Les Bouches de Kotor au Monténégro offrent un spectacle digne des fjords scandinaves, avec des villes vénitiennes, des remparts millénaires et des falaises de plus de 1 700 mètres. Le meilleur : on y paie en euros et les prix restent 20 à 30% inférieurs à la Croatie voisine.
Moins chère que la côte croate, plus encaissée entre les montagnes que l’Adriatique du nord : cette baie fortifiée où l’on paie en euros sans passer par un bureau de change

Une baie qui s'enfonce sur près de 28 kilomètres entre des falaises calcaires, des cités vénitiennes qui se reflètent dans une eau turquoise, et des additions qui restent nettement plus légères qu'en Croatie voisine. Bienvenue dans les Bouches de Kotor, au Monténégro.
Ce mouchoir de poche adriatique cumule les atouts sans en payer le prix fort. Ici, on règle en euros sans passer par un bureau de change, on dort dans des demeures baroques pour une fraction du tarif dalmate, et on remonte vers des sommets qui dépassent 1 700 mètres à moins d'une heure de la côte.
À retenir
- Une baie de 28 km de long enserrée entre des montagnes de plus de 1 700 mètres : que rivalise vraiment avec les plus beaux fjords du monde ?
- Kotor, Perast et leurs palais vénitiens cachent-ils autant de secrets que Dubrovnik ? Et pourquoi personne n'en parle ?
- Comment payer en euros sans être en zone euro change complètement l'équation budgétaire face à la Croatie
Une baie qui joue dans la cour des plus belles au monde
Les bouches de Kotor sont une baie ou une ria de la côte occidentale du Monténégro, débouchant sur la mer Adriatique et formée de quatre golfes que surplombent de hautes montagnes. Le résultat ressemble à s'y méprendre à un fjord scandinave égaré en Méditerranée.
Techniquement, ce n'est pourtant pas un fjord. Les Bouches de Kotor ne sont techniquement pas un fjord, qui se forme par érosion glaciaire, mais une ria, une vallée fluviale engloutie par la mer. Peu importe l'étiquette géologique : le spectacle, lui, est bien réel.
Cette baie s'étire sur environ 28 kilomètres et pénètre profondément dans les terres, enserrée par les massifs du Lovćen et du Orjen qui culminent à plus de 1 700 mètres. Une échelle qui écrase littéralement les criques croates les plus renommées.
Au fond de cette échancrure, Kotor concentre mille ans d'histoire maritime. Sa vieille ville fortifiée, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, est entourée de remparts qui grimpent jusqu'à la forteresse de San Giovanni, et son labyrinthe de ruelles pavées, ses palais vénitiens et ses cathédrales romanes en font l'une des villes médiévales les mieux conservées des Balkans.
Perast, Risan, Herceg Novi : le tour du propriétaire
Vingt kilomètres plus loin, Perast joue une autre partition. C'est une des plus belles villes baroques des Balkans, autrefois grand port vénitien, dont témoignent ses palais du XVIIe siècle aux façades élégantes qui se reflètent dans les eaux calmes du fjord.
Face au village, deux îlots forment la carte postale obligée de la région. Notre-Dame-du-Rocher est un îlot artificiel construit pierre par pierre par les marins locaux depuis 1452. Une folie collective qui dure depuis plus de cinq siècles.
La reconnaissance internationale ne date pas d'hier. La région historico-culturelle et naturelle de Kotor a été inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979. Presque un demi-siècle de statut protégé, et pourtant la baie reste largement moins fréquentée que ses cousines croates.
L'euro sans la zone euro : un détail qui change tout
Voilà le point qui surprend le plus les voyageurs français. Le Monténégro utilise de facto l'euro depuis 2002, mais ne fait officiellement pas partie de la zone euro.
Cette décision remonte à une période troublée. En raison de l'instabilité économique due aux guerres de Yougoslavie, le Monténégro avait choisi d'utiliser le Deutsche Mark à partir de novembre 1999, parallèlement au dinar, avant que la monnaie unique européenne ne prenne le relais quelques années plus tard.
Concrètement, cela signifie zéro conversion, zéro commission de change, et des prix directement lisibles pour un porte-monnaie français. La carte bancaire fait le reste. Elle reste le meilleur moyen de paiement dans la plupart des villes, les cartes Visa, MasterCard et Diner's Club étant acceptées par un grand nombre d'établissements.
Le pays a même franchi une étape supplémentaire côté virements bancaires. Le Monténégro est officiellement et opérationnellement devenu membre de l'espace unique de paiement en euros, ce qui permet aux citoyens et entreprises d'envoyer et recevoir de l'argent au sein de la zone SEPA plus rapidement, moins cher et plus sûrement.
Le match des prix face à la Croatie
C'est là que la comparaison devient parlante. Le Monténégro reste 20% à 30% moins cher que la Croatie sur l'hébergement et les restaurants, bien que l'écart se resserre.
Le contexte croate n'aide pas à combler cet écart. La Croatie est passée à l'euro en 2023 et a rejoint l'espace Schengen, avec pour conséquence des prix qui ont grimpé, Dubrovnik pratiquant des tarifs quasi parisiens en été.
Un exemple vaut tous les tableaux comparatifs. On peut manger un dîner de fruits de mer à 12 euros au Monténégro là où l'équivalent coûterait 25 euros de l'autre côté de la frontière. Même mer, même Adriatique, addition divisée par deux.
Sur un plan plus large, la différence se confirme. Le Monténégro séduit par son drame montagneux et son budget, entre baie de Kotor et parcs de Durmitor et Lovćen, avec des prix souvent 30 à 40% inférieurs à la Croatie.
L'arrière-pays, ou le Monténégro qui grimpe vers les nuages
La côte n'est qu'une moitié de l'histoire. À quelques heures de route, le décor change radicalement de registre. Durmitor est un massif calcaire saisissant du nord du Monténégro, où une cinquantaine de sommets dépassant 2 000 mètres dominent plateaux et alpages, et de nombreux lacs glaciaires, localement appelés « les yeux de la montagne », parsèment le paysage.
Le clou du spectacle se niche dans ce même massif. Durmitor est surtout connu pour les canyons spectaculaires des rivières Draga, Sušica, Komarnica et Tara, cette dernière se distinguant comme la gorge la plus profonde d'Europe.
Žabljak sert de camp de base à cette immersion montagnarde. Située à 1456 mètres d'altitude, elle détient le titre de ville la plus haute des Balkans. Un contraste total avec les ruelles maritimes de Kotor, à peine deux heures de route plus bas.
Le tout est inscrit au même titre que la baie côtière. Le parc national de Durmitor est un parc national du Monténégro depuis 1952 et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1980. Deux joyaux classés, une seule addition allégée : voilà ce qui distingue vraiment ce petit pays de ses voisins adriatiques les plus courus.
Sources : routard.com | nectardunet.com