Ma mère a toujours dit que ses années à mi-temps pour nous élever lui avaient coûté sa retraite : pour ma génération, le calcul vient de changer

Louise
Par Louise S

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Le temps partiel pour élever ses enfants serait forcément synonyme de petite retraite : cette idée, beaucoup de mères l'ont vécue comme une fatalité. Pourtant, la donne vient de bouger. Pendant des décennies, interrompre ou réduire son activité professionnelle pour s'occuper des enfants s'est traduit, au moment de la retraite, par une pension amputée. Le calcul du revenu annuel moyen, basé sur les meilleures années de salaire, pénalisait mécaniquement celles et ceux qui avaient connu des années à mi-temps ou des interruptions de carrière. Une réforme entrée en vigueur récemment change la méthode de calcul pour certains parents. Elle ne corrige pas tout, mais elle rebat les cartes pour une partie des futurs retraités.

À retenir
  • Depuis septembre 2026, le revenu annuel moyen est calculé sur 24 meilleures années pour un enfant ouvrant droit à majoration, et 23 pour deux enfants ou plus, au lieu de 25.
  • Cette mesure ne s'applique qu'aux pensions liquidées à partir du 1er septembre 2026 et concerne les régimes en meilleures années (salariés du privé, indépendants), pas l'Agirc-Arrco ni les fonctionnaires.
  • L'Assurance retraite n'a pas encore intégré ce calcul dans son système informatique (mise à jour prévue en 2027), mais un recalcul rétroactif automatique sera effectué pour les parents concernés.

Le temps partiel parental, un sacrifice qui pesait lourd sur la retraite

Pendant longtemps, la logique du système était simple, mais sévère : la pension de base se calcule sur les 25 meilleures années de salaire. Pour les parents, et en particulier les mères, qui ont réduit leur activité ou pris des congés pour élever leurs enfants, ces années à revenu diminué venaient automatiquement abaisser la moyenne retenue par l'Assurance retraite. Résultat, une carrière hachée par des périodes de temps partiel se traduisait directement par une pension plus faible, même après un retour à temps plein. Ce mécanisme explique pourquoi tant de parents, et notamment de mères, ont vu leur retraite amputée alors même qu'ils avaient travaillé pendant des décennies. Le sentiment d'avoir payé un prix durable pour des choix familiaux n'était donc pas qu'une impression : il reposait sur un calcul mathématique bien réel.

Ce que change la réforme de septembre 2026 pour le calcul des pensions

Depuis septembre 2026, les parents bénéficiant des majorations concernées peuvent relever d'un calcul sur leurs 24 ou 23 meilleures années, selon leur situation familiale. Ce dispositif découle de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et de décrets publiés fin juillet 2026. Concrètement, pour un enfant ouvrant droit à une majoration de durée d'assurance, le revenu annuel moyen est désormais calculé sur les 24 meilleures années au lieu de 25. Pour deux enfants ou plus, le calcul se fait sur les 23 meilleures années. Cette règle ne s'applique qu'aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 : les retraites déjà liquidées avant cette date ne sont pas recalculées au titre de cette mesure. Autre point important, ce nouveau calcul concerne les régimes qui se basent sur les meilleures années de revenus, comme les salariés du privé, les indépendants relevant du régime général et certains régimes agricoles. Il ne modifie en revanche pas le calcul en points de l'Agirc-Arrco, ni le mode de calcul propre aux fonctionnaires.

Comment cette nouvelle règle s'applique concrètement selon votre situation familiale

Dans les faits, le mécanisme consiste à écarter la ou les années les moins favorables du calcul. Avec un enfant, l'année la moins bien rémunérée parmi les 25 habituellement retenues peut être retirée. Avec deux enfants ou plus, ce sont les deux années les moins favorables qui peuvent sortir du calcul. Un exemple permet de mieux visualiser l'impact : une personne ayant 24 années à 30 000 euros de salaire annuel retenu, et une année supplémentaire à 15 000 euros, voit son revenu annuel moyen passer de 29 400 euros sur 25 ans à 30 000 euros sur les 24 meilleures années. Avec un taux de 50 % et une durée d'assurance complète, la pension de base passerait alors de 1 225 euros à 1 250 euros brut par mois, soit 25 euros de plus chaque mois. Ce gain reste toutefois variable d'une situation à l'autre.

Situation du parent Années retenues pour le calcul
Majoration pour un enfant 24 meilleures années
Majoration pour deux enfants ou plus 23 meilleures années
Absence de majoration ouvrant droit à la mesure Règle générale des 25 meilleures années

L'effet de cette réforme n'est pas automatique ni uniforme pour tout le monde. Si les revenus retenus sur l'ensemble de la carrière sont proches les uns des autres, le gain peut être minime, voire nul. De même, si la carrière comprend déjà moins d'années que le nouveau plafond, la mesure ne change rien. Il faut aussi garder à l'esprit que ce nouveau calcul agit uniquement sur le revenu annuel moyen : il ne garantit pas à lui seul l'obtention du taux plein et ne supprime pas une éventuelle décote liée à un nombre de trimestres insuffisant. Enfin, un point pratique mérite d'être signalé : selon l'Assurance retraite, ce nouveau mode de calcul n'est pas encore intégré dans son système informatique pour les nouveaux dossiers. La mise à jour technique est annoncée pour 2027. Pour les parents dont la pension aurait dû bénéficier de cette mesure depuis septembre 2026, un recalcul et un versement rétroactif seront effectués automatiquement, sans qu'aucune démarche ne soit nécessaire de leur part.

Pour la génération qui arrive aujourd'hui à la retraite, ce changement de méthode de calcul représente une reconnaissance tardive, mais bien réelle, du poids des années à temps partiel liées à l'éducation des enfants. Il ne compense pas tout, et son impact dépendra fortement du profil de carrière de chacun, mais il corrige une partie d'un mécanisme qui a longtemps désavantagé les parents, et en particulier les mères, ayant réduit leur activité professionnelle. Vérifier sa situation personnelle, en particulier le nombre d'enfants ouvrant droit aux majorations concernées, reste la meilleure façon de savoir si ce nouveau calcul s'appliquera, et dans quelle mesure, au moment de la liquidation de sa pension.

Louise

Rédactrice spécialisée Argent depuis 10 ans, j'apporte ici mon expertise sur les sujets Retraite, épargne, budget ou encore immobilier. Passionnée par ailleurs par la psychologie, j'écris également à ce sujet.

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