J’ai trouvé en Tunisie un 5 étoiles à taille humaine qui change complètement l’idée que je me faisais d’Hammamet

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Par L'équipe JDS

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Hammamet, j’avais à peu près toujours rangé la destination dans la même case que beaucoup de Français : tourisme de masse, grands ensembles balnéaires construits dans les années 70, formules tout-inclus calibrées pour les vols charters. L’idée n’était pas complètement fausse, mais elle ignorait totalement ce qu’il s’y joue depuis une dizaine d’années. Trois jours à La Badira, ont totalement remis ce préjugé à plat. J’y ai trouvé un établissement à taille humaine, exigeant, profondément ancré dans son territoire, et porté par une fondatrice dont la vision change la perspective. Voici ce que j’en retiens.

Un hôtel sur une petite péninsule, et tout change

La Badira est installée à l’extrémité d’une petite péninsule de la baie d’Hammamet. Côté arrivée, on quitte la route, on franchit l’entrée discrète, et l’on bascule dans un autre rapport au lieu. La baie s’ouvre devant les yeux. La chaleur sèche du désert n’arrive pas jusqu’ici — on est sur la Méditerranée, le vent souffle, l’air a cette texture particulière des bords de mer en mai. Les 130 suites de l’hôtel, toutes de 45 à 160 mètres carrés, se répartissent dans des bâtiments bas, blancs, qui laissent les lignes du paysage respirer.

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Source: DR

L’établissement est réservé aux adultes (à partir de 16 ans). C’est une orientation forte, qui peut interroger au premier abord, mais qui prend tout son sens sur place : l’ambiance est calme, le rythme posé, et l’on garde un vrai luxe — celui du temps que l’on s’accorde.

La vision d’une fondatrice : Mouna Ben Halima

Le premier soir, dîner tunisien au restaurant Adra en compagnie de Mme Mouna Ben Halima, fondatrice et directrice générale de La Badira. C’est l’un des moments les plus intéressants du séjour. Mouna Ben Halima a repris l’hôtel familial à 24 ans, à la mort de son père. Elle a porté pendant des années un projet exigeant : transformer cet héritage en un produit de très haut de gamme, en accord avec ses valeurs, pour sublimer la destination tunisienne. La Badira a ouvert en 2015. Elle vient de fêter ses 10 ans.

Ce qui frappe dans la conversation, c’est la cohérence entre son discours et ce que l’on observe partout dans l’hôtel. La rigueur du service, la qualité des matières, le choix de partenaires locaux artisans, l’attention portée aux détails — tout découle d’une vision claire. Et l’aboutissement, c’est que La Badira est aujourd’hui le seul hôtel tunisien membre du prestigieux Leading Hotels of the World, le réseau international des plus belles maisons indépendantes du monde. Une distinction qui ne se décrète pas : elle se construit, année après année.

Une architecture qui parle au lieu

La Badira est un hôtel contemporain, mais qui évoque les codes traditionnels de l’architecture islamique : arcades, dômes, colonnes, miroirs d’eau, jeux de lumière et d’ombre. L’inspiration vient des années 30, période où Hammamet attirait déjà une clientèle cosmopolite d’écrivains, peintres et architectes — la même époque qui a vu naître la villa de George Sebastian, à quelques kilomètres de l’hôtel, que Frank Lloyd Wright qualifiait de « la plus belle maison qu’il connaisse ».

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Source: DR

Les détails sont travaillés avec les artisans locaux : panneaux de céramique peints à la main, calligraphies arabes, mashrabiya finement ciselées, mobilier réalisé sur mesure. Pour qui s’intéresse à l’artisanat, c’est un petit musée vivant. Pour qui s’en tient à l’ambiance générale, c’est simplement très beau et très apaisant.

L’engagement responsable, dans un environnement encore en développement

C’est probablement le point sur lequel La Badira se distingue le plus clairement du reste de l’offre hôtelière tunisienne. La certification Leading Hotels of the World impose des standards très exigeants, parfois difficiles à intégrer dans un environnement local encore en développement — et c’est précisément là que se joue le sérieux du projet.

Deux exemples concrets que l’on remarque vite. Les transferts depuis l’aéroport sont effectués en voitures électriques, ce qui est encore très rare en Tunisie où l’infrastructure de recharge se met tout juste en place. Dans les chambres, l’eau est servie en bouteilles de verre, et non en plastique, à une époque où le gros de l’hôtellerie locale n’a pas encore basculé. Ces choix coûtent de l’argent, demandent de la logistique, mais ils témoignent d’une volonté de tirer la destination vers le haut.

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Source: DR

Le Spa by Clarins, et le soin signature qui marque le séjour

Le Spa by Clarins de La Badira est le seul du pays. C’est aussi l’un des plus beaux de la région, classé par le magazine ELLE parmi les plus beaux spas du monde. Sur place, on comprend pourquoi : l’espace est immense, lumineux, organisé autour de bassins d’eau et d’espaces de relaxation, avec un parcours de soins qui couvre tout ce qu’on peut attendre d’un grand spa international.

