J’ai refusé les génériques à la pharmacie pendant des années : le jour où mon pharmacien m’a posé une seule question, j’ai arrêté de discuter

Pendant des années, refuser les génériques à la pharmacie semblait une évidence. Jusqu’au jour où un pharmacien a posé une seule question qui a démoli tous mes préjugés. Découvrez comment une composition identique, un contrôle stricte, et une économie réelle m’ont finalement convaincu.

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Par L'équipe JDS

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Pendant des années, le réflexe était automatique : « Non merci, je préfère garder le même. » Beaucoup parmi nous ont tenu cette position à la pharmacie, avec une conviction tranquille, sans vraiment la remettre en question. Jusqu'au jour où un pharmacien a posé une seule question : « Vous savez ce qui diffère, concrètement, entre les deux ? » Et là, le silence. Parce que la réponse honnête était : non.

À retenir

  • Un pharmacien pose une question apparemment simple qui expose l'absence de fondement à la résistance
  • Les génériques contiennent exactement la même molécule active avec un contrôle tout aussi strict, mais à quel prix réel ?
  • La France économiserait 800 millions d'euros par an en acceptant les génériques : qui paie vraiment cette résistance ?

Même molécule, même dose, prix différent

Le générique est un médicament fabriqué à partir de la même molécule qu'un médicament de référence, le « princeps ». Quand le brevet de ce dernier tombe dans le domaine public, dix ans après sa commercialisation, tous les laboratoires pharmaceutiques peuvent copier la composition de sa substance active. Le générique a donc exactement la même composition, en qualité et en quantité, en principes actifs. Ce n'est pas une approximation. Ce n'est pas une copie au rabais.

La vitesse et la quantité de principe actif absorbé dans le sang sont identiques à celles du médicament princeps. C'est cette bioéquivalence qui assure une efficacité et une sécurité thérapeutiques identiques. En France, c'est l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) qui évalue et autorise la commercialisation des médicaments génériques. Le contrôle n'est donc pas allégé : il est le même.

Alors d'où vient la différence de prix ? S'ils coûtent moins cher que les princeps (30 % de moins en moyenne, selon l'Assurance maladie), c'est parce que les génériques n'ont pas à supporter les frais de recherche et développement, déjà amortis par le médicament d'origine. Le laboratoire qui produit le générique n'a pas financé quinze ans de recherche clinique. Il reproduit une formule éprouvée, connue, validée par des décennies d'usage. Le prix bas reflète une économie réelle sur les coûts, pas une dégradation du produit.

Ce qui change vraiment (et ce qui ne change pas)

Voici l'objection classique : « Mais le comprimé n'est pas le même, il a une autre couleur, une autre forme. » C'est vrai. Le médicament générique n'est pas nécessairement strictement identique au médicament original : il peut notamment contenir des excipients différents. Un médicament générique peut même être intéressant car il peut ne pas contenir un excipient à effet notoire présent dans le princeps. la variante visuelle peut parfois jouer en faveur du patient, notamment en cas d'intolérance au lactose ou à certains colorants.

Les excipients sont des composants qui peuvent modifier l'aspect, la couleur et le goût du médicament. Mais ils ne changent pas l'effet de la substance active, sauf chez certains patients, en présence d'excipients à effet notoire. Les excipients à effet notoire sont des substances qui peuvent entraîner des intolérances individuelles, comme le lactose. Ce cas de figure existe, il est réel. Mais il est aussi précisément cartographié : les excipients à effets notoires sont mentionnés dans le répertoire des groupes génériques pour aider à la substitution. Le pharmacien sait exactement quoi chercher.

Il existe par ailleurs quelques territoires où la prudence s'impose . Certains antiépileptiques, traitements thyroïdiens ou anticoagulants sont régulièrement cités. Dans ces cas précis, le médecin peut préférer maintenir une continuité stricte. Mais ces exceptions ont parfois contribué à alimenter une méfiance plus large envers l'ensemble des génériques, alors qu'elles ne concernent qu'un nombre très limité de traitements. C'est toute la mécanique du doute : une exception légitime, transformée en règle générale par le bouche-à-oreille.

