Même retraite brute que mon voisin, et pourtant moins d’argent sur mon compte chaque mois : ce qui fait la différence se joue sur une déclaration que j’ai déjà envoyée

Louise
Par Louise S

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Deux retraités, la même pension brute affichée sur leur relevé, et pourtant deux montants différents qui tombent sur le compte en banque chaque mois. Ce scénario, loin d'être une anomalie, concerne des milliers de retraités chaque année. La cause ne se trouve pas dans un calcul erroné de la caisse de retraite, mais dans une déclaration bien connue de tous les contribuables : la déclaration de revenus. C'est elle qui détermine, via le revenu fiscal de référence, le taux de prélèvements sociaux appliqué à la pension. Un chiffre qui peut faire varier le net perçu de plusieurs dizaines d'euros par mois, sans que la pension brute n'ait bougé d'un centime.

À retenir
  • Le taux de prélèvements sociaux (0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %) dépend du revenu fiscal de référence et du nombre de parts fiscales, pas du montant de la pension brute
  • Pour 2026, l'exonération totale s'applique jusqu'à 13 048 euros de revenu fiscal de référence pour une personne seule et 20 016 euros pour un couple, avec un taux maximal de 8,3 % au-delà de 26 472 ou 40 604 euros
  • L'impôt à la source, actualisé le 1er septembre 2026 selon la déclaration du printemps, peut aussi faire varier le net perçu, et toute erreur peut être corrigée via l'espace personnel des impôts ou une réclamation auprès de la caisse de retraite

Pourquoi deux retraites brutes identiques peuvent donner des montants nets différents

La confusion est fréquente : beaucoup de retraités pensent que le montant net dépend uniquement de la pension brute et d'un taux fixe de cotisations. En réalité, les prélèvements sociaux appliqués aux pensions de retraite ne sont pas proportionnels au montant touché. Ils dépendent du revenu fiscal de référence du foyer, c'est-à-dire de l'ensemble des revenus déclarés l'année précédente, et du nombre de parts fiscales. Deux voisins retraités, avec une pension brute strictement identique, peuvent donc se retrouver dans deux tranches de prélèvements différentes si l'un vit seul et l'autre en couple, ou si l'un perçoit des revenus fonciers ou financiers en plus de sa retraite. En 2026, quatre taux de CSG coexistent sur les pensions : 0 %, 3,8 %, 6,6 % et 8,3 %. Selon la tranche, les prélèvements sociaux totaux, qui regroupent la CSG, la CRDS et parfois la CASA, atteignent 0 %, 4,3 %, 7,4 % ou 9,1 % de la pension brute. Un écart qui, sur une pension de 1 500 euros par exemple, représente facilement plus de 100 euros de différence chaque mois entre le taux zéro et le taux maximal.

Le revenu fiscal de référence et les parts fiscales, des critères déterminants pour les prélèvements sociaux

Les seuils qui déterminent le taux applicable sont réévalués chaque année. Pour 2026, ils ont été revalorisés de 1,8 %. Pour une personne seule en métropole, l'exonération totale de CSG s'applique jusqu'à 13 048 euros de revenu fiscal de référence 2024, contre 20 016 euros pour un couple à deux parts. Au-delà, le taux réduit de 3,8 % concerne une personne seule dont le revenu fiscal de référence est compris entre 13 049 et 17 057 euros. Le taux normal de 8,3 %, le plus élevé, s'applique à partir de 26 472 euros pour une part, et de 40 604 euros pour deux parts. Entre ces bornes se glisse le taux médian de 6,6 %. Ce barème explique pourquoi des pensions brutes identiques peuvent déboucher sur des nets très différents : tout dépend des autres revenus du foyer, de la situation familiale, et du nombre de parts déclarées aux impôts. Un détail mérite d'être connu : un changement de tranche vers 6,6 % ou 8,3 % n'est appliqué qu'après deux années consécutives au-dessus du seuil, ce qui laisse un délai avant que la hausse ne se répercute sur le versement. En revanche, le passage de 6,6 % à 8,3 % est immédiat selon l'Agirc-Arrco, sans cette période de transition. Autre point technique à connaître : la part de CSG déductible de l'impôt sur le revenu varie elle aussi selon le taux appliqué, à savoir 3,8 % au taux réduit, 4,2 points au taux médian et 5,9 points au taux normal.

Taux de CSG Revenu fiscal de référence (1 part) Revenu fiscal de référence (2 parts) Prélèvements sociaux totaux
0 % jusqu'à 13 048 euros jusqu'à 20 016 euros 0 %
3,8 % de 13 048 à 17 057 euros seuils équivalents doublés 4,3 %
6,6 % entre les deux bornes suivantes entre les deux bornes suivantes 7,4 %
8,3 % à partir de 26 472 euros à partir de 40 604 euros 9,1 %

L'impôt à la source et les démarches pour corriger ou vérifier sa situation

Les prélèvements sociaux ne sont pas les seuls à venir grignoter la pension brute. Pour les retraités imposables, l'impôt sur le revenu est lui aussi prélevé directement à la source sur la pension versée chaque mois. Le taux appliqué a été actualisé le 1er septembre 2026, à la suite de la déclaration de revenus effectuée au printemps 2026. Ce réajustement automatique peut, à son tour, expliquer une variation du montant net perçu, indépendamment du taux de CSG. Concrètement, les prélèvements sociaux dépendent notamment du revenu fiscal de référence et des parts fiscales, auxquels s'ajoute éventuellement l'impôt prélevé à la source : ce sont ces deux mécanismes combinés qui expliquent l'écart constaté entre deux pensions brutes identiques. Pour vérifier sa propre situation, il suffit de consulter l'avis de situation déclarative disponible sur l'espace personnel des impôts, ou le relevé de pension transmis par la caisse de retraite, qui indique le taux de CSG appliqué. En cas d'erreur ou de changement de situation familiale ou financière non pris en compte, une réclamation peut être déposée auprès de l'administration fiscale ou de la caisse de retraite concernée. Il est également utile de surveiller les revalorisations à venir : l'Agirc-Arrco a décidé une revalorisation de 1,4 % des pensions complémentaires au 1er novembre 2026, et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, prévoit dans son article 35 de réserver la revalorisation pleine aux retraités dont le total des pensions ne dépasse pas 1 260 euros par mois. Ces évolutions futures pourraient, elles aussi, créer de nouveaux écarts entre retraités aux pensions brutes comparables.

Face à ces mécanismes parfois techniques, un seul réflexe à adopter : vérifier chaque année le revenu fiscal de référence déclaré et le taux de CSG appliqué sur son relevé de pension. Une déclaration de revenus mal anticipée, un changement de situation non signalé, ou un revenu complémentaire oublié peuvent suffire à faire basculer dans une tranche supérieure et réduire le montant net perçu chaque mois. Garder un œil attentif sur ces documents reste le meilleur moyen d'éviter les mauvaises surprises sur le compte en banque.

Louise

Rédactrice spécialisée Argent depuis 10 ans, j'apporte ici mon expertise sur les sujets Retraite, épargne, budget ou encore immobilier. Passionnée par ailleurs par la psychologie, j'écris également à ce sujet.

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