Depuis le 1er juin 2025, la tonte entre midi et 16h est devenue une infraction dans 23 départements français, passible d’une amende de 135 euros. Cette nouvelle restriction repose sur un pouvoir de police municipale et vise à réduire les nuisances sonores, protéger la biodiversité et prévenir les risques d’incendie en période de sécheresse.
Je tondais toujours à cette heure-là le week-end : dans 23 départements, ce créneau précis coûte désormais 135 €

Depuis le 1er juin 2025, la routine du week-end de millions de jardiniers français a changé. Sortir la tondeuse entre midi et 16h, ce créneau longtemps considéré comme idéal, ni trop tôt pour les voisins, ni trop tard dans la journée, est devenu une infraction dans 23 départements. Verbalisable. À 135 euros.
À retenir
- Un créneau de tonte populaire devient soudainement interdit et verbalisé dans plus d'une vingtaine de départements
- Les maires français disposent d'un pouvoir méconnu pour fixer leurs propres horaires de tonte
- Les raisons derrière cette restriction ne sont pas ce qu'on croit au premier abord
Ce que dit vraiment la règle
Il n'existe pas de loi nationale interdisant la tonte entre 12h et 16h. La règle repose sur le décret n° 2006-1099 du 31 août 2006, qui encadre les bruits de voisinage. Ce que beaucoup ignorent, c'est que depuis une modification en 1990 du Code général des collectivités territoriales, les maires disposent d'un pouvoir de police générale en matière de lutte contre les bruits de voisinage et sont autorisés à prendre un arrêté municipal fixant des créneaux horaires pour la tonte.
Depuis le 1er juin 2025, 23 départements ont décidé d'élargir l'horaire d'interdiction de tonte. Entre 12h et 16h, les résidents des régions concernées ne peuvent plus tondre leur pelouse, excepté s'ils possèdent un robot tondeuse. Ce qui modifie les habitudes du samedi après-midi, moment de prédilection pour l'entretien du jardin dans les foyers français.
Les sanctions ? En cas de non-respect, les amendes peuvent aller jusqu'à 135 euros, voire une mise en demeure en cas de terrain jugé trop négligé. depuis le 1er octobre 2023, porter atteinte à la tranquillité du voisinage avec une activité bruyante est passible d'une amende prévue pour une contravention de 4e classe, soit un montant forfaitaire de 135 euros, qui peut atteindre 750 euros au maximum.
Un chiffre qui surprend, mais qui s'explique par une logique sonore assez simple : pour un jardin calme, le niveau de bruit ambiant est estimé à 20 décibels, alors qu'une tondeuse thermique atteint généralement un niveau de 70 à 90 décibels.
Pourquoi ces départements, et pourquoi maintenant ?
Vingt-trois départements ont interdit la tonte entre midi et seize heures en période estivale, notamment dans le sud de la France : l'Aveyron, la Charente, la Dordogne, le Gard, la Gironde, l'Hérault, les Pyrénées-Orientales et le Vaucluse, entre autres. Ces territoires se distinguent souvent par leur climat sec et chaud ou leur exposition accrue aux risques d'incendie.
L'objectif est triple : réduire le bruit, protéger la biodiversité et prévenir les risques liés aux fortes chaleurs. Sur le plan écologique, le raisonnement est solide. Le milieu de la journée est un moment où les insectes pollinisateurs sont particulièrement actifs, et le bruit d'une tondeuse peut perturber leur travail. De plus, pendant les périodes de sécheresse, l'utilisation de machines à moteur présente un risque accru d'incendies.
L'objectif affiché est aussi de réduire la consommation d'eau liée à l'arrosage post-tonte et de limiter les risques d'incendie en zone sèche. Ce n'est pas un détail : une pelouse tondue sous 35 degrés perd son humidité résiduelle bien plus vite, ce qui oblige à un arrosage compensatoire, lui-même soumis à restrictions dans plusieurs de ces mêmes départements. Un enchaînement contraignant qui n'a rien d'arbitraire.
Les horaires peuvent varier d'une commune à l'autre : certaines interdisent totalement la tonte le dimanche, d'autres réduisent les plages en semaine ou suspendent l'usage des tondeuses durant tout le mois de mai, en suivant l'exemple du mouvement international "No mow may" pour laisser la nature se rééquilibrer et offrir le gîte et le couvert aux pollinisateurs.
À quelle heure tondre, concrètement ?
En dehors de la plage interdite, les créneaux restent encadrés par un cadre national de référence. Les règles générales prévoient que les travaux de jardinage bruyants sont autorisés du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 14h à 19h, les samedis de 9h à 12h et de 15h à 18h, et les dimanches et jours fériés uniquement de 10h à 12h.
Le samedi présente donc une fenêtre intéressante, à condition d'anticiper. Une tonte entre 9h et 12h reste possible, fraîcheur du matin en prime, ce qui est, en soi, bien meilleur pour le gazon que la chaleur de l'après-midi. Les horaires d'interdiction peuvent varier légèrement selon les départements, notamment les dimanches et jours fériés : dans certains départements, la tonte est interdite de 11h à 17h les dimanches et jours fériés.
Côté équipements, le cas des robots tondeuses mérite attention. Contrairement à une idée reçue, l'interdiction ne s'applique pas aux tondeuses robots, bien que certaines communes isolées imposent des règles plus strictes. Leur avantage ? Ils peuvent être programmés pour tondre à une heure autorisée, même si vous n'êtes pas chez vous. Leur fonctionnement électrique est très silencieux : le voisinage ne devrait pas s'en plaindre.
La réglementation concerne la tonte de pelouse et, plus toutes les activités bruyantes de jardinage et de bricolage : outre les tondeuses à gazon et les tracteurs de pelouse, elle s'applique aussi aux coupe-bordures, aux taille-haies, aux débroussailleuses, aux tronçonneuses, aux scarificateurs et aux broyeurs de végétaux. l'après-midi de 12h à 16h doit être, dans les 23 départements concernés, un moment de silence total côté engins.
Comment vérifier si vous êtes concerné
En France, les horaires de tonte ne sont pas fixés à l'échelle nationale. Chaque mairie décide de ses propres règles à travers un arrêté municipal, parfois encadré par un arrêté préfectoral. Ce qui est autorisé chez vous peut être interdit dans la commune d'à côté.
Dans les communes concernées, ce sont souvent les agents municipaux, voire la police rurale, qui veillent au respect de la nouvelle règle. Le signalement par les voisins reste le premier vecteur d'alerte, un élément à ne pas négliger si votre maison se situe en lotissement ou zone résidentielle.
La seule démarche fiable reste donc de consulter directement le site de votre préfecture ou de votre mairie. La pédagogie est d'abord de mise, afin de mieux informer les personnes prises sur le fait. Mais cette phase de tolérance ne durera pas indéfiniment, et la mise en place de cette règle dans les 23 départements pourrait bien être un test avant une éventuelle généralisation à d'autres régions, selon les résultats observés en termes de réduction des nuisances sonores. Un mouvement qui, s'il s'étend, touchera des millions de jardins supplémentaires dès l'été prochain.
Source : masculin.com