La hausse des prix du carburant fait repenser les vacances, et celles de la Toussaint n'y échappent pas : avec un gazole autour de 2,35 euros le litre en moyenne, un long aller-retour en voiture finit par peser presque autant qu'une location. Les vacances scolaires démarrent dès ce week-end, et beaucoup de familles font le même constat en ouvrant leur calculette. Reste une piste simple : raccourcir la distance, quitte à découvrir une ville que l'on aurait laissée de côté.
- Avec un gazole autour de 2,35 € le litre, un aller-retour de 1 500 km pour une voiture qui consomme 6 L/100 km coûte plus de 200 € de carburant, hors péages.
- La libération de 10 millions de barils de gazole doit faire baisser le litre de 12 à 18 centimes, mais pas avant début novembre, donc après les vacances.
- Choisir une destination plus proche, accessible en train, rapporte plus que cette mesure : 100 km de moins font gagner environ 14 €, contre 7 à 11 € sur un plein de 60 litres.
Le calcul qui fait tout basculer : quand l'essence coûte presque autant que la location
Le calcul tient en quelques lignes. Une voiture qui consomme 6 litres aux 100 kilomètres, avec un litre à 2,35 euros, revient à environ 0,14 euro du kilomètre. Pour 1 500 kilomètres aller-retour, la note dépasse donc les 200 euros, sans compter les péages. À ce tarif, le plein se met à rivaliser avec le loyer d'un gîte ou d'un petit appartement pour quelques nuits.
Le détail qui pique, c'est que cette dépense se paye avant même d'avoir posé les valises. Elle ne donne droit ni à une vue sur la mer, ni à une cheminée, ni à un petit déjeuner. Sur le papier, le trajet devient la partie la plus chère du séjour, ce qui a de quoi faire réfléchir.
Pourquoi la hausse des prix du carburant pousse à repenser ses vacances de la Toussaint
Le baril de Brent a repassé la barre des 100 dollars, porté par l'arrêt de plus de 70 % de la production pétrolière offshore américaine dans le golfe du Mexique. Le gouvernement a réagi en annonçant la libération de 10 millions de barils de gazole puisés dans les stocks stratégiques, soit environ un dixième des réserves françaises. Cette décision s'inscrit dans un accord du G7 prévoyant de remettre sur le marché jusqu'à 100 millions de barils de pétrole et de diesel.
Les pouvoirs publics attendent une baisse de 12 à 18 centimes par litre, soit une dizaine d'euros économisés sur un plein. Un détail change tout : l'effet n'est attendu à la pompe qu'à partir de début novembre, alors que les vacances se terminent. La libération s'étale sur trois mois, et 350 stations doivent être surveillées en priorité par les préfets. Pour la Toussaint, le prix à la pompe ne bougera donc guère, et c'est le trajet qu'il faut revoir.
Comment trouver une destination plus proche et ce qu'on économise
La méthode est simple : partir de chez soi et tracer un cercle de 150 à 300 kilomètres, puis chercher une ville qui se rejoint en train. Les chiffres ci-dessous reposent sur la même base (6 litres aux 100 kilomètres, 2,35 euros le litre) et ne comptent que le carburant d'un aller-retour en voiture. Les horaires et les tarifs de train, très variables à la dernière minute, sont à vérifier au moment de réserver.
Depuis le bassin parisien, Amiens s'atteint en environ 140 kilomètres (environ 39 euros de carburant aller-retour) ou en 1 h 10 de train depuis la gare du Nord, avec la cathédrale et les hortillonnages à pied. Rouen demande 135 kilomètres (environ 38 euros) et 1 h 15 de train depuis la gare Saint-Lazare, pour une vieille ville très compacte. Reims, à 145 kilomètres (environ 41 euros), se rejoint en 45 minutes en TGV depuis la gare de l'Est.
Autour de Lyon, Bourg-en-Bresse se trouve à 65 kilomètres (environ 18 euros) et à peu près une heure de TER, avec le monastère royal de Brou accessible à pied depuis la gare. Annecy, à 140 kilomètres (environ 39 euros), demande environ deux heures de train et se visite sans voiture, le lac à portée de promenade. Dijon, à 195 kilomètres (environ 55 euros), s'atteint en deux heures de train environ, avec un centre historique qui se parcourt à pied.
Depuis Toulouse, Auch se situe à 80 kilomètres (environ 22 euros) et à près d'une heure et demie de train, avec son escalier monumental et sa statue de d'Artagnan. Albi, à 75 kilomètres (environ 21 euros), s'atteint en 1 h 10 environ et se visite à pied autour de la cité épiscopale. Carcassonne, à 95 kilomètres (environ 27 euros), n'est qu'à 50 minutes de train, la cité médiévale se rejoignant à pied depuis la gare.
Une nuance pour finir : la baisse attendue de 12 à 18 centimes représente 7 à 11 euros sur un réservoir de 60 litres, quand 100 kilomètres de moins au compteur font gagner environ 14 euros sur l'aller-retour. Le choix d'une destination plus proche pèse donc plus lourd que la mesure gouvernementale, sans attendre novembre.


