Pour s'offrir un break au milieu des vieilles pierres et des fleurs, pas besoin de rouler des heures vers la Normandie ou les Pays de la Loire. À moins de deux heures de Paris, aux confins de l'Oise et de la Normandie, se cache l'un des plus petits et des plus beaux villages de France. Gerberoy offre une vraie respiration, idéale pour fuir le béton et la chaleur des villes le temps d'un dimanche.
Un décor de carte postale normanno-picarde
Le dépaysement est immédiat dès que l'on pose le pied sur les pavés du village. Contrairement à ce que son calme suggère, Gerberoy est une ancienne place forte médiévale qui a subi de nombreux sièges. Aujourd'hui, il ne reste que des ruelles pavées sinueuses et de superbes maisons à colombages, en torchis ou en silex, datant des XVIIe et XVIIIe siècles.
Classé parmi les Plus Beaux Villages de France depuis 1982, le bourg compte moins de cent habitants à l'année. Tout y est piéton, ce qui permet de se promener au calme, de grimper vers les vestiges des anciennes fortifications ou de pousser la porte de la collégiale Saint-Pierre, un édifice massif du XIIIe siècle.
L'héritage d'un peintre amoureux des roses
Si Gerberoy attire aujourd'hui près de 100 000 visiteurs par an, c'est surtout pour sa floraison spectaculaire. En mai et juin, les façades des maisons disparaissent littéralement sous des milliers de rosiers grimpants de toutes les couleurs.
On doit ce paysage unique à un homme : le peintre post-impressionniste Henri Le Sidaner. Tombé amoureux du village en 1901, il s'y installe et crée de magnifiques jardins en terrasses sur les ruines du vieux château. C'est lui qui a convaincu les habitants de planter des rosiers devant chaque maison pour redonner vie et lumière à ce bourg alors à l'abandon. Depuis, la rose est devenue le symbole de Gerberoy.
En pratique : oubliez le train
Le village s'est doucement adapté à sa popularité. Au fil des ruelles, on trouve aujourd'hui des ateliers d'artistes, des brocantes et des salons de thé très accueillants. Pour déjeuner, les auberges locales proposent une cuisine picarde simple, avec des tarifs souvent plus raisonnables que sur la côte normande.
Côté logistique, il y a une règle d'or à connaître : la voiture est obligatoire. Le texte des brochures oublie souvent de préciser que Gerberoy est totalement isolé dans la campagne. Aucune ligne de train ne dessert le village, et il n'existe aucun bus de correspondance depuis les gares de Beauvais ou d'Amiens. Depuis Paris, comptez environ 1h45 de route via l'autoroute A16. Un grand parking payant est aménagé à l'entrée du site pour préserver les ruelles de la cohue automobile.

