Après une hospitalisation, l’ARDH finance l’aide à domicile, le portage de repas ou la téléalarme pendant trois mois maximum. Mais cette aide doit être demandée avant la sortie de l’hôpital : une fois la porte franchie, il est trop tard. Découvrez comment ne pas passer à côté de cette prestation.
Ma mère est rentrée seule chez elle après trois semaines d’hôpital : au service social de l’établissement, on m’a expliqué ce qui ne se demandait plus une fois la porte franchie

Trois semaines d'hospitalisation, puis un retour seul à la maison, sans personne pour organiser quoi que ce soit : c'est ce qui vient d'arriver à la mère de plusieurs lecteurs qui nous ont écrit ces dernières semaines. Personne n'avait pensé à mettre en place la moindre aide ménagère ou le moindre portage de repas avant son retour. Au service social de l'établissement, la réponse a été nette : la démarche existait bien, mais elle se demandait avant, pas après.
Un document glissé dans le dossier de sortie, coincé entre l'ordonnance et le compte-rendu opératoire, listait pourtant les démarches à accomplir. Personne ne l'avait lu jusqu'au bout.
Ce papier contenait la clé d'une aide qui disparaît vite.
- L'ARDH finance l'aide à domicile et le portage de repas pendant trois mois après une hospitalisation.
- La demande doit obligatoirement être entreprise avant la sortie d'hôpital ou dans les 48 heures suivantes.
- Le service social de l'établissement doit être sollicité explicitement pendant le séjour pour initier la démarche.
- Une fois cette fenêtre fermée, d'autres dispositifs comme l'APA, le CLIC ou le CCAS peuvent être activés.
Le papier qu'on range sans le lire
À la sortie d'un hôpital, la pile de documents remis à la famille tient rarement compte de la fatigue générale. Entre les consignes médicales, les rendez-vous de suivi et les ordonnances à faire renouveler, l'attention se porte naturellement sur le soin, pas sur l'administratif. Le formulaire consacré à l'aide au retour à domicile finit alors dans une pochette, avec les autres papiers qu'on se promet de regarder plus tard.
Ce document ne concernait pourtant pas un traitement ni un rendez-vous médical. Il ouvrait droit à une prise en charge financière, portée par la caisse de retraite du patient.
Elle porte un nom : l'ARDH.
L'ARDH, une aide qui finance l'aide à domicile
Cette prestation s'adresse aux personnes qui, lors d'une sortie d'hospitalisation, ont besoin d'être aidées temporairement, à travers une aide à domicile, une garde à domicile ou le portage des repas. Elle peut aussi couvrir la téléalarme ou la livraison de courses. Ces prestations ne sont pas offertes à vie : l'ARDH vise, sur une durée maximale de trois mois, à sécuriser la réinstallation des personnes âgées à leur domicile après une hospitalisation, afin d'éviter notamment les rechutes. Passé ce délai, le dossier est réévalué et réorienté si besoin.
Cette prestation peut être versée par la CARSAT, le régime des indépendants ou la CNRACL, selon le régime de retraite du patient. La MSA gère le même type de dispositif pour les assurés agricoles.
L'évaluation des besoins ne se fait pas à distance. Un professionnel se penche sur la situation du patient, son logement, son entourage, avant de proposer un plan d'aide chiffré et limité dans le temps. Ce plan peut ensuite être ajusté une fois la personne rentrée chez elle, en fonction de ce que révèle le retour au domicile.
La demande passe par le service social de l'hôpital.
Le mot qui verrouille tout : avant
La demande d'ARDH est réalisée par le service social de l'hôpital, qui prépare un plan d'aide en concertation avec l'équipe médicale et le communique à la caisse de retraite, qu'il s'agisse de la CARSAT, de la MSA ou de la CNRACL. Rien n'oblige la famille à en faire la demande elle-même : c'est justement le rôle de ce service, présent dans chaque établissement.
Mais ce service ne devine pas les besoins tout seul. Il est impératif d'en faire le souhait auprès de l'équipe, car ce n'est pas automatique. Sans cette démarche explicite, le dossier ne part jamais vers la caisse de retraite, et l'aide reste théorique.
Certaines caisses laissent une très courte marge après la sortie. Pour bénéficier de l'ARDH, les démarches doivent en principe être entreprises avant la sortie d'hôpital, même en ambulatoire, ou au maximum dans un délai de 48 heures après la sortie. Cette fenêtre reste étroite, et elle ne remplace jamais une demande faite pendant l'hospitalisation.
Une fois la porte franchie
Passée cette étape, la demande n'est en principe plus recevable.
C'est précisément ce qu'a expliqué le service social de l'établissement à la famille dont le retour a inspiré cet article : une fois la patiente installée chez elle depuis plusieurs jours, sans dossier déposé pendant le séjour, la caisse de retraite ne pouvait plus intervenir sur ce dispositif précis. Le service social a alors réorienté la famille vers d'autres pistes, plus longues à mettre en place et souvent moins généreuses sur le court terme.
Ce basculement explique pourquoi tant de proches découvrent l'existence de l'ARDH au moment où elle ne sert plus à rien. La fenêtre de tir se referme vite, souvent avant même que la fatigue de l'hospitalisation ne se dissipe.
Les dispositifs vers lesquels se tourner ensuite
Le service social n'abandonne pas la famille une fois l'ARDH écartée. Si la personne bénéficie déjà de l'allocation personnalisée d'autonomie ou de la prestation de compensation du handicap, l'ARDH ne pouvait de toute façon pas lui être attribuée, ce qui signifie qu'un autre circuit existe déjà pour elle. Pour les personnes plus dépendantes, c'est justement l'APA, demandée auprès du conseil départemental, qui prend le relais. Les personnes moins dépendantes, classées en GIR 5 ou 6, restent en revanche sur le terrain de l'action sociale des caisses de retraite.
D'autres portes existent, moins connues que l'ARDH mais tout aussi concrètes. Il est possible de s'adresser directement au CLIC ou au CCAS dont dépend le senior, des structures locales qui orientent vers l'aide à domicile, le portage de repas ou la téléassistance en dehors de tout dossier hospitalier.
Certains contrats de complémentaire santé incluent une garantie d'assistance permettant l'intervention d'un service d'aide à domicile pendant un nombre déterminé d'heures lors du retour au domicile après une hospitalisation. Un appel à la mutuelle, dès que la date de sortie est connue, permet de vérifier si ce type de garantie existe dans le contrat familial.
Ce que le service social recommande aux familles
Le conseil qui revient le plus souvent chez les assistantes sociales hospitalières tient en une idée simple : ne pas attendre le jour de la sortie pour poser la question. Dès l'admission, ou dès qu'une hospitalisation prolongée se dessine, il vaut mieux demander directement au service social si un dossier d'aide au retour à domicile doit être ouvert. Le patient ou sa famille peuvent aussi initier eux-mêmes la démarche, sans attendre que l'équipe médicale y pense en premier. Garder le document remis à la sortie, le lire avant de quitter l'établissement, évite de découvrir l'existence de l'aide au moment où elle ne s'applique plus.
Depuis quelques années, l'Assurance Retraite, l'Assurance Maladie, la MSA et la CNRACL utilisent un formulaire unique de demande, pensé pour simplifier les démarches. Un seul document, rempli une seule fois pendant le séjour, suffit donc désormais à enclencher la procédure, quel que soit le régime de retraite du patient.
Sources : carsat-normandie.fr | carsat-ra.fr