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Source: DR

Le soin signature de l’hôtel est celui qu’il faut tester si vous n’avez qu’un soin à choisir. Sans entrer dans les détails techniques (chacun trouve son propre ressenti), je peux dire ceci : c’est l’un des soins les plus profondément relaxants que j’ai expérimentés. On en ressort véritablement remis. Pour qui voyage justement pour se poser, c’est une raison à part entière de choisir l’hôtel.

Quatre restaurants, une vraie expérience culinaire

La Badira ne se contente pas d’une offre de restauration fonctionnelle. L’établissement compte quatre restaurants, chacun avec une identité bien définie. Et le niveau gastronomique est, du début à la fin du séjour, très au-dessus de ce que l’on attend.

Zahila est le restaurant du petit-déjeuner. La carte est très variée : pâtisseries locales et françaises, fruits frais de saison, confitures maison, pain Tabouna sorti du four, œufs préparés à la demande, plats salés pour ceux qui préfèrent. On peut prendre son temps, on peut aussi recommencer chaque matin et trouver quelque chose de nouveau.

Beach Grill est le restaurant de bord de plage. La carte y est plus légère, focalisée sur les produits frais et locaux. C’est l’endroit où l’on déjeune entre deux baignades, sans avoir à rentrer à l’hôtel. Très agréable.

Adra est le restaurant tunisien gastronomique de l’hôtel. C’est là que j’ai dîné le premier soir avec la fondatrice. La cuisine y reprend les classiques tunisiens en les revisitant avec finesse — pas un retour folklorique aux clichés, mais une vraie écriture contemporaine. Pour qui veut comprendre ce que la gastronomie tunisienne peut donner quand elle est portée par un chef ambitieux, c’est une excellente porte d’entrée.

Kamilah est la table « cuisine du monde » du dimanche soir. La carte y voyage librement entre Méditerranée, Asie et inspirations plus contemporaines. Le dîner s’y déroule dans une ambiance plus décontractée que chez Adra, et c’est aussi très bon.

Une mention particulière pour les produits de la mer, présents sur l’ensemble des cartes et d’une qualité remarquable. La proximité immédiate avec la Méditerranée, et le sérieux des approvisionnements, se ressentent à chaque assiette. Ceux qui aiment le poisson trouveront ici largement de quoi être comblés.

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Source: DR

Une équipe au top, et c’est probablement ce qui fait la différence

Il y a quelque chose qu’aucune photo, aucune liste de prestations, aucune certification ne peut transmettre : l’attitude des équipes. À La Badira, le service est précis, attentif, sans en faire trop. On vous reconnaît dès le deuxième jour, on connaît vos préférences au petit-déjeuner, on devance les demandes sans jamais s’imposer. Il y a une vraie culture du métier, qui se voit aussi bien à la réception qu’au spa, en salle ou en chambre.

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Source: DR

C’est ce que l’on retient probablement le plus, quand on rentre. Le bâti compte, l’architecture compte, les restaurants comptent — mais c’est l’humain qui transforme un bon hôtel en hôtel marquant.

Trois piscines, une plage privée, un jardin

L’hôtel est conçu pour qu’on puisse y rester sans s’y ennuyer une seconde, même si l’on choisit de ne pas en sortir. Trois piscines extérieures se répartissent dans le jardin, à différentes échelles, avec différentes ambiances. La plage privée est accessible directement depuis l’hôtel. Pour qui veut profiter du soleil sans se déplacer, c’est un cadre idéal.

Des prix très bien positionnés pour le niveau de prestation

Dans la grille internationale du luxe hôtelier, La Badira est étonnamment accessible. Les tarifs restent très en deçà de ceux d’un Leading Hotels of the World équivalent en Europe occidentale ou en Méditerranée occidentale, alors même que le niveau de prestation se compare très favorablement. C’est l’un des bons rapports qualité-prix du segment.

En pratique, pour préparer votre séjour

Le vol. Plusieurs compagnies opèrent un vol direct entre Paris (CDG ou Orly) et Tunis (Tunis Carthage). Le trajet dure environ 2 h 30. C’est probablement l’une des destinations long-week-end les plus accessibles depuis la France pour qui cherche un vrai dépaysement sans long-courrier.

Le transfert. L’hôtel organise le transfert depuis l’aéroport en voitures électriques (environ 1 h de route).

Quand y aller. Le printemps (avril-juin) et l’automne (septembre-octobre) sont les meilleures saisons. Le climat est doux, la mer encore tempérée, et l’on évite les pics estivaux. Les mois d’été restent très praticables mais plus chauds.

Pour qui. La Badira est réservée aux adultes (16 ans et plus). C’est un séjour pour qui cherche du calme, du confort, une vraie offre gastronomique et du temps pour soi. Couples, voyageurs en solo, amis : le format convient à tous ces profils. Pour les familles avec jeunes enfants, l’établissement ne sera pas adapté — d’autres options existent dans la baie.

Pour préparer. Le site officiel de l’hôtel est labadira.com.

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