Régler le thermostat à 19°C partout dans l’appartement coûte cher sans améliorer le confort. L’ADEME recommande 19°C aux pièces de vie et 16°C aux chambres, pas au couloir. Fermer les portes et adapter la température pièce par pièce réduit les déperditions et la consommation.
Chauffer toutes les pièces à la même température fait grimper la facture sans réchauffer personne, et la pièce où l’ADEME conseille de baisser n’est pas celle qu’on croit

Un thermostat unique réglé sur 19°C pour tout l'appartement, du salon jusqu'à la chambre du fond : ce réflexe reste le plus répandu à l'approche de l'hiver. Il alourdit pourtant la facture sans améliorer le confort, car les recommandations officielles distinguent nettement les pièces de vie et les chambres. Et la pièce où l'ADEME conseille de baisser la température n'est pas le couloir ni l'entrée, mais l'endroit où l'on dort.
- L'ADEME préconise 19°C au salon et 16°C à la chambre, pas une température uniforme
- Une chambre trop chaude perturbe l'endormissement et nuit à la qualité du sommeil
- Chauffer uniformément fait migrer l'air chaud vers les zones non occupées, gaspillant de l'énergie
- Fermer les portes des pièces inoccupées concentre la chaleur là où elle sert réellement
Une température unique, la fausse bonne idée
Beaucoup de foyers règlent leur chaudière ou leur thermostat sur une valeur identique dans toutes les pièces, persuadés d'appliquer la fameuse consigne de 19°C partout. L'ADEME recommande pourtant de chauffer à 19°C les pièces à vivre comme le salon, la salle à manger, la cuisine ou le bureau, et à 16°C les chambres, jugées plus propices au sommeil réparateur à cette température.
La salle de bains, elle, grimpe à 22°C mais uniquement pendant son utilisation.
Ce repère de 19°C trouve son origine dans un décret des années 1970 encadrant la température maximale des logements chauffés collectivement. Ce décret prévoit les limites supérieures de température de chauffage à 19°C pour l'ensemble des logements, particulièrement pour les habitations à loyers modérés. Pour un particulier chez lui, ce chiffre reste une recommandation et non une obligation légale à respecter au degré près.
Pourquoi la chambre réclame moins de chaleur que le salon
Contrairement à une idée reçue, baisser la température de la chambre n'est pas qu'un geste d'économie. Une température trop élevée dans le logement peut avoir un impact sur le sommeil, selon l'Institut national du sommeil et de la vigilance, et dormir dans une chambre trop chaude ne facilite ni l'endormissement ni un sommeil réparateur. Le corps a besoin d'une légère baisse de sa température interne pour basculer dans le sommeil profond. Les recommandations situent donc la chambre entre 16 et 17°C, contre 19°C dans le salon ou la cuisine.
Cette température plus basse suppose une literie adaptée pour rester confortable. Une couette bien chaude compense largement les quelques degrés en moins.
À 16°C, la chambre reste dans les repères recommandés par l'ADEME, et associée à une bonne couette, elle garantit un sommeil réparateur et un réveil sans migraine.
Le mécanisme thermique que personne n'explique
Chauffer tout le logement à la même consigne, portes ouvertes, revient à chauffer aussi des volumes qui n'ont pas besoin de l'être. Le couloir, l'entrée ou la cage d'escalier absorbent une partie de la chaleur produite dans le salon ou la cuisine. Cet air chauffé pour rien s'échappe par les portes ouvertes vers les zones froides du logement, sans jamais réchauffer qui que ce soit.
L'air chaud, plus léger, migre naturellement vers les pièces les moins chauffées. Il y rencontre des parois plus froides, se refroidit à leur contact, et perd une partie de son humidité sous forme de condensation. Ce phénomène explique les traces d'humidité parfois observées près des fenêtres d'un couloir non chauffé ou dans une chambre mal ventilée. Le chauffage tourne alors davantage pour compenser une perte qu'une simple porte fermée aurait évitée.
Fermer la porte d'une pièce non occupée limite ces transferts et concentre la chaleur là où elle sert réellement. C'est un geste gratuit, immédiat, sans réglage technique à prévoir.
Le réglage pièce par pièce, du salon à la salle de bains
Dans les pièces de vie occupées en journée, salon, salle à manger, cuisine ou bureau, la consigne recommandée tourne autour de 19°C. La salle de bains constitue l'exception qui confirme la règle, en montant à 22°C, mais seulement pendant son utilisation. En dehors de ces moments, elle peut redescendre sans nuire au confort général du logement.
Dans les lieux de passage comme l'entrée, les couloirs ou les dégagements, une température de 17°C reste tout à fait adaptée.
Les chambres, elles, restent dans la fourchette basse évoquée plus haut, entre 16 et 17°C selon les préconisations. Une chambre de bébé fait exception et remonte entre 18 et 20°C, car la régulation thermique des nouveau-nés n'est effective qu'après plusieurs mois.
Les robinets thermostatiques permettent d'affiner ce confort pièce par pièce, en maintenant par exemple une chambre à 17°C tout en conservant 19°C dans le séjour. Chaque radiateur reçoit ainsi sa propre consigne, sans changer d'installation ni de chaudière. Sans ce type d'équipement, moduler la température pièce par pièce devient nettement plus contraignant, surtout avec un chauffage central classique.
Quand les murs froids trompent le thermostat
La température affichée par un thermostat ne raconte qu'une partie de l'histoire. Le confort ressenti dépend aussi de la température des parois, murs, sol et plafond, qui échangent en permanence de la chaleur avec le corps. Avec une température extérieure de 0°C et une température réelle de 20°C en intérieur, un mur non isolé peut n'afficher que 12°C, faisant tomber la température ressentie à 16°C. À l'inverse, une paroi bien isolée affichant 19°C offre une température ressentie de 19,5°C, très proche de la température réelle.
Ce mécanisme explique pourquoi un logement mal isolé reste inconfortable même quand le thermostat affiche 20 ou 21°C. Monter la consigne ne compense pas des murs qui continuent d'aspirer la chaleur du corps.
Dans ce cas, le radiateur tourne davantage sans que l'occupant se sente réellement plus au chaud. Baisser le chauffage d'un seul degré permet pourtant de réaliser des économies d'énergie de l'ordre de 7 à 8% dans un logement standard, un calcul qui joue ici en sens inverse quand on pousse la consigne pour compenser des murs froids. La vraie réponse tient alors moins au réglage du thermostat qu'à l'état des parois elles-mêmes.
Couper totalement le chauffage d'une pièce humide comme la salle de bains reste déconseillé, même hors utilisation, car l'humidité stagnante y favorise moisissures et dégradations. Un maintien minimal, autour de 16 à 17°C, suffit à éviter ce risque sans peser sur la facture.
Sources : hoteldelavanoise.fr | transfluid.fr