Une coccinelle sur la vitre, une tape du plat de la main, et la seconde d’après, une tache jaune s’étale sur le rideau. J’ai mis des années à comprendre pourquoi elles revenaient toujours à la même fenêtre.
On s’obstine tous à écraser les coccinelles qui s’entassent contre les vitres à l’automne : ce réflexe d’une seconde finit sur les murs et les rideaux

- Écraser une coccinelle libère un liquide jaunâtre qui tache durablement les murs et les tissus clairs.
- Les coccinelles qui s'entassent en automne cherchent un abri hors gel pour l'hiver.
- Un bocal, un balai ou un vieux collant dans le tuyau d'aspirateur suffisent pour les sortir sans les blesser.
Un réflexe d'une seconde, une tache qui reste
Un coup de torchon, une tape du plat de la main, un doigt écrasé sur la vitre : le réflexe dure une seconde. Mais la coccinelle écrasée laisse derrière elle un liquide jaunâtre qui sent mauvais et tache les murs, les rideaux et les tissus clairs. Mieux vaut la sortir délicatement, avec un bocal ou un balai.
Le phénomène revient chaque année, début octobre.
Dans la grande majorité des cas, les coccinelles qui s'entassent chez vous sont des coccinelles asiatiques, une espèce importée. Elles se regroupent en masse autour des encadrements de fenêtres et dans les coffres de volets. Au Québec, CAA-Québec indique que des milliers d'individus peuvent chercher refuge dans une maison pour l'hiver, ce qui donne la mesure de l'affluence.
Pourquoi votre fenêtre, et pourquoi chaque année
Leur but est simple : trouver un abri où passer l'hiver hors gel. Elles se glissent donc dans les fissures, derrière les volets, dans tous les recoins qui les protègent du froid. Les façades claires et ensoleillées, orientées au sud et à l'ouest, les attireraient, ce qui expliquerait ces grappes sur les vitres bien exposées. Surtout, elles déposent des phéromones, un signal chimique qui les fait revenir au même endroit.
De là cette impression d'avoir des habituées, qui reprennent la même fenêtre ou le même coffre de volet d'une année sur l'autre. Des professionnels de la lutte antiparasitaire expliquent que ces traces resteraient sur les surfaces, et que les mêmes maisons reçoivent donc des coccinelles chaque automne.
Selon certaines sources, l'espèce hiverne dans les falaises de son pays d'origine, ce qui expliquerait son goût pour les murs de nos maisons. Les coccinelles indigènes, comme celle à sept points, passeraient plutôt l'hiver dehors, en petits groupes discrets, dans la végétation ou sous les pierres. Le grand rassemblement dans la maison serait donc, le plus souvent, une affaire d'asiatiques.
Ce que libère une coccinelle dérangée
Dérangée, la coccinelle libère un liquide jaunâtre à l'odeur désagréable. Selon CAA-Québec, c'est un moyen de défense contre les prédateurs, pas une agression contre vos rideaux. Ce liquide tache pourtant les murs, les rideaux et les tissus clairs. Des professionnels ajoutent que les taches résisteraient souvent au lavage.
Écraser, c'est étaler la tache.
Le réflexe se comprend : face à une grappe d'insectes sur une vitre, on veut en finir vite. Le geste qui devait régler le problème en crée pourtant un second, plus tenace. Une coccinelle écrasée contre un cadre de fenêtre ou un pan de tissu, c'est une trace jaune étalée à l'endroit exact où l'on cherchait à nettoyer.
Sur un rideau blanc ou un mur clair, la marque se voit de loin. Quant à l'odeur, elle pourrait s'attarder dans la pièce bien après le passage de l'éponge.
Des invitées inoffensives, mais difficiles à identifier
Rassurez-vous : elles ne piquent pas et ne font aucun dégât dans la maison. La gêne vient du nombre, de l'odeur et des taches. Aucune raison de transformer l'appui de fenêtre en champ de bataille.
Une précision tout de même : certaines sources évoquent une irritation possible de la peau ou des voies respiratoires chez les personnes sensibles. Un bocal ou des gants légers évitent de toute façon le contact direct.
La coccinelle asiatique mange des pucerons, mais elle concurrence aussi les espèces locales. Difficile de la juger inutile au jardin pour autant. Son bilan écologique reste donc nuancé.
Sa couleur et son nombre de points varient beaucoup.
CAA-Québec décrit des teintes allant du jaune au noir, avec de 0 à près de 20 points. La reconnaître à l'œil n'est donc pas toujours simple. Un M noir derrière la tête est le repère habituellement cité, y compris par Santé Canada.
Bocal, balai ou vieux collant : les gestes qui marchent
Pour une coccinelle isolée sur un rebord, le bocal suffit. On le pose doucement au-dessus d'elle, on la laisse se réfugier à l'intérieur, puis on la dépose dehors. Le balai convient pour rassembler quelques insectes sur un appui de fenêtre ou un mur sans les brusquer. Dehors, elles pourraient toutefois revenir, attirées par les traces laissées sur la façade.
Quand elles sont nombreuses, l'aspirateur prend le relais, avec une astuce : un vieux collant glissé dans le tuyau. Les coccinelles s'y retrouvent retenues. Il suffit ensuite de retirer le collant et de le vider dehors.
Selon certains professionnels, l'aspirateur retire vite un groupe installé dans un angle, et un bas en nylon remplit le même office que le collant. Choisissez-en un dont vous n'avez plus l'usage.
Avant l'hiver prochain
Boucher les entrées vaut mieux que courir après les insectes. Des professionnels recommandent de refaire les joints autour des fenêtres, des portes et des coffres de volets. Ils conseillent aussi de poser des moustiquaires sur les fenêtres des chambres et du grenier. Les grilles d'aération se couvriraient, elles, d'un grillage à mailles fines.
Le calendrier compte : la prévention se joue avant l'arrivée du froid, idéalement en septembre. Pour cette saison, le plus raisonnable est de sortir les arrivantes une à une, puis de noter dans l'agenda un rappel pour début septembre.
Natagora, association belge de protection de la nature, consacre une réponse de sa foire aux questions à ces coccinelles qui tentent de rentrer dans les maisons. Le site Un jardin bio publie de son côté un article sur leur intrusion massive. Tous deux décrivent le même scénario d'automne : des insectes en quête d'un abri hors gel, qui se faufilent dans les fissures.
Sources : unevillepourtous.fr | anti-nuisibles-26.fr
