Un séjour tout compris au bord de la mer, hôtel, repas et boissons inclus, pour moins de 300 euros par personne : ce n'est ni en Tunisie ni en Turquie qu'on trouve désormais ce genre de tarif, mais sur les rives de la mer Noire. La Bulgarie, longtemps absente des conversations estivales, vient de détrôner les habituées du voyage à petit prix. Et cet été, de plus en plus de vacanciers français, habitués depuis des années aux clubs de Djerba ou d'Antalya, changent de cap sans regret.
Tunisie, Turquie : quand les destinations stars ne font plus rêver les budgets serrés
Pendant des années, la formule était rodée. On réservait son all-inclusive à Hammamet ou à Bodrum, on connaissait les hôtels, parfois même les serveurs. Sauf que les prix ont grimpé, saison après saison, et que la Tunisie a perdu sa place de destination balnéaire la moins chère d'Europe et du bassin méditerranéen. Elle sort même du classement des séjours les plus abordables, ce qui aurait semblé impensable il y a encore peu. La Turquie suit la même pente, avec des tarifs hôteliers en hausse sensible. Pour les retraités et les familles qui surveillent leur budget, l'addition finale ne correspond plus à l'image de bon plan que ces pays traînaient depuis vingt ans. D'où cette question qui revient dans les agences : où partir sans se ruiner ?
La côte bulgare, ce littoral européen où l'on paie sa bière deux fois moins cher
La réponse tient en un nom que peu de Français ont en tête : la Côte du Soleil, sur le littoral bulgare de la mer Noire. Avec ses 378 kilomètres de côtes, ses longues plages de sable fin et son large choix d'hôtels tout compris, la région de Bourgas connaît un véritable engouement. Des séjours complets s'y négocient autour de 280 euros par personne, un niveau devenu introuvable ailleurs en Méditerranée. Sur place, le repas au restaurant, le café en terrasse ou la bière face à la mer coûtent souvent moitié moins cher qu'en Grèce ou en Espagne, pour des plages que beaucoup de visiteurs comparent volontiers à celles des Cyclades ou des Baléares. Les familles y trouvent des eaux calmes et peu profondes, les plus jeunes une vie nocturne animée du côté de Sunny Beach, et les amateurs de charme la vieille ville de Nessebar, classée au patrimoine mondial, avec ses maisons de bois et ses églises byzantines.
Vols courts, zone UE, plages dorées : ce qu'il faut retenir avant de réserver
L'autre argument qui fait mouche : la Bulgarie est membre de l'Union européenne. Une simple carte d'identité suffit, on paie en levs à un taux fixe face à l'euro, et les vols directs depuis Paris ou les grandes villes françaises vers Bourgas ou Varna durent environ trois heures totalement supprimés. Pas de longue file à la douane, pas de mauvaise surprise sur les frais bancaires. Quelques points à connaître tout de même : la haute saison s'étend de juin à septembre, les hôtels affichant des tarifs allant de 65 euros la nuit pour les établissements simples à bien plus pour les adresses en front de mer, avec une hausse attendue de 7 à 9 % cet été. Les voyageurs qui envisagent la route doivent aussi savoir que la vignette autoroutière bulgare augmente nettement à partir du mois d'août. Réserver tôt reste donc la meilleure façon de profiter des prix qui font la réputation naissante de cette côte.
La mer Noire n'a ni le prestige de la Riviera turque ni la notoriété des plages tunisiennes, et c'est peut-être là tout son intérêt. Des tarifs qui rappellent ceux d'il y a quinze ans, la simplicité d'un voyage en zone UE et un littoral qui n'a rien à envier à ses voisines : la Côte du Soleil coche des cases que les habitués du tout compris pensaient ne plus jamais retrouver. Combien de temps restera-t-elle ce secret encore abordable avant que les prix ne suivent, ici aussi, la courbe de sa popularité ?

