Les pucerons ne s’installent jamais sur les arbres fruitiers qui ont ce pot renversé accroché dans leurs branches

Un pot en terre cuite rempli de paille et suspendu à l’envers dans les branches suffit à transformer votre verger en forteresse anti-pucerons. Cette technique simple attire le forficule, un prédateur nocturne qui dévore entre 10 et 30 pucerons par nuit. Une méthode éprouvée validée par la science, sans intervention chimique.

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Par L'équipe JDS

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Un simple pot en terre cuite, rempli de paille et suspendu à l'envers dans les branches, suffit à transformer votre verger en forteresse anti-pucerons. Ce n'est pas un vieux dicton de grand-mère sans fondement : c'est une technique éprouvée qui attire le forficule, ce perce-oreille tant redouté mais bien mal jugé.

À retenir

  • Un insecte avec des pinces fait disparaître les colonies de pucerons en quelques semaines
  • Le secret réside dans un abri aussi simple qu'efficace, à fabriquer en 20 minutes
  • Une colonie mobile peut soulager plusieurs arbres au fil de la saison

Le forficule, un chasseur nocturne trop souvent mal aimé

Avec ses deux pinces recourbées au bout de l'abdomen, le forficule fait peur à bien des jardiniers. Le pince-oreille redoute deux choses : la sécheresse et la lumière. Le jour, il se cache donc sous les pierres, les débris végétaux, dans les anfractuosités de l'écorce des arbres : partout où il est susceptible de trouver une légère humidité et une relative pénombre. A la tombée de la nuit, il commence à s'activer et part à la chasse.

Son menu de prédilection ? Il se nourrit de végétaux en limite de décomposition comme des fruits très mûrs et de nuisibles comme les pucerons et les psylles, nuisibles des arbres fruitiers. Un appétit redoutable qui en fait un allié de poids contre les colonies collantes qui envahissent les jeunes pousses chaque printemps.

Le pot renversé, un abri diurne qui fixe l'insecte sur place

La logique du dispositif tient en une phrase : offrir le gîte pour garder le couvert. Les forficules ne s'approcheront du jardin ou du verger que s'ils y trouvent le couvert, les pucerons, mais aussi le gîte. Sans refuge à proximité immédiate de leur garde-manger, ils ne s'installent tout simplement pas durablement.

La fabrication ne demande que trois éléments accessibles. Il faut un petit pot de fleurs en terre, du fil de fer rigide, de la paille et un filet à oignons ; on fait un anneau avec le fil de fer, on le passe dans le pot par le trou de drainage, on écarte les extrémités contre le haut du pot, puis on remplit le pot de paille et on recouvre le tout du filet. Reste ensuite à suspendre l'ensemble à une branche.

Certains jardiniers préfèrent une ficelle naturelle au fil de fer. Le matériel se résume à un pot de fleur en terre cuite de 10 à 15 cm de diamètre, de la paille ou du foin sec, un peu de ficelle naturelle ; le montage consiste à remplir le pot de paille bien tassée. Un bricolage de vingt minutes, sans outil compliqué.

Pourquoi il ne faut jamais viser l'éradication totale

Voici le point qui change toute l'efficacité du dispositif. Il ne faut surtout pas viser l'éradication totale ; l'objectif est le maintien des nuisibles sous le seuil de nuisibilité, en acceptant de laisser quelques pucerons pour nourrir les forficules. C'est contre-intuitif, mais logique : sans nourriture, l'insecte déserte les lieux.

Les quelques pucerons restants ne sont donc pas un échec de la méthode. Ils sont le carburant qui maintient les prédateurs sur place. on ne cherche pas à nettoyer l'arbre, on cherche à installer une garde permanente.

Quand installer l'abri, et comment le déplacer

Le calendrier compte autant que le montage. Le timing recommandé se situe entre fin avril et début juin, période où les forficules adultes émergent et cherchent activement de nouveaux territoires. Passé ce créneau, la colonisation devient plus laborieuse.

Une fois la population installée, rien n'empêche de la faire voyager selon les besoins. Vous n'aurez plus qu'à déplacer le gîte vers les rosiers ou fruitiers infestés de pucerons, les perce-oreilles y feront le ménage. Une seule colonie mobile peut ainsi soulager plusieurs arbres au fil de la saison.

Pour un jardin familial, la règle est simple à retenir. La règle habituelle recommande d'installer un abri en terre cuite pour chaque arbre de petite ou moyenne taille, et jusqu'à trois abris bien répartis pour un grand fruitier adulte. Comptez large plutôt que trop juste.

La seule vraie précaution : les fruits à noyau

Le forficule n'est pas parfait, et c'est là sa seule zone grise. Les forficules sont des insectes auxiliaires bien connus dans les vergers de fruits à pépins où ils consomment des pucerons et des psylles, mais ils peuvent également entraîner d'importants dégâts en fruits à noyaux. Pêchers, pruniers et abricotiers demandent donc un peu plus de vigilance à l'approche de la récolte.

La parade est simple et documentée. On peut enlever cet abri des pêchers, pruniers ou abricotiers avant maturité des fruits pour que ces derniers ne soient pas abîmés par les forficules qui ne les apprécient que quand ils sont mûrs. Un simple retrait temporaire suffit à éviter les mauvaises surprises sur les fruits mûrissants.

Un auxiliaire validé au-delà du folklore de jardin

Cette pratique ne relève pas de la simple tradition orale transmise de potager en potager. Des études sur les déplacements des forficules, dirigées par l'université de Bourgogne, ont montré que les forficules se trouvant dans des haies installées autour d'un jardin fruitier migraient spontanément vers le verger lorsque ce dernier était victime d'une invasion de pucerons. l'insecte cherche déjà, naturellement, les colonies de pucerons : le pot suspendu ne fait que lui offrir un point de chute plus proche et plus confortable.

Sur le terrain, la voracité de l'animal surprend souvent les jardiniers qui le découvrent pour la première fois. Un forficule adulte peut consommer entre 10 et 30 pucerons par nuit selon les conditions, et sur une saison, une population stable de quelques dizaines d'individus dans un verger réduit nettement les colonies de pucerons et de psylles, sans intervention humaine. De quoi remplacer avantageusement bien des pulvérisations, à condition d'accepter de partager quelques feuilles avec ce locataire aux pinces impressionnantes mais totalement inoffensif pour l'humain.

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