois l'abri repéré.

Un carton déchiqueté en confettis n'est jamais un accident. C'est la signature d'une nichée qui s'installe pour l'hiver, profitant à la fois du gîte et du couvert offerts par le même local.

Un vieux pull oublié dans un coin devient, sans qu'on le veuille, de la literie.

Les passages qu'on oublie de fermer

La troisième faute concerne le bâti lui-même, pas ce qu'on y range. Une souris se faufile par un trou de six millimètres, l'épaisseur d'un stylo, ce qui rend dérisoire le simple bourrelet de porte mal ajusté. Les gaines électriques, les passages de tuyaux et les grilles d'aération basses restent les points d'entrée les plus fréquents, et personne ne pense à les vérifier chaque année. Un abri qui semblait étanche au printemps peut très bien s'être tassé ou fissuré en six mois.

Le grillage à maille fine enterré, de type grillage galvanisé à maille d'un centimètre maximum, s'avère la solution la plus durable pour boucher ces accès sans nuire à la ventilation. La laine d'acier tassée dans les interstices produit le même effet, car aucun rongeur n'arrive à la traverser sans se blesser les dents.

Un centimètre de maille arrête un rat, jamais une souris.

Le bon moment pour vérifier

À l'automne, la quête de chaleur et de nourriture attire les rongeurs près des bâtiments de ferme, entrepôts, dépôts et maisons, et ils y restent ensuite actifs tout l'hiver puisqu'ils n'hibernent pas. Vérifier l'abri en octobre, avant l'installation, coûte une demi-heure. Le faire en janvier, une fois la nichée en place, demande bien plus d'efforts et parfois l'intervention d'un professionnel.

Dans certaines régions, comme en Saône-et-Loire, les entreprises de dératisation enregistrent chaque année un pic d'appels entre septembre et novembre, preuve que ce basculement d'automne n'a rien d'anecdotique pour les professionnels du secteur. Passer en revue l'abri de vos parents avant les premiers frimas, contenants métalliques, textiles évacués, passages obturés, coûte bien moins cher qu'un appel à ces mêmes entreprises deux mois plus tard.

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