Elle a ouvert à un policier venu mettre ses bijoux à l’abri après des vols dans le quartier : au commissariat, son nom ne disait rien à personne

Il avait l’uniforme, la voix calme et le nom de ma rue. Il m’a dit de sortir mes bijoux, qu’il allait les mettre à l’abri.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • Un vrai policier ne vient jamais récupérer des bijoux à domicile.
  • L'appel téléphonique précède toujours la visite du faux policier.
  • Le numéro affiché sur l'écran peut être falsifié.
  • Le 17 ou le numéro du commissariat trouvé soi-même permet de vérifier.

Le scénario, de l'appel à la disparition des bijoux

Un vrai policier ne vient jamais chez vous récupérer vos bijoux pour les mettre à l'abri, et il ne le fait pour personne. La direction départementale de la police nationale des Deux-Sèvres a dû le rappeler le 23 avril 2026, après qu'un individu a réussi à se faire remettre des bijoux par des personnes âgées et vulnérables.

Toute demande de ce type est une arnaque, sans exception.

Le mécanisme se joue en deux temps, et le premier se déroule au téléphone, bien avant que quiconque sonne à la porte. Les escrocs appellent d'abord une personne, souvent âgée, et lui disent avoir arrêté un voleur qui prévoyait de la cambrioler. L'escroc annonce ainsi un cambriolage dans le secteur, une phrase lâchée à distance pour installer l'inquiétude et préparer le terrain.

Vient ensuite l'annonce d'une visite, pour vérifier que les objets de valeur sont bien à l'abri. Quelqu'un sonne alors, habillé en policier. Il prend les bijoux pour les placer sous scellés, dit-il, du ton de celui qui applique une procédure ordinaire. Puis il repart avec les bijoux.

Au commissariat, un nom qui ne dit rien à personne

Le jour où la victime pousse la porte du commissariat, le nom que lui a donné son visiteur ne dit rien à personne, pour une raison simple : l'homme n'appartient pas à la maison. Les scellés dont il parlait n'ont jamais existé, puisqu'un policier ne prend pas les objets de valeur à domicile pour les mettre en sécurité.

Une variante circule dans le même département. Un faux policier téléphone pour annoncer qu'une personne a été arrêtée avec la carte bancaire de la victime. Plusieurs habitants ont signalé ce type d'appel, et la règle vaut ici aussi : un policier ne demande jamais de carte bancaire ni de code confidentiel.

Votre nom, votre adresse, votre numéro : trois fausses preuves

Connaître votre nom et votre adresse ne prouve rien. Ces données circulent après des fuites informatiques, et le ministère de l'Intérieur cite notamment celle d'un négociant en or. L'escroc peut se présenter comme policier, gendarme, enquêteur ou agent de l'État, par téléphone comme par e-mail, et sonner parfaitement juste.

Même le numéro affiché sur l'écran peut mentir.

Les escrocs savent faire apparaître le vrai numéro d'un commissariat sur votre téléphone, ce qui donne à l'appel un vernis d'authenticité redoutable. D'où la consigne de ne jamais rappeler un numéro fourni par le visiteur, et de chercher soi-même celui du commissariat ou de la brigade.

Quatre signaux, et une bande à 620 000 euros

Le ministère de l'Intérieur dresse la liste des signaux d'alerte : un appel inattendu d'un policier ou d'un gendarme (ou un e-mail), une demande de garder le secret, une pression pour agir vite, une visite annoncée à domicile. Un seul de ces éléments justifie déjà de raccrocher. Le secret et la hâte forment un duo bien commode pour l'escroc, puisqu'ils écartent le proche ou le voisin qui aurait pu douter.

Ceux qui s'y exercent ne sont pas des amateurs isolés. Près de Versailles, cinq individus de 23 à 55 ans, se faisant passer pour de faux gendarmes et de faux policiers, ont été interpellés le 4 février 2025. Les enquêteurs leur attribuent 25 vols, dont 16 réussis et 9 tentatives, pour un préjudice de 620 000 euros. Chez eux, ils ont trouvé de fausses cartes de police.

À la porte : les gestes qui comptent

Uniforme, brassard, insigne : rien de cela ne prouve quoi que ce soit.

Le premier geste consiste à ne pas ouvrir, ou à faire patienter la personne dehors. Demandez ensuite sa carte professionnelle, qui doit comporter une puce, la photo de l'agent et son matricule. Une carte ne clôt pourtant pas la discussion, puisque les faux policiers de Versailles en avaient de fausses dans leurs affaires.

Pour vérifier, cherchez vous-même le numéro du commissariat ou de la brigade, ou composez le 17. Jamais le numéro que vous tend le visiteur, qui peut mener n'importe où.

Dernier réflexe, à adopter dès l'appel : ne dites jamais où sont rangés les bijoux. Cette information est précieuse pour l'escroc, qu'il soit au bout du fil ou sur le palier. Ne la donnez ni à l'interlocuteur du téléphone, ni au visiteur qui prétend simplement vérifier.

Pour vos parents, avant le 1er novembre

Si vous avez entre 45 et 60 ans, le troisième geste recommandé par le ministère de l'Intérieur vous concerne. Après raccrocher et vérifier, il y a prévenir un proche, et ce proche, pour vos parents, c'est probablement vous.

Autour du 1er novembre, la nuit tombe vers 17 h 40, et beaucoup de familles se retrouvent ou rentrent chez elles pour la Toussaint. Un appel de deux minutes suffit à rappeler la règle : un policier ne demande jamais de bijoux, d'argent, de carte bancaire ni de code. Ajoutez que tout appel exigeant le secret ou la hâte est déjà, à lui seul, un signal d'alerte.

Faire patienter un visiteur dehors n'a rien d'impoli.

Dans le scénario des Deux-Sèvres, l'appel vient toujours avant la visite : l'escroc téléphone d'abord, il sonne ensuite. Raccrocher dès le premier appel coupe l'histoire avant l'arrivée de l'uniforme, et le 17 reste joignable pour signaler la tentative.

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