Il existe une station qui offre exactement les mêmes coraux, la même eau turquoise et le même soleil que Charm el-Cheikh, pour une addition largement réduite. Elle s'appelle Hurghada, elle borde la même mer Rouge, et elle attire de plus en plus de vacanciers français en quête de chaleur une fois l'été terminé en métropole. Le secret ne tient pas à un hasard géographique, mais à une monnaie locale qui a changé la donne pour les visiteurs étrangers.
- Hurghada offre le même récif corallien et la même mer que Charm el-Cheikh, mais à des tarifs nettement inférieurs.
- La dévaluation de la livre égyptienne depuis 2016 (environ 50 livres pour un euro en 2026) rend le séjour très avantageux pour les visiteurs payant en euros.
- Un vol direct depuis la France rejoint Hurghada en environ cinq heures, avec des séjours tout compris allant de 75 à 280 euros la nuit.
Hurghada, la petite sœur maligne de Charm el-Cheikh
Les deux stations partagent le même récif corallien, celui qui fait la réputation mondiale de la mer Rouge égyptienne. Mais sur le plan du budget, elles n'ont plus grand-chose en commun. Le rapport qualité-prix penche nettement du côté de Hurghada, qui propose des séjours tout compris à des tarifs bien inférieurs à ceux de sa voisine plus courue.
Le climat joue également un rôle décisif dans ce choix. La température ne descend presque jamais sous les 20 degrés, même en plein hiver, ce qui transforme la destination en refuge d'été permanent. Pour les voyageurs qui veulent fuir les premières fraîcheurs de l'automne français, l'endroit tombe à pic. L'économie touristique locale profite d'ailleurs d'un retour progressif des visiteurs, signe que la station a retrouvé des couleurs après des années plus discrètes.
La livre égyptienne dévaluée transforme l'addition sur place
Tout part de novembre 2016. Le gouvernement égyptien a alors laissé flotter sa monnaie, et la livre a perdu la moitié de sa valeur face au dollar, à l'euro et à la livre sterling en l'espace de quelques jours seulement. Un choc économique pour le pays, mais une aubaine inattendue pour les touristes et les investisseurs étrangers, qui ont vu leurs devises gagner soudainement un pouvoir d'achat considérable sur place.
Le taux de change s'est depuis relativement stabilisé. En 2026, il faut compter environ 50 livres égyptiennes pour un euro, un niveau qui reste très favorable au visiteur venu de France. Le tableau n'est pas totalement rose pour autant : l'inflation intérieure a atteint 33 % en 2024 selon la Banque Centrale d'Égypte, et les prix ont grimpé ces dernières années. Malgré cette hausse, l'Égypte demeure abordable pour qui paie en euros, l'écart de valeur entre les deux monnaies compensant largement la flambée locale.
Sur le terrain, les habitudes de paiement évoluent aussi. La plupart des sites archéologiques et des musées n'acceptent désormais que la carte bancaire aux guichets, le cash ayant perdu du terrain. Un détail pratique à anticiper avant de partir, mais qui ne change rien au constat général : le pays reste l'une des destinations les plus généreuses en termes de rapport entre ce que l'on dépense et ce que l'on reçoit.
Cinq heures de vol pour prolonger l'été à prix cassé
Depuis la France, un vol direct rejoint Hurghada en environ cinq heures. Ce temps de trajet ouvre la porte à des séjours courts sans sacrifier le dépaysement. La station devient alors une option crédible pour prolonger la saison chaude sans attendre les vacances de février.
Côté hébergement, les resorts de la mer Rouge, à Hurghada comme à Charm el-Cheikh, affichent des tarifs allant de 75 à 280 euros la nuit en formule tout compris. L'écart s'explique surtout par le standing des établissements, mais à niveau de confort équivalent, Hurghada tire régulièrement son épingle du jeu. De quoi comprendre pourquoi tant de vacanciers en quête de soleil finissent par troquer une station pour l'autre, sans rien perdre du côté du décor sous-marin.
Le récif reste identique, le bleu de la mer aussi. Seule l'addition change vraiment de visage, portée par une monnaie locale qui, malgré ses propres turbulences, continue de jouer en faveur des voyageurs venus d'Europe. Reste à savoir combien de temps ce rapport de force durera, à mesure que l'économie égyptienne retrouve son souffle.

