Jacques Bianchi passe pour la première fois la certification suisse : voici ce que cache le cadran bleu de cette montre marseillaise

Un chronomètre, en horlogerie, ce n’est pas seulement une montre qui donne l’heure : c’est un mouvement dont la précision a été vérifiée et validée par le Contrôle officiel suisse des chronomètres, le fameux COSC. Un sésame que beaucoup de marques indépendantes n’obtiennent jamais.

C’est pourtant ce cap que vient de franchir Jacques Bianchi Marseille, jeune maison phocéenne ressuscitée il y a quelques années, à l’occasion d’une collaboration pour le moins inattendue : une montre officielle aux couleurs de l’Olympique de Marseille. Derrière son cadran bleu profond se cache bien plus qu’un simple produit dérivé de club.

Par Lilian B

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Du Vieux-Port au Vélodrome : comment une maison horlogère ressuscitée s'est offert le maillot de l'OM

L'histoire de Jacques Bianchi plonge, littéralement, dans l'univers militaire : sa JB200 originelle fut conçue en 1982 pour les plongeurs de la Marine nationale. Après une longue éclipse, la marque a été relancée en 2021 près du Vieux-Port, troquant le quartz d'origine contre la mécanique automatique et multipliant les déclinaisons, de la Poulpro à la Marégraphe imaginée avec l'IGN.

En s'associant à l'OM, club fondé en 1899, le plus titré de France et fort d'une communauté revendiquée de plus de 23 millions de supporters, la maison change d'échelle : elle sort du cercle des initiés de l'horlogerie indépendante pour toucher le grand public. Un match qui coulait de source entre deux institutions viscéralement marseillaises.

© Guillaume Ruoppolo 9622
Crédit : Guillaume Ruoppolo - Jacques Bianchi

Vingt couches d'émail bleu et 45 minutes sur la lunette : les secrets d'une plongeuse devenue chronomètre certifié

Le clou du spectacle, c'est ce cadran bleu réalisé selon un procédé artisanal en 20 couches façon émail, sur lequel le blason de l'OM, embouti puis brossé en soleillé, apparaît ou s'efface selon l'angle de la lumière. Un clin d'œil discret plutôt qu'un logo criard, et c'est toute l'élégance de l'exercice. Les codes du football se glissent partout : trotteuse à contrepoids en forme de ballon, lunette tournante graduée en bleu jusqu'à 45 minutes pour suivre une mi-temps, puis zone grise jusqu'à 60 minutes symbolisant le temps additionnel. Sous le capot, le calibre suisse Soprod P024, alternative crédible à l'ETA 2824, est certifié chronomètre COSC avec une précision de -4/+6 secondes par jour : une première dans l'histoire de la marque. Les index et aiguilles traités au Super-LumiNova BGW9 rappellent, eux, l'ADN de plongeuse du boîtier de 42 mm en acier brossé.

Cette édition limitée est proposée au tarif de 995 euros, un positionnement accessible au regard de la certification suisse et du travail de cadran. Ouvertes depuis le 3 septembre, les précommandes ne sont prévues que sur une fenêtre de trois semaines : les retardataires devront donc faire vite. La livraison est annoncée pour décembre, de quoi imaginer un joli cadeau glissé sous le sapin pour les amateurs de belle mécanique comme pour les fidèles du Vélodrome.

Avec cette JB200 aux couleurs olympiennes, Jacques Bianchi réussit un double exploit : décrocher sa première certification chronomètre et transformer une plongeuse militaire en objet de passion populaire. Entre les 45 minutes de la lunette et les 20 couches d'émail du cadran, chaque détail raconte Marseille.

Mes deux passions n'ont pas grand-chose en commun, mais tant pis, c'est ainsi : l'horlogerie d'un côté, les séries TV de l'autre. Je vous parle des deux ici, en essayant de rendre ces thématiques accessibles au plus grand nombre !

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