Un voyageur a réussi à passer le contrôle d’Amsterdam avec un flacon de parfum de 200 ml, mais s’est le voir confisqué au retour en France. Cette mésaventure révèle une réalité méconnue : les règles sur les liquides en cabine ne sont pas uniformes en Europe et varient même selon les terminaux.
J’ai passé le contrôle d’Amsterdam avec mon flacon de 200 ml sans rien dire : au retour, à l’aéroport français, on m’a annoncé que je ne le remonterais pas à bord

Un flacon de parfum de 200 ml, glissé dans le bagage cabine sans même être extrait du sac lors du contrôle à Schiphol. Rien signalé, rien confisqué, embarquement normal.
Au retour, en France, le même flacon a été retiré sans discussion possible. La raison ? Les deux aéroports n'appliquent tout simplement pas la même règle, au même moment.
À retenir
- Pourquoi un même flacon accepté à Amsterdam se retrouve-t-il interdit en France ?
- Les scanners 3D promettaient de libérer les voyageurs des restrictions : ce qui s'est vraiment passé
- Milan, Dublin, Rome : certains aéroports ont levé la limite des 100 ml, d'autres non. Quel est le piège ?
Un même flacon, deux traitements différents
Cette mésaventure illustre une réalité méconnue des voyageurs : la limite des liquides en cabine n'est plus uniforme dans l'Union européenne. Elle dépend de l'équipement précis de chaque aéroport, parfois même de chaque terminal.
À Amsterdam, les scanners installés depuis plusieurs années permettent en théorie un contrôle plus fin des bagages. Mais la tolérance observée au filtrage ne veut pas dire que la règle officielle a changé.
Officiellement, Schiphol applique toujours la limite classique. Depuis le 1er septembre 2024, les liquides en bagage cabine ne peuvent être transportés que dans des contenants d'un maximum de 100 ml.
Pourquoi la règle des 100 ml est revenue en force
Le retour en arrière de septembre 2024 n'avait rien d'anodin. Des aéroports pionniers avaient commencé, dès 2021-2023, à laisser passer des liquides sans limitation grâce aux scanners 3D dits C3.
Bruxelles a stoppé net cette avancée. La Commission européenne a réintroduit temporairement les restrictions à 100 ml par flacon à partir du 1er septembre 2024.
La justification technique tenait en une phrase inquiétante pour les fabricants de scanners. Un rapport technique de la Commission concluait que le logiciel de ces scanners ne pouvait garantir sa fiabilité pour des contenants de plus de 330 millilitres.
Juillet 2025 : une levée partielle, pas générale
Un an plus tard, nouveau virage. Le 29 juillet 2025, la Commission a autorisé l'usage de scanners nouvelle génération sur environ 700 postes de sûreté répartis dans 21 États membres.
Mais ce feu vert reste très ciblé. Bruxelles a permis à certains scanners « C3 » avancés de revenir en service, une décision qui ne s'applique qu'aux machines fabriquées par Smiths Detection, laissant les aéroports équipés de systèmes concurrents en attente de recertification.
Résultat : des situations absurdes, parfois au sein d'une même ville. À Milan, les passagers partant de Linate ou du Terminal 1 de Malpensa peuvent désormais emporter des bouteilles de deux litres, tandis que ceux qui décollent du Terminal 2 de Malpensa restent soumis à la limite de 100 ml.
Le piège Amsterdam, justement
Schiphol fait partie des cas les plus trompeurs pour les voyageurs. L'aéroport possède bien la technologie requise, mais n'a pas activé la levée des restrictions.
Amsterdam Schiphol et d'autres hubs néerlandais disposent d'une technologie compatible mais ont choisi de retarder sa mise en œuvre, prolongeant la confusion. Un flacon de 200 ml qui passe sans encombre relève donc davantage d'un contrôle imparfait que d'une autorisation réelle.
Cette tolérance de terrain, fréquente aux heures de forte affluence, n'a aucune valeur légale. Elle ne protège en rien le voyageur au vol retour.
Et la France, dans tout ça ?
Les plateformes françaises n'ont pour l'instant pas rejoint la liste des aéroports dispensés de la limite de 100 ml. Aucune plateforme française ne figure parmi les aéroports où la limite de 100 ml a été levée, contrairement à Rome Fiumicino, Milan-Linate, Milan Malpensa Terminal 1 ou Naples en Italie.
Dublin, Cork et Shannon ont eux aussi levé leurs restrictions. Autant de destinations où un flacon de 200 ml passera sans problème à l'aller, mais redeviendra interdit au retour vers un aéroport français.
La confiscation, dans ce cas, ne donne droit à aucune indemnisation. Le personnel de sûreté applique la règle en vigueur ce jour-là, à cet aéroport précis, point final.
Ce qu'il faut vérifier avant chaque vol
La seule parade sérieuse consiste à consulter le site officiel de chaque aéroport concerné, aller et retour, avant de préparer sa valise. Les listes changent presque chaque mois depuis l'été 2025.
Trois aéroports identiques sur le papier peuvent appliquer trois règles différentes selon leur terminal ou la marque de leur scanner. Mieux vaut donc reconditionner ses liquides en flacons de 100 ml par précaution, même en partant d'un aéroport « tolérant ».
La Commission européenne vise toujours une généralisation des scanners C3 d'ici 2026, mais chaque recertification technologique dépend désormais du fabricant, pas seulement du pays. Un patchwork qui devrait perdurer encore de longs mois avant qu'une règle unique ne s'impose partout.
Sources : voyages-d-affaires.com | voyages-d-affaires.com