Payer un supplément pour un siège côté hublot, c'est un peu comme réserver une table près de la fenêtre au restaurant : la promesse d'une vue fait partie du plaisir. Sauf que dans certains avions, la fenêtre se transforme en paroi opaque une fois installé. Pas de mer bleue au décollage, pas de côtes qui défilent, pas de nuages à contempler. Juste un mur blanc, à quelques centimètres du visage, pendant toute la durée du vol. Ce désagrément, loin d'être exceptionnel, concerne des milliers de passagers chaque année sur les modèles d'avions les plus utilisés au monde.
- Sur certains Boeing 737 et Airbus A321, une ou plusieurs places côté « hublot » n'en ont tout simplement pas.
- Le siège 11A des Boeing 737-800 de Ryanair est le plus célèbre exemple : à la place du hublot, un pan de fuselage plein.
- Toutes les compagnies ne préviennent pas leurs clients au moment de la réservation, ce qui alimente les plaintes.
L'arnaque du supplément hublot : quand la vue promise se transforme en mur blanc
Le scénario revient souvent sur les forums de voyageurs. Un passager choisit soigneusement sa place lors de la réservation, coche l'option « fenêtre », règle le supplément, parfois plusieurs dizaines d'euros, en imaginant le décollage face à la Méditerranée ou l'arrivée sur une côte découpée. Une fois à bord, la déception est immédiate : à l'emplacement attendu, aucune ouverture, juste une paroi plastique blanche. Le siège figure pourtant bien en colonne A ou F, celle qui longe le fuselage. La compagnie n'a techniquement pas menti, puisque la place se situe côté extérieur. Mais l'écart entre la promesse commerciale et la réalité passe mal, surtout quand le billet a été payé plus cher pour cette raison précise. Plusieurs procédures ont été engagées aux États-Unis contre des transporteurs accusés de vendre des « sièges hublot sans hublot » sans avertissement clair.
Ces sièges « hublot » qui n'en sont pas : le cas du 11A chez Ryanair et autres pièges à connaître
Le siège 11A des Boeing 737-800 exploités par Ryanair est devenu emblématique. À cet endroit, les conduits d'air conditionné remontent le long du fuselage, ce qui oblige les constructeurs à supprimer un hublot à cet emplacement précis. Sur ce modèle, l'absence de fenêtre touche aussi les places 12A et 12F, selon la configuration. Sur le Boeing 737 MAX 8-200, le 11A retrouve son hublot, mais le siège aveugle se décale simplement à un autre numéro. Le phénomène dépasse Ryanair : les Boeing 737, les Airbus A321 et certains Boeing 757 comportent presque tous au moins une rangée où un hublot manque, à cause de câbles électriques, de gaines de ventilation ou de composants techniques. Comme il s'agit des appareils les plus répandus dans le ciel, la probabilité de tomber sur une place aveugle n'a rien d'anecdotique. Certaines compagnies comme American Airlines ou Alaska Airlines affichent un avertissement clair au moment de la sélection du siège. Ryanair, de son côté, prévient ses clients et applique un tarif réduit sur ces places. D'autres transporteurs, en revanche, laissent le passager découvrir la surprise une fois installé.
Comment éviter le piège avant de réserver et voyager l'esprit tranquille
Quelques vérifications simples permettent d'éviter la mauvaise surprise. Avant de valider un siège avec supplément, un passage sur des sites spécialisés comme SeatGuru ou AeroLOPA suffit à visualiser le plan exact de l'appareil, avec les places aveugles signalées. Il faut aussi repérer le modèle précis de l'avion prévu sur le vol, cette information figure généralement dans le détail de la réservation. Sur un Boeing 737-800, mieux vaut se méfier des rangées 10, 11 et 12 côté A, ainsi que du 12F. Sur les Airbus A321, la zone à surveiller se situe souvent au niveau des rangées centrales, là où passent les gaines techniques. En cas de doute, une place située un ou deux rangs devant ou derrière offre presque toujours une vraie fenêtre. Et pour ceux qui préfèrent dormir pendant le vol, un siège aveugle a même un avantage : aucune lumière ne filtre, ce qui en fait, paradoxalement, l'un des meilleurs endroits pour se reposer.
La promesse d'un décollage face à la mer fait partie des petits plaisirs du voyage, et payer pour se retrouver face à un mur blanc laisse un goût amer. Le problème n'est pas tant l'absence de hublot que le manque de transparence de certaines compagnies au moment de la réservation. Prendre quelques minutes pour vérifier le plan de cabine avant de valider son siège change tout. Reste une question ouverte : à l'heure où chaque option est facturée à part, jusqu'où les transporteurs iront-ils pour clarifier ce qu'ils vendent réellement à leurs passagers ?

