Les carafes en cristal au plomb, souvent héritées, libèrent du plomb dans les alcools stockés, particulièrement les liquides acides comme le porto. Une étude fondatrice de 1991 a montré une multiplication par 39 de la concentration en plomb en quatre mois. La solution simple : servir en carafe, puis vider immédiatement le reste dans la bouteille d’origine.
Une carafe en cristal au plomb est-elle un danger pour le porto ?

Oui, si l'on y stocke l'alcool : le plomb du verre migre dans les liquides acides. Un porto conservé en carafe de cristal est passé de 89 à 3 518 µg de plomb par litre en quatre mois, selon une étude parue dans The Lancet en 1991. Le geste retenu est simple : servir en carafe, puis vider le reste dans sa bouteille d'origine.
Pourquoi le cristal au plomb pose-t-il problème avec le porto ?
Le cristal au plomb contient au minimum 24 % d'oxyde de plomb. Ce métal, ajouté au verre en fusion, donne l'éclat que le cristal conserve ; la directive européenne 69/493/CEE range ces verres en catégories à 30 %, 24 % et 10 % d'oxyde de plomb, le seuil de 24 % désignant le cristal au plomb proprement dit.
Le porto est un liquide acide. Or le pH semble être le facteur dominant de la migration : plus il est bas, plus le plomb passe dans le liquide.
Combien de plomb passe dans le porto stocké ?
L'étude parue dans The Lancet en janvier 1991 a mesuré le passage du plomb d'une carafe de cristal dans le porto : de 89 à 3 518 µg de plomb par litre en quatre mois. Les auteurs ont aussi relié la teneur en plomb du liquide à celle de la carafe et à la durée du séjour, pour le porto comme pour le brandy.
Une autre série de mesures a porté sur des carafes de 14 fabricants, remplies de porto blanc, d'une solution d'acide acétique à 4 % ou d'une boisson alcoolisée de synthèse, pendant 1, 2 ou 10 jours. Les concentrations relevées allaient de 100 à 1 800 µg/L. Le plomb apparaît donc dès les premiers jours de contact.
Ces travaux ne portaient pas sur les effets sur la santé, comme les atteintes aux reins ou au système nerveux, et aucune valeur limite chiffrée n'est avancée pour la personne qui boit un verre de temps à autre. Les chercheurs demandaient que la question soit étudiée de plus près, sans chercher à alarmer.
Peut-on servir le porto en carafe sans risque ?
Oui : le risque documenté concerne le stockage prolongé, pas le service d'une soirée. Le geste tient en quatre étapes.
- Remplir la carafe peu avant le repas.
- Servir.
- Vider ce qui reste dans la bouteille d'origine, rebouchée.
- Rincer la carafe à l'eau claire et la ranger vide.
La règle du « quelques jours maximum » relève de la prudence et non d'un seuil officiel.
Quels autres alcools sont concernés ?
La règle vaut pour le whisky, le cognac ou le xérès autant que pour le porto. Les carafes à alcool fort restent souvent des mois sur le bar : c'est la situation la plus défavorable au regard des mesures de 1991, bien différente du service d'un apéritif au digestif.
Comment savoir si une carafe contient du plomb ?
Le poids, la taille et la sonorité ne suffisent pas à trancher. Seul le fabricant, ou un test, renseigne vraiment. L'écart entre fabricants, de 100 à 1 800 µg/L dans les mesures sur 14 marques, interdit de deviner à l'œil : deux carafes d'apparence voisine peuvent se comporter très différemment.
Que faire d'une carafe en cristal héritée ?
Rien n'oblige à s'en séparer. Une carafe taillée garde sa place sur la table des fêtes, le temps d'un service ; le risque concerne le séjour prolongé du liquide, pas la présence de l'objet dans la vitrine. Pour les bouteilles entamées, la bouteille d'origine ou un flacon en verre sans plomb font très bien l'affaire.
Les biberons en cristal ont connu un sort moins clément, le système nerveux du nourrisson étant très sensible au plomb.
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Sources : canada.ca
