J’ai laissé tomber Bali pour cette destination bien plus calme : moins de monde, moins chère, je ne regrette rien

Oceane V2
Par Oceane B

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Bali fait rêver depuis des décennies, avec ses rizières en terrasses, ses temples et ses plages devenues des cartes postales. Mais derrière l'image idyllique, la réalité a changé : embouteillages permanents à Canggu, plages saturées à Seminyak, hausse des prix et taxe touristique instaurée à l'entrée de l'île. Il existe pourtant, à quelques encablures seulement, une île sœur bien plus discrète, où le tourisme reste à taille humaine et les paysages, presque intacts. Une destination qui coche toutes les cases de ce que Bali offrait autrefois, sans le tumulte.

Lombok, la voisine oubliée de Bali qui change la donne

À peine deux heures de bateau rapide séparent Bali de Lombok, et pourtant, l'ambiance n'a rien à voir. Ici, pas de klaxons incessants, pas de files d'attente devant les cafés branchés, pas de scooters à perte de vue. L'île, longtemps restée dans l'ombre de sa célèbre voisine, avait été durement secouée par le tremblement de terre de 2018, ce qui avait freiné sa fréquentation pendant plusieurs années. Depuis, Lombok s'est relevée en douceur, sans céder aux excès du tourisme de masse. Le gouvernement indonésien l'a même inscrite parmi ses destinations prioritaires, avec la construction du circuit de Mandalika, qui accueille désormais des courses du championnat du monde de MotoGP. Et pourtant, l'île garde une âme paisible, presque villageoise, que beaucoup de voyageurs pensaient perdue à jamais dans cette région du monde.

Moins de touristes, plus de "vrai"

Ce qui frappe en posant le pied à Lombok, c'est le silence. Les plages du sud, comme Kuta Lombok, n'ont rien à voir avec leur homonyme balinais surpeuplée : sable clair, falaises sculptées par l'océan, vagues taillées pour le surf et parfois seulement quelques pêcheurs au loin. Les îles Gili, à quelques minutes en bateau, offrent un autre visage : pas de voitures, pas de scooters, uniquement des vélos et des calèches. On y plonge parmi les tortues, on dîne les pieds dans le sable, on regarde le soleil basculer derrière le mont Agung de Bali, visible depuis les côtes. Pour les marcheurs, le mont Rinjani, deuxième plus haut sommet d'Indonésie avec ses 3 726 mètres, propose une ascension mythique jusqu'à son cratère abritant un lac turquoise. Un décor brut, sans filtre, où la nature reprend toute sa place.

Un budget plus léger

Le portefeuille respire aussi. À Lombok, une chambre d'hôtel confortable coûte souvent moitié moins qu'à Seminyak, les repas dans les warungs locaux tournent autour de deux à trois euros, et les excursions restent accessibles. La taxe touristique de 150 000 roupies instaurée à l'entrée de Bali ne s'applique pas ici, un détail qui pèse quand on voyage en famille ou sur plusieurs semaines. L'île est desservie par son propre aéroport international, avec des vols directs depuis Jakarta, Singapour ou Kuala Lumpur, et les liaisons maritimes rapides depuis Bali permettent de combiner les deux destinations sans se ruiner. Le rapport qualité-prix, associé à des paysages encore préservés, donne le sentiment de retrouver une forme de voyage devenue rare : celle où l'on prend le temps, où l'on croise des habitants ravis d'échanger, où chaque plage n'a pas encore son compte Instagram dédié.

Lombok n'est pas une île secrète, elle n'a pas vocation à le rester. Mais pour l'instant, elle offre ce que Bali promettait encore il y a vingt ans : un mélange rare de nature spectaculaire, de culture vivante et de tarifs raisonnables. La vraie question, c'est peut-être celle-ci : combien de temps avant que le monde entier ne s'y donne rendez-vous ?

Oceane V2

Grande voyageuse avant tout, j’ai posé ma valise dans de nombreux pays. C’est donc tout naturellement que je suis devenue rédactrice voyage, pour partager cette passion et raconter tout ce que je vis.

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