Mon grand-père ne prenait jamais de ficelle neuve pour ses arbres. Un vieux collant suffisait, et il me répétait qu’il fallait tout de même y mettre la main au bon endroit.
Mon grand-père attachait ses jeunes arbres plantés à la Sainte-Catherine avec un vieux collant, et ce n’était jamais un simple nœud

- Un lien large, comme un vieux collant, répartit la pression sur l'écorce.
- Le nœud en 8 tient le tronc à distance du piquet.
- Un seul tuteur suffit pour un tronc de moins de 5 cm de diamètre.
Un collant usagé, et pourtant un bon lien
Le collant usagé fait bel et bien partie des liens recommandés pour attacher un jeune arbre à son piquet. Le Jardin botanique de Montréal le range sous l'appellation « bas de nylon », aux côtés des sangles élastiques, de la chambre à air de vélo et des bandes de coton. Ce que l'on prenait pour de la débrouille de potager repose donc sur une logique solide, que les fiches de jardinage françaises reprennent.
Ces matériaux ont un point commun : ils sont larges.
Un lien large répartit la pression sur l'écorce au lieu de la concentrer sur une ligne étroite, ce qui évite de blesser le tronc. Il assure un support ferme mais flexible, ce qu'un fil de fer ne fera jamais. Les jardineries vendent aussi des sellettes toutes prêtes, qui font très bien l'affaire. Le collant reste simplement un bon lien pour qui en a un au fond d'un tiroir, sans achat à prévoir.
Le 8, ou l'art d'éloigner le tronc du piquet
Le nœud de grand-père n'avait rien de simple, puisqu'il dessinait un 8. Une première boucle entoure le tronc, le lien se croise entre le tronc et le tuteur, puis une seconde boucle entoure le tuteur. Ce croisement joue le rôle de coussin : le tronc ne touche jamais le piquet.
Le 8 supprime les frottements directs entre le bois du tuteur et l'écorce. Il autorise en prime un léger mouvement de l'arbre, sans rien céder sur la stabilité.
Une seule attache souple par tuteur est conseillée. Inutile donc d'empiler les nœuds le long du tronc. Un 8 bien fait, avec un lien large, remplit son office à lui seul.
Reste le réglage, où l'on a tendance à forcer. On serre un peu lâche, car l'arbre doit pouvoir bouger légèrement. Un bon système de stabilisation laisse le tronc se mouvoir naturellement tout en restant solide. Tuteurer un arbre qui n'en a pas besoin peut d'ailleurs nuire au développement du tronc comme à celui des racines.
Fil de fer, corde fine, tuyau : les fausses bonnes idées
Le fil de fer et la corde fine blessent l'écorce, et les fiches les proscrivent, comme tout matériau rigide. Leur solidité séduit. Mais un tronc grossit à chaque saison, et un lien qui ne cède pas finit par s'y enfoncer.
Le tuyau d'arrosage à fil métallique intérieur figure aussi sur la liste noire.
Il paraît doux au toucher, mais le fil caché dans sa gaine peut blesser l'arbre. Une attache trop serrée peut en outre entailler l'écorce et perturber la circulation de la sève.
Un tuteur ou plusieurs, et où les planter
Un seul tuteur suffit pour un tronc de moins de 5 cm de diamètre. De 5 à 10 cm, il en faut 2 ou 3. Tous se plantent en dehors de la motte, dans le sens des vents dominants.
Côté repères, une fiche de jardinage propose d'enfoncer le piquet d'environ 50 à 60 cm, hors de la motte, à environ 5 cm du tronc. L'attache se place vers 30 cm du sol. Ce sont des points de départ, pas des règles gravées dans le marbre. Le piquet lui-même mesure à peu près les deux tiers de la hauteur du tronc, d'après plusieurs fiches.
L'institution montréalaise parle même d'au moins 60 cm, dans un sol non remanié, pour garantir la stabilité du piquet. La fixation se fait de préférence après l'arrosage qui suit la plantation. L'eau tasse la terre et l'arbre s'enfonce généralement de quelques centimètres, autant donc l'attacher d'emblée à la bonne hauteur.
Fin novembre, le ciel a son mot à dire
Le dicton veut qu'à la Sainte-Catherine tout bois prenne racine, et la fin novembre reste une période de plantation. Un arbre juste planté n'est pourtant pas encore bien ancré. Ses racines, nues ou en motte, n'ont pas exploré le sol. Pendant les premières années, un tuteur bien arrimé l'aide à pousser droit.
Des coups de vent restent possibles plus tard en novembre.
Dans le nord et le centre, du gel est possible les 4 et 5 novembre. L'occasion de faire le tour de ses jeunes arbres. On contrôle que le piquet tient, que le lien est large et que la boucle reste un peu lâche. Mieux vaut le faire avant les premiers coups de vent que sous la rafale.
Desserrer au fil des saisons
Un lien posé n'est jamais définitif. Il se desserre à mesure que le tronc grossit. Des attaches trop serrées peuvent entailler l'écorce, voire gêner la circulation de la sève.
Le tuteur reste en place les premières années, pas davantage. Une fois l'arbre bien installé, il peut devenir néfaste si le lien serre trop, en marquant le tronc ou en entamant l'écorce.
Une vérification de la stabilité clôt l'installation. On saisit le tronc et on le pousse doucement. L'arbre doit osciller sans basculer, et le lien ne doit ni creuser l'écorce ni pendre. Le même test se refait à chaque contrôle, au fil de l'épaisseur que prend le tronc.
Deux erreurs reviennent dans les fiches. La première consiste à enfoncer le piquet dans la motte, au risque d'abîmer les racines. La seconde, à serrer trop fort : le tronc étranglé ne peut plus se balancer.
Les fiches suggèrent enfin de coordonner ces contrôles avec la taille de formation des jeunes arbres.
Sources : pomologie.fr | terrevivante.org
