Avec les pluies d’automne, j’ai laissé la trottinette de mon fils rentrer dans sa chambre, branchée sous le bureau. Je n’ai pas regardé la multiprise une seconde fois.
J’ai laissé mon fils brancher sa trottinette électrique dans sa chambre avec les pluies : personne ne m’avait dit où cette batterie doit vraiment charger

- La nuit figure parmi les moments à éviter pour la recharge.
- Une pièce ventilée, dégagée, hors voie d'évacuation est recommandée.
- Le chargeur d'origine reste la seule option sûre à utiliser.
La chambre, la nuit : la mauvaise réponse
La batterie d'une trottinette électrique ne devrait pas charger dans une chambre, encore moins pendant le sommeil de son propriétaire. Elle se branche de préférence dans une pièce ventilée, dégagée, hors des passages d'évacuation, et tant que quelqu'un est éveillé à proximité. Je l'ai appris après coup, ce qui n'est jamais le bon ordre.
Personne ne m'avait prévenu.
Avec les pluies d'automne, j'ai laissé mon fils rentrer sa trottinette à l'abri, dans sa chambre. Elle y est restée pliée contre le lit, le chargeur branché sur une multiprise sous le bureau. Cela me semblait de bon sens, presque de la prévoyance. Je n'ai pas regardé la multiprise une seconde fois.
Ce que la réponse ministérielle dit noir sur blanc
Une question écrite à l'Assemblée nationale, la n° 10324 de la 17e législature, a interrogé le ministre de l'Économie sur les incendies liés à la recharge des trottinettes en intérieur. Son auteur, le député Inaki Echaniz, rappelle que les batteries lithium-ion peuvent provoquer des départs de feu en cas de défaut de fabrication, de mauvais entretien ou de surcharge.
La réponse du ministère reprend les précautions de base : ne pas recharger sans surveillance, en particulier la nuit, n'utiliser que le chargeur fourni par le fabricant, et éviter les zones encombrées ou proches de matières inflammables. Trois consignes, et ma chambre d'adolescent en enfreignait au moins deux. Un lit, une couette, un bureau chargé de papiers : le décor n'a rien d'une zone dégagée.
La nuit y figure en toutes lettres.
Le texte de la question va plus loin que le rappel des gestes. Il constate que nombre d'utilisateurs ignorent encore ces précautions élémentaires, et il évoque de récents incidents qui ont mis en lumière la dangerosité potentielle de ce matériel. Je faisais donc partie, sans le savoir, d'une statistique de l'ignorance.
Le chargeur, ce maillon qu'on regarde à peine
On surveille la trottinette, on oublie le boîtier noir qui la nourrit. Or la réponse ministérielle distingue bien les deux : les batteries relèvent des règlements européens 2023/1542 et 2023/988, les chargeurs de la directive basse tension 2014/35/UE, avec le marquage CE à la clé. Les contrôles de la DGCCRF (la répression des fraudes) portent sur les deux familles. Ils ont déjà relevé 5 modèles de chargeurs dangereux, à cause de risques de chocs électriques.
Parmi eux, un modèle présentait un risque d'explosion par court-circuit, et un autre chargeait en dehors d'une plage de températures convenable. Ce dernier détail m'a fait réfléchir. Une batterie qui rentre d'une sortie sous la pluie, froide ou humide, n'est pas dans son état de repos, et un chargeur qui ne tient pas compte de la température n'arrange rien.
Cinq modèles dangereux, dont un capable d'exploser.
Les contrôles ne s'arrêtent pas là : ceux des batteries de trottinettes sont inscrits au programme national d'enquête 2026 de la DGCCRF. Un chargeur racheté séparément, parce que l'original a disparu au fond d'un sac, mérite donc davantage de méfiance qu'un accessoire ordinaire. La règle du chargeur d'origine, répétée dans la réponse, prend ici tout son sens.
Les consignes belges, plus précises sur le « où »
La police fédérale belge a publié 15 conseils sur la recharge de ces batteries, et c'est là que la question du lieu devient concrète. On y lit qu'il faut charger dans une pièce munie d'un détecteur de fumée, ventilée, et hors de la voie d'évacuation. Le couloir d'entrée, où l'on pose volontiers la trottinette pour la brancher à la première prise venue, se trouve donc exclu.
Les mêmes conseils déconseillent la charge la nuit comme en l'absence de toute personne dans le logement. Ils précisent aussi qu'il ne faut pas charger une batterie trop froide ou trop chaude. Après une sortie sous la pluie, il vaut donc mieux laisser l'engin revenir à température ambiante avant de le brancher.
Appliquée à ma situation, cette liste ne laisse pas beaucoup de marge. Une chambre où l'on dort ne coche ni la surveillance, ni la voie d'évacuation dégagée, et rarement le détecteur de fumée. Le séjour, en revanche, en journée, avec quelqu'un dans la pièce voisine, coche presque toutes les cases.
La fiche de la DGCCRF et la notice du fabricant
La DGCCRF a mis en ligne le 20 novembre 2025 une fiche pratique sur l'achat et l'utilisation des trottinettes électriques en toute sécurité. Elle y rappelle que les batteries au lithium se chargent et se manipulent avec précaution, pour éviter tout risque d'inflammation.
La notice fournie avec l'engin complète utilement ces conseils généraux, puisqu'elle précise les conditions de charge propres à chaque batterie. Elle dit peut-être aussi comment brancher le chargeur : certains guides recommandent la prise murale plutôt que la multiprise, mais la réponse ministérielle ne s'exprime pas sur ce point. Sortez la vôtre du tiroir, elle se lit en dix minutes.
Charger de jour règle la question de la nuit.
Ce que j'ai changé à la maison
La trottinette se charge désormais dans le séjour, en fin d'après-midi, quand l'un de nous est à la maison. J'ai vérifié que le chargeur était bien celui d'origine, et j'ai dégagé le coin du meuble où elle se branche. Mon fils a haussé les épaules, puis il a trouvé que l'idée d'un horaire de charge, comme pour le lave-linge, n'était pas absurde. Nous avons convenu que la trottinette ne dormirait plus dans sa chambre.
J'ai aussi regardé si le détecteur de fumée du couloir fonctionnait, ce que je n'avais pas fait depuis plus longtemps que je ne voudrais l'avouer. Le geste prend trente secondes, un appui sur le bouton d'essai.
Un point de droit reste à connaître. Les textes cités dans la réponse ministérielle encadrent la fabrication des batteries et des chargeurs, mais aucun d'eux n'impose un lieu de charge : ces précautions relèvent du bon sens du foyer, et personne d'autre ne les appliquera à votre place.
Sources : questions.assemblee-nationale.fr | naveetech.fr
