J’ai raté mon vol et je pensais tout avoir perdu : personne ne m’avait prévenu de la somme que la compagnie devait me rendre quand même

Oceane V2
Par Oceane B

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Manquer un avion, c'est souvent la double peine : la frustration de voir la porte d'embarquement se refermer, et la certitude d'avoir perdu chaque centime dépensé pour le billet. Pourtant, une part de cette somme reste due au voyageur, quelle que soit la raison de l'absence à bord. La règle existe depuis plus de dix ans, elle figure noir sur blanc dans le Code de la consommation, et rares sont les compagnies aériennes qui la rappellent spontanément à leurs clients. Un embouteillage sur la route de l'aéroport, un contrôle de sécurité interminable, un empêchement de dernière minute : autant de situations qui donnent droit à un remboursement partiel, y compris sur les billets réputés non remboursables.

À retenir

  • Les taxes d'aéroport doivent être remboursées dès lors que le passager n'embarque pas, peu importe le motif.
  • Ce droit s'applique à tous les billets, y compris les tarifs les moins chers et les vols dits low cost.
  • La compagnie ne rembourse jamais d'elle-même : la demande doit venir du voyageur, dans un délai encadré par la loi.

Le jour où rater son vol ne signifie plus tout perdre

Un vol manqué, et c'est souvent le sentiment de jeter plusieurs centaines d'euros par la fenêtre. Pourtant, la loi Hamon du 17 mars 2014 a changé la donne pour tous les passagers au départ de France. Inscrite à l'article L224-66 du Code de la consommation, elle oblige les compagnies aériennes à restituer les taxes d'aéroport dès lors que le voyageur n'a pas embarqué. Peu importe la raison : retard personnel, oubli, changement de programme, maladie. Le principe est simple, ces taxes sont liées à un embarquement réel. Sans passage à bord, elles n'ont plus de raison d'être facturées. Et cette règle vaut même pour les billets vendus comme non échangeables ou non remboursables, ceux-là mêmes que les compagnies présentent comme définitivement perdus en cas d'absence.

Ces taxes d'aéroport que les compagnies oublient de rendre

Sur un billet d'avion, une partie du prix ne va pas dans la poche du transporteur. Il s'agit des redevances collectées pour le compte des aéroports et des autorités. Deux codes concentrent l'essentiel des sommes récupérables : QW pour la redevance passager et QX pour la redevance internationale. Ces montants doivent être restitués intégralement en cas de non-embarquement. En revanche, certaines lignes du billet restent acquises à la compagnie : la surcharge carburant et sûreté (code YQ) ainsi que la taxe de solidarité (code IZ) ne sont généralement pas concernées par le remboursement. Selon la destination et le tarif du billet, la somme récupérable peut varier de quelques euros à plus de cent euros, notamment sur les long-courriers où les taxes pèsent lourd dans la facture finale. Autant d'argent qui dort sur les comptes des transporteurs tant que personne ne réclame.

La marche à suivre pour récupérer son argent sans se faire balader

La démarche repose entièrement sur le passager. Aucune compagnie n'envoie de virement automatique après un vol raté. Il faut donc écrire, de préférence via le formulaire en ligne prévu à cet effet sur le site du transporteur, où la demande doit être totalement gratuite. Passer par un autre canal, courrier ou téléphone, peut occasionner des frais, plafonnés à 20 % du montant remboursé. Une fois la demande reçue, la compagnie dispose de trente jours pour procéder au versement. Au-delà, elle s'expose à une amende administrative pouvant atteindre 15 000 euros. Il suffit de préciser son numéro de réservation, ses coordonnées bancaires et le motif de non-embarquement, sans avoir à se justifier davantage. Et pour ceux qui redoutent une réponse évasive, mentionner explicitement l'article L224-66 du Code de la consommation dans la demande évite bien des tentatives de dissuasion. L'assurance annulation, souvent souscrite en pensant se couvrir, ne prend d'ailleurs jamais en charge ces taxes : c'est bien à la compagnie de rendre l'argent.

Rater un avion reste une déconvenue, mais l'addition n'est pas aussi salée qu'elle en a l'air. Quelques minutes suffisent pour remplir un formulaire et récupérer une somme non négligeable, particulièrement après un vol long-courrier où ces redevances pèsent lourd sur la facture initiale.

Oceane V2

Grande voyageuse avant tout, j’ai posé ma valise dans de nombreux pays. C’est donc tout naturellement que je suis devenue rédactrice voyage, pour partager cette passion et raconter tout ce que je vis.

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