Avant de partir sur la Lune, cette montre a dû résister aux tests impitoyables de la NASA : on vous dit tout sur l’incroyable histoire de la Speedmaster d’Omega

Par Lilian B.

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Elle était conçue pour chronométrer des voitures, pas pour accompagner des astronautes. Avant de devenir une icône de la conquête spatiale, l’Omega Speedmaster avait surtout l’allure d’un instrument destiné aux circuits. Son billet pour la Lune, elle l’a gagné au terme d’une sélection autrement plus sévère qu’un tour de qualification. Chaleur, froid, chocs, décompression : la NASA cherchait un outil fiable, pas une belle histoire à raconter. C’est justement ce qui rend la sienne passionnante.

À retenir
  • Conçue pour le chronométrage automobile, la Speedmaster était une montre de catalogue à remontage manuel.
  • Seule candidate à satisfaire les onze catégories d’essais, elle est qualifiée par la NASA le 1er mars 1965.
  • Buzz Aldrin porte la première Speedmaster sur le sol lunaire, tandis que Neil Armstrong laisse la sienne dans le module.

Comment la Speedmaster s’est retrouvée candidate aux missions habitées de la NASA

À l’origine, la Speedmaster est un chronographe sportif. Sa lunette tachymétrique permet de calculer une vitesse moyenne à partir du temps nécessaire pour parcourir une distance connue : un équipement qui parle davantage aux amateurs d’automobile qu’aux ingénieurs aérospatiaux. Mais sa lisibilité et sa fonction de chronométrage lui ouvrent un autre horizon. L’astronaute Wally Schirra emporte ainsi une Speedmaster personnelle lors d’un vol du programme Mercury, avant toute qualification officielle.

Lorsque la NASA cherche ensuite un chronographe pour équiper ses équipages, notamment dans la perspective des sorties extravéhiculaires du programme Gemini, Omega entre dans la sélection aux côtés de Rolex et de Longines-Wittnauer. La Speedmaster évaluée appartient à la référence ST 105.003 et abrite le calibre 321, un mouvement mécanique à remontage manuel. Rien d’un prototype futuriste : c’est une montre issue du catalogue qui doit démontrer ses capacités.

Chaleur, chocs, vide : les épreuves derrière la qualification officielle

Le cahier des charges transforme le laboratoire en véritable salle de torture pour mécanismes miniatures. Les chronographes subissent onze catégories d’essais : températures élevées et basses, variations thermiques sous vide, humidité, atmosphère riche en oxygène, chocs, accélérations, décompression, surpression, vibrations et bruit intense. L’enjeu n’est pas seulement de conserver un boîtier présentable : la montre doit continuer à fonctionner dans des conditions susceptibles de perturber ses lubrifiants, ses joints ou son réglage.

La Speedmaster ne traverse pas les épreuves sans aucune variation de marche, mais elle est la seule des candidates à satisfaire l’ensemble des exigences retenues. La NASA la qualifie officiellement pour les vols spatiaux habités le 1er mars 1965. Cette décision constitue le véritable tournant de son histoire : avant le prestige lunaire, il y a donc une validation technique, obtenue sur un banc d’essai.

Sp21
Source: DR

Des vols Gemini aux premiers pas sur la Lune : la naissance de la Moonwatch

La qualification trouve rapidement une traduction concrète. Ed White porte une Speedmaster lors de la première sortie extravéhiculaire américaine, pendant le programme Gemini. Puis vient Apollo 11, avec une nuance que les raccourcis publicitaires effacent parfois : la première Speedmaster portée sur le sol lunaire est celle de Buzz Aldrin. Neil Armstrong a laissé la sienne dans le module lunaire afin de disposer d’un instrument de secours après un dysfonctionnement du chronomètre de bord. Le premier homme sur la Lune n’est donc pas celui qui y porte la première montre. Ce passage du laboratoire au paysage lunaire donne toute sa force au surnom Moonwatch. Il faut toutefois distinguer les générations : la référence testée par la NASA et les Speedmaster portées sur la Lune ne sont pas strictement identiques, même si elles partagent alors le calibre 321.

La Speedmaster n’a pas été dessinée pour devenir un monument de l’horlogerie. Elle a répondu à un besoin, passé des épreuves et accompagné des équipages là où une panne pouvait avoir de lourdes conséquences. Sous sa silhouette familière, son attrait tient autant à cette utilité démontrée qu’au souvenir des missions Apollo. Pour une montre née du côté des circuits, le changement de trajectoire mérite le détour.

First Man Subclip 2018
Source: DR

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