Lisbonne a longtemps incarné le rêve portugais accessible, la capitale ensoleillée où l'on payait ses vacances trois fois moins cher qu'à Paris. Les prix ont grimpé, les quartiers historiques se sont remplis de locations touristiques, et cette réputation de bon plan s'est nettement écornée. Pendant ce temps, à une poignée de kilomètres au sud, une ville portuaire tranquille observait la scène sans faire de bruit. Elle s'appelle Setúbal, et elle commence doucement à sortir de l'ombre.
- Setúbal est reliée à Lisbonne en environ 1 heure par les trains Fertagus et CP, avec des billets à quelques euros.
- Les loyers et nuitées y sont environ deux fois moins chers que dans la capitale portugaise.
- La ville offre un port de pêche authentique, l'accès à la péninsule de Troia et au parc naturel de l'Arrábida, ainsi que des fruits de mer frais à prix modérés.
Setúbal, la petite sœur méconnue de Lisbonne
Setúbal se trouve à environ 50 kilomètres de Lisbonne, sur la rive sud de l'estuaire du Sado. Longtemps cantonnée au rôle d'escapade d'une journée pour les habitants de la capitale, la ville possède un port de pêche encore actif, des halles animées et un centre-ville qui n'a rien perdu de son authenticité. Contrairement à Lisbonne, aucune ruelle n'y est saturée de trottinettes électriques ou de files d'attente pour un pastel de nata.
Ce calme relatif n'est pas un hasard. Setúbal a toujours vécu de la pêche et de la conserverie plutôt que du tourisme, ce qui explique pourquoi elle a gardé un visage plus brut, moins lissé pour les visiteurs. C'est justement cette absence de vernis qui commence à séduire une nouvelle catégorie de voyageurs, lassés de payer le prix fort pour dormir dans une capitale devenue trop chère.
À peine 1 heure de train pour deux fois moins cher
La liaison ferroviaire entre les deux villes change tout. Les trains partent toutes les heures depuis la gare de Sete Rios, à Lisbonne, et rallient Setúbal en une heure environ, parfois un peu moins selon les arrêts desservis. Les compagnies Fertagus et CP (Comboios de Portugal) assurent ce trajet quotidien, avec des billets qui démarrent à quelques euros et grimpent rarement au-delà d'une quinzaine d'euros, même à la dernière minute.
Le bus reste une alternative, avec un temps de trajet comparable, entre 48 et 60 minutes. Mais c'est bien le train qui séduit le plus, notamment grâce aux multiples gares disséminées autour de Setúbal, comme Praias do Sado ou Palmela, qui permettent de rejoindre différents quartiers sans passer par le centre. Sur place, les loyers et les nuitées affichent des tarifs environ deux fois inférieurs à ceux pratiqués dans la capitale. Un studio qui coûterait une petite fortune dans le quartier de l'Alfama se loue ici pour une somme bien plus raisonnable, à peine plus qu'un dîner correct dans un restaurant touristique de Lisbonne.
Ce qui attend les voyageurs à Setúbal : plages, fruits de mer et douceur de vivre
Une fois sur place, le dépaysement opère vite. Depuis le port de Setúbal, un ferry permet de traverser jusqu'à la péninsule de Troia, réputée pour ses plages de sable fin et ses eaux calmes, à l'abri des foules qui envahissent le littoral lisboète en pleine saison. Le parc naturel de l'Arrábida, tout proche, cache quant à lui des criques spectaculaires, dont la fameuse Praia de Galapinhos, souvent citée parmi les plus belles plages du pays.
Côté assiette, Setúbal reste fidèle à sa vocation de port de pêche. Les fruits de mer y sont servis frais, pêchés le matin même, dans des gargotes sans prétention où les prix n'ont rien à voir avec ceux affichés dans les restaurants touristiques de Lisbonne. Cette simplicité, alliée à la proximité immédiate de la nature, façonne une ambiance de vacances plus posée, presque provinciale, à quelques minutes seulement d'une capitale toujours aussi vivante.
Setúbal ne cherche pas à copier Lisbonne, elle propose autre chose : moins d'agitation, plus d'espace, et un budget qui respire enfin. Reste à savoir si cette discrétion résistera longtemps à l'arrivée progressive de nouveaux visiteurs venus chercher, à moins d'1 heure de train, ce que la capitale ne propose plus au même prix.

