Venezianico n’a fabriqué que 600 exemplaires de sa plongeuse : aucun cadran ne ressemble au suivant
Une montre de plongée en série limitée n’a rien d’inédit ; une plongeuse dont aucun exemplaire ne ressemble au suivant, c’est déjà plus rare. Avec la Nereide Opale Blu, la marque vénitienne Venezianico signe une pièce tirée à seulement 600 exemplaires, chacun doté d’un cadran impossible à reproduire à l’identique.
La raison tient à un matériau aussi fascinant que capricieux : une opale bleue cultivée en laboratoire, dont la structure interne transforme la lumière en un kaléidoscope de nuances. Décryptage d’un tour de force minéral.
Après une précédente édition en Œil-de-Tigre, la maison italienne poursuit son exploration des cadrans en pierre, cette fois avec une opale de synthèse produite au Japon par Kyocera selon un procédé exclusif. Ce modèle prolonge le concept inauguré par la Nereide Opale originale, première de la collection à adopter ce cadran minéral. Ici, le bleu n'est pas une peinture ni un traitement de surface : le matériau est cultivé pour être bleu, la couleur étant une propriété intrinsèque de sa structure.
La lumière pénètre l'opale, rencontre sa texture interne et ressort chargée de reflets bleu canard, azur et cobalt qui apparaissent et disparaissent au gré des mouvements du poignet. Produite en bloc puis tranchée, la matière ne livre jamais deux motifs identiques : chaque cadran possède sa propre disposition de reflets, sa propre intensité chromatique.
Sous la loupe : 0,4 millimètre de fragilité dans un boîtier taillé pour la plongée
Chaque cadran naît d'une plaque de seulement 0,4 millimètre d'épaisseur, travaillée à la main de manière progressive tant la pierre réagit à la moindre variation de pression. Découpe, perçage, polissage, pose manuelle des index : tout est réalisé en interne, et cette lenteur explique directement le tirage limité à 600 pièces.
Autour de ce cœur fragile, la Nereide conserve ses codes de plongeuse : boîtier en acier 316L de 42 mm pour 12,5 mm d'épaisseur, lunette unidirectionnelle à insert en tungstène affichant une dureté de 9/10 sur l'échelle de Mohs, verre saphir antireflet, Super-LumiNova BGW9 et étanchéité à 200 mètres.
À l'intérieur bat le calibre automatique suisse Sellita SW200-1, personnalisé par une masse oscillante squelettée, gravée, rhodiée et décorée de Côtes de Genève radiales. Le bracelet Sansovino à cinq maillons, doté d'un micro-ajustement sans outil, complète l'ensemble.
Ce qu'il faut retenir de cette Nereide pas comme les autres
Le nom Nereide n'a rien d'anodin : il rend hommage au sous-marin du même nom, prouesse de la technologie navale vénitienne, un clin d'œil à la mer qui irrigue toute l'identité de la marque. Cette Opale Blu en résume l'esprit : une vraie montre-outil, mais habillée d'une matière née de la recherche technologique plutôt que façonnée par la nature pendant des millions d'années, comme c'était le cas de la récente Nereide Tigris. Livrée dans un écrin à finition bleue iridescente qui annonce le jeu de lumière avant même son ouverture, elle s'impose comme une pièce que personne d'autre ne portera exactement à l'identique.
En confiant le premier rôle à une opale de laboratoire, Venezianico prouve qu'unicité et série ne sont pas incompatibles : 600 montres, 600 cadrans, aucun jumeau. De quoi se demander si l'avenir des éditions limitées ne se jouera pas moins sur le chiffre gravé au dos que sur la matière qui vit sous le verre saphir.
Mes deux passions n'ont pas grand-chose en commun, mais tant pis, c'est ainsi : l'horlogerie d'un côté, les séries TV de l'autre. Je vous parle des deux ici, en essayant de rendre ces thématiques accessibles au plus grand nombre !