Refuser coûte, et pas qu'à vous

Choisir de maintenir le princeps reste un droit. personne ne vous l'enlèvera. Vous restez libre de refuser cette substitution. Dans ce cas, vous ne bénéficiez pas du dispositif « Tiers payant contre générique » qui vous permet de ne pas avancer la part prise en charge par l'Assurance Maladie. Vous devrez régler le pharmacien et envoyer une feuille de soins à votre caisse d'assurance maladie pour être remboursé. La prise en charge par l'Assurance Maladie n'est pas remise en cause, mais simplement retardée.

À l'échelle individuelle, c'est une contrainte. À l'échelle collective, le manque à gagner est considérable. Les médicaments génériques génèrent environ 2,5 milliards d'euros d'économies par an sur le marché français. Ces économies, réalisées sur des médicaments largement utilisés et bien connus, permettent l'accès de tous aux traitements innovants, souvent onéreux, à l'instar de traitements anticancéreux, grâce à une prise en charge précoce. Ils participent, de fait, à la pérennisation du système de santé. Refuser le générique sur un antihypertenseur banal, c'est, en partie, freiner le financement des thérapies de demain.

La France reste d'ailleurs l'un des pays d'Europe qui utilise le moins de médicaments génériques. Selon l'Alliance des médicaments abordables (Alma), le pays pourrait économiser environ 800 millions d'euros par an en augmentant le recours aux médicaments génériques et biosimilaires. Un chiffre qui donne le vertige quand on sait que cette réticence repose, dans la très grande majorité des cas, sur des a priori non fondés.

Ce que le pharmacien sait, et que vous pouvez lui demander

Les pharmaciens disposent d'un outil établi par l'ANSM, le répertoire des médicaments génériques, qui leur permet de substituer un médicament générique à un médicament d'origine en toute sécurité. Ils peuvent ainsi choisir un médicament générique qui possède le même principe actif au même dosage et avec la même forme pharmaceutique que le médicament d'origine. Ce n'est pas une décision improvisée au comptoir : c'est un acte encadré, tracé, documenté.

Lors de la substitution, le pharmacien choisit un médicament générique présenté sous la forme la mieux adaptée au patient, par exemple plus facile à avaler, avec un goût différent, sans l'excipient à effet notoire auquel il est intolérant. Son travail, concrètement, consiste aussi à adapter la substitution à votre profil. Ce professionnel connaît vos traitements, vos antécédents, vos allergies déclarées. Si une contre-indication réelle existe, c'est lui le premier à l'identifier.

La question qu'il vous posera, tôt ou tard, est finalement celle qui compte : avez-vous déjà eu une réaction indésirable à un générique, ou refusez-vous par principe ? Répondre aux questions, écouter les réticences et adapter les explications au profil du patient reste souvent plus efficace qu'un simple argument économique. Et quand on prend le temps de répondre honnêtement, on réalise que la résistance tenait surtout à l'habitude, et à la couleur d'un comprimé. En 2023, les pharmaciens ont intensifié leurs efforts, atteignant un taux moyen de substitution de 85,3 % selon Gers Data : une grande majorité de patients franchissent ce pas sans incident, semaine après semaine, sans même y penser.

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Un commentaire à «J’ai refusé les génériques à la pharmacie pendant des années : le jour où mon pharmacien m’a posé une seule question, j’ai arrêté de discuter»

  • Bonjour ce n’ est pas systématiquement vrai. Certains médicaments tel dermoval oont des génériques contenant de l alcool par ex. Et selon les utilisations, la différence est bien réelle. Et douloureuse. Suis un peu fatiguée de ce genre d article assénant des vérités qui ne le sont pas.

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