Âge pivot dans la réforme des retraites : les gagnants et les perdants

Le système de retraite actuel comporte des dizaines de régimes différents, en fonction du statut professionnel de l’actif. Le gouvernement envisage d’appliquer une réforme afin d’uniformiser le système. Dans cette réforme, un âge pivot, aussi appelé âge équilibre a été évoqué. De quoi s’agit-il ? Quel serait l’impact de la mise en place de l’âge pivot ? Quelles seraient les personnes gagnantes et existerait-il vraiment des perdants ? Voici les explications sur le sujet.

Illustration Age Pivot

Qu’est-ce que l’âge équilibre ?

L’âge équilibre est celui auquel un actif peut partir à la retraite en bénéficiant de son taux plein. En d’autres termes, en partant avant, le futur retraité subira alors une décote sur le montant de sa retraite. En revanche, en partant plus tard qu’à l’âge d’équilibre, les actifs concernés bénéficieront d’une surcote. Contrairement à l’âge du départ à la retraite, celui-ci n’est pas fixe.

En effet, l’âge pivot est fixé à 62 ans et 4 mois la première année et augmentera de 4 mois supplémentaires tous les ans jusqu’à atteindre 64 ans. Ainsi, ce mode de fonctionnement permettrait de reculer l’âge d’équilibre autant que la durée de vie s’allonge.

Avant l’épidémie du Covid-19, le gouvernement français avait prévu d’instaurer l’âge d’équilibre dès 2022. Cependant, Emmanuel Macron a récemment indiqué que la réforme des retraites n’était pour le moment pas la priorité. Cela induirait alors un recul de la mise en place de la réforme à une date encore inconnue.

L’âge pivot, un impact différent selon les actifs

Tous les actifs nés à partir de 1960 sont potentiellement concernés par cette réforme des retraites et l’âge pivot. Mais de nombreuses questions restent encore en suspens, à savoir : Que va-t-il se passer pour les personnes de 62 ans n’ayant pas cotisé tous leurs trimestres, mais souhaitant partir avant ? Subiront-elles une double décote ? Qu’en est-il des actifs ayant une longue carrière ?

L’idée est de faire évoluer l’âge pivot des futurs retraités en fonction de l’espérance de vie et de la génération, de façon à rétablir une retraite universelle. Pour l’heure, le gouvernement n’a pas encore tranché. Une proposition de 5 % de décote par année avant l’âge d’équilibre a été proposée. Il en irait de même pour la surcote.

Exemple :
Une personne souhaitant partir à 63 ans alors que son taux plein est fixé à 64 ans, verra sa pension de retraite diminuée de 5 %. Au contraire, s’il souhaite partir à 66 ans, il bénéficierait d’une surcote de 10 % sur le montant de sa retraite, valable à vie.

Cependant, tous les actifs ne seront pas logés à la même enseigne avec cette réforme créant ainsi une inégalité entre les futurs retraités. Si l’on regarde à plus long terme, les personnes nées dans les années 90 pourraient partir à la retraite autour de 67 ans. Avec la mise en place d’une telle réforme, certains seront lésés, pendant que d’autres en tireront avantage.

Les gagnants de la réforme

Il semblerait que les grands gagnants de la réforme de la retraite soient les femmes et les cadres. En effet ces deux catégories ont des parcours professionnels atypiques du fait d’une entrée dans la vie active tardive (cadres) ou d’une carrière hachée (mères de famille).

Ces actifs pourraient atteindre le taux plein à l’âge d’équilibre, qu’importe la durée de leur carrière professionnelle. Ils pourraient donc bénéficier d’un départ à la retraite anticipé de 1, voire 2 ans par rapport au régime actuel.

Il semblerait aussi que la génération née en 1981 puisse partir jusqu’à 1 an et demi plus tôt sans décote et serait la grande gagnante de la réforme.

À noter :
Selon l’AFP, un tiers des actifs pourraient alors partir plus tôt grâce à cette nouvelle réforme des retraites.

Un âge pivot pénalisant pour certains actifs

Si les cadres et les femmes semblent sortir gagnants, il n’en est pas de même pour tous. Certains actifs seront pénalisés par la nouvelle réforme de la retraite. En effet, ceux étant nés après 1975 devront faire 43 ans de carrière professionnelle pour prétendre à une retraite à taux plein.

De même, les actifs ayant commencé à travailler tôt ainsi que ceux ayant eu une carrière en pointillés ne peuvent pas partir avant 67 ans pour bénéficier du taux plein, soit l’âge du taux plein automatique. Ils devront donc renoncer à une partie de leur retraite en partant un à deux ans plus tard.

C’est également le cas de la génération née dans les années 90 qui partirait à un âge moyen plus élevé (64 ans et 7 mois), mais avec un gain de 20 % supérieur de leur pension. Il en va de même pour la génération 2000 qui pourrait prétendre à une retraite à 65 ans et 2 mois.

En tout et pour tout, une étude a démontré qu’un cinquième des assurés seraient perdants.

Inaptitude, invalidité et pénibilité

Qu’en est-il pour les cas particuliers existant déjà dans le système actuel ? Dans certains cas précis, un départ à la retraite anticipée pourra être mis en place. Le nouveau système de retraite proposé par la réforme prévoit en effet un aménagement en cas d’invalidité, pénibilité ou inaptitude.

Pour les actifs concernés, la retraite à taux plein pourra être obtenue avant l’âge d’équilibre en justifiant l’une de ces situations. En d’autres termes, la réforme de la retraite ne devrait pas impacter la retraite de cette catégorie d’actifs.

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