Cette ligne au dos de votre carte d’identité décide si vous passez la frontière espagnole ou si le douanier vous renvoie côté français

Depuis 2014, une modification administrative a prolongé la validité de votre carte d’identité de 10 à 15 ans, mais la date imprimée n’a pas changé. Cette discordance crée un véritable cauchemar à la frontière espagnole, où certains douaniers refusent de reconnaître votre document basé uniquement sur la date visible.

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Par L'équipe JDS

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Une simple date imprimée au dos de votre carte nationale d'identité peut vous coûter votre passage en Espagne. Depuis 2014, cette date ne correspond plus forcément à la réalité de sa validité, et c'est précisément là que le problème commence.

Des milliers de vacanciers français l'apprennent chaque été à leurs dépens, souvent au pire moment : devant un guichet d'embarquement ou face à un douanier peu compréhensif.

À retenir

  • Votre carte affiche une date expirée alors qu'elle reste légalement valide en France
  • L'Espagne et le Portugal n'ont jamais officiellement confirmé leur position sur cette carte prolongée
  • Un douanier peut vous refuser l'entrée selon sa propre interprétation, sans recours possible

Un décret qui a rallongé la durée de vie de votre carte

Le décret no 2013-1188 du 18 décembre 2013 relatif à la durée de validité et aux conditions de délivrance et de renouvellement de la carte nationale d'identité, entré en vigueur le 1er janvier 2014, a étendu la durée de validité des cartes nationales d'identité (CNI) sécurisées de 10 à 15 ans.

Cette mesure est également applicable aux cartes nationales d'identité sécurisées délivrées à des personnes majeures et en cours de validité au 1er janvier 2014, c'est-à-dire délivrées entre le 2 janvier 2004 et le 31 décembre 2013.

Concrètement, votre carte gagne cinq années de validité supplémentaires sans que vous n'ayez rien demandé. Un cadeau administratif, en apparence. Mais ce cadeau a une particularité gênante : pour les cartes délivrées entre le 2 janvier 2004 et le 31 décembre 2013, la date d'expiration ne correspond donc pas à la date qui est inscrite sur la carte.

La date imprimée reste fausse, et c'est tout le problème

Votre carte affiche donc une date d'expiration périmée alors qu'elle reste juridiquement valable en France. Un paradoxe purement visuel, mais lourd de consé­quences dès que vous franchissez une frontière.

Car ce que voit le douanier, ou l'agent d'enregistrement à l'aéroport, c'est bien la date imprimée sur le plastique. Pas le décret français, pas la loi, pas votre bonne foi.

Certains agents appliquent leur propre grille de lecture, indépendamment de la prolongation légale, et s'arrêtent strictement à la date imprimée. Résultat : dans ce cas, aucun recours n'est possible au comptoir.

Espagne, Portugal : le flou qui dure depuis dix ans

L'Espagne fait partie des pays qui entretiennent ce flou depuis plus d'une décennie. Une question adressée à l'Assemblée nationale le confirme sans détour : M. Stéphane Vojetta attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur les difficultés que rencontrent les compatriotes avec la reconnaissance par l'Espagne et le Portugal de leur carte nationale d'identité (CNI) dont la durée officielle de validité est dépassée.

Le constat est net : l'Espagne et le Portugal font partie des pays qui n'ont pas officiellement statué sur leur acceptation comme document de voyage de la carte nationale d'identité française durant sa période de prolongation de 5 ans.

personne ne peut vous garantir à l'avance ce qui se passera au poste de contrôle. Cette incertitude, selon le député, génère une confusion réelle chez les compatriotes amenés à voyager entre la France et ces deux pays, mais aussi pour les Français qui résident au Portugal et en Espagne.

La carte des pays qui acceptent, et de ceux qui refusent

Le ministère de l'intérieur tient une liste officielle, régulièrement mise à jour, des positions de chaque pays. Trois catégories se dessinent, et elles ne se recoupent pas forcément avec vos destinations habituelles.

Certains pays ont formellement validé la prolongation, sans ambiguïté. D'autres refusent purement et simplement de reconnaître la carte au-delà de sa date imprimée. La majorité, enfin, reste dans l'entre-deux, ni oui ni non.

Les autorités des pays suivants n'ont pas officiellement transmis leur position quant à leur acceptation de la carte nationale d'identité en apparence périmée mais dont la validité est prolongée de 5 ans comme document de voyage : pays de l'Union européenne : Allemagne, Autriche, Chypre, Danemark, Espagne, Finlande, Irlande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Suède, ainsi que le Maroc pour certains cas précis.

À l'inverse, quelques pays ont clairement tranché en votre faveur. Les cartes en apparence caduques mais en réalité prolongées de 5 ans ont été officiellement acceptées dans certains pays comme Andorre, Monaco, l'Italie ou la Suisse, alors que d'autres pays, tels que la Belgique, ont officiellement refusé de prendre en compte cette adaptation.

Le douanier a toujours le dernier mot, et c'est là le vrai risque

Même dans les pays qui tolèrent la carte prolongée, rien n'est jamais gravé dans le marbre. La décision finale reste entre les mains de l'agent qui vous contrôle, ce jour-là, à cette heure-là.

Une famille l'a récemment vécu de plein fouet à l'embarquement, refusée malgré une carte parfaitement en règle selon la loi française. Peu importe que la loi française leur donne raison, l'agent au sol applique sa propre grille de lecture, et elle s'arrête à la date imprimée sur le plastique.

L'Espagne, justement, illustre bien cette zone grise. Elle figure parmi seize pays qui n'ont pas officiellement confirmé leur acceptation, mais tolèrent habituellement la CNI prolongée, parmi lesquels l'Espagne, le Portugal et l'Allemagne, trois des destinations les plus populaires des Français. Tolérance n'est pas garantie, et un jour de zèle particulier suffit à tout bloquer.

Comment éviter de rester coincé côté français

La solution la plus simple reste, sans surprise, le passeport. Même les autorités françaises le reconnaissent officiellement : mieux vaut voyager avec un document dont la date ne pose jamais débat.

Pour ceux qui n'en possèdent pas et doivent se rendre dans un pays à la position ambiguë, une option existe. L'administration française prévoit la possibilité de renouveler la carte d'identité avant le terme des 15 ans pour les Français demeurant ou se déplaçant dans un pays ne reconnaissant pas la prolongation de la carte d'identité.

Il faut alors se présenter en mairie muni d'un justificatif de voyage, comme un billet d'avion ou une réservation, pour obtenir une carte affichant une date de validité mise à jour. Une démarche méconnue, mais qui évite bien des sueurs froides au comptoir d'enregistrement, surtout quand on sait qu'aucune négociation n'est possible une fois la décision prise par l'agent.

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