On paye tous ces 3 € supplémentaires par personne à Rome sans s’en rendre compte… les guides touristiques le rappellent : c’est une pure arnaque camouflée qu’il faut refuser

Oceane V2
Par Oceane B

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Le coperto et le servizio désignent deux choses différentes sur une note italienne, et cette confusion coûte cher à des millions de visiteurs chaque année. Le premier correspond au droit de s'installer à table, facturé qu'on ait touché au pain ou pas. Le second rémunère en théorie le service en salle. À Rome, ces deux lignes s'additionnent souvent sur l'addition, alors qu'une loi régionale interdit formellement l'une d'entre elles depuis près de vingt ans.

À retenir
  • La loi régionale 21/2006 (article 16) interdit formellement de facturer le coperto à Rome depuis 2007.
  • Certains restaurants contournent l'interdiction en renommant la charge « servizio » ou en facturant le pain séparément au même tarif.
  • Vérifier la carte avant de commander et invoquer la loi, voire la Guardia di Finanza (117), permet généralement de faire retirer cette charge illégale.

Ce petit supplément de deux ou trois euros par personne semble anodin. Multiplié par le nombre de repas pris pendant un séjour dans la capitale italienne, il finit par représenter une somme non négligeable, payée sans qu'aucun texte de loi ne l'autorise vraiment.

Le coperto à Rome, cette habitude qui coûte cher sans raison légale

Dans les trattorias du centre historique comme dans les restaurants proches du Vatican, la même ligne revient systématiquement en bas de note : coperto, parfois écrit pane e coperto. Le montant varie généralement entre 1,50 et 4 euros par personne. Rien n'empêche cependant un établissement bien placé, avec une terrasse donnant sur une place célèbre, de pousser ce tarif bien plus haut. Dans les zones les plus fréquentées par les touristes, certaines additions affichent jusqu'à 25 euros de coperto par tablée, faute de plafond fixé par la loi.

Les guides de voyage consacrés à Rome mentionnent presque tous cette pratique, souvent avec la même mise en garde : ce montant ne repose sur aucune base légale. Beaucoup de clients paient malgré tout, par habitude, par méconnaissance du droit italien ou simplement pour éviter une discussion en fin de repas. Le restaurateur, lui, sait que la grande majorité des touristes ne vérifiera jamais la légalité de cette ligne.

L'article 16 de la loi régionale 21/2006 : ce que dit vraiment le texte

Le Latium, région dont Rome est la capitale, a adopté en 2006 une loi régionale portant le numéro 21. Son article 16 est pourtant clair : il interdit explicitement de facturer un coperto. Le texte précise que l'application de coûts additionnels pour le service, le couvert, les boissons ou tout élément non compris dans une offre à prix fixe est purement et simplement interdite. La loi ajoute que le tarif complet, y compris toute composante liée au service, doit être communiqué au client avant même qu'il ne passe commande.

Depuis 2007, une disposition spécifique interdit donc de faire payer le pane e coperto dans la région de Rome. Sur le papier, la question semble réglée. Dans les faits, une partie des restaurateurs continue d'appliquer cette charge, en misant sur le fait que peu de clients connaissent ce texte.

Certains établissements ont trouvé une échappatoire simple : le pain devient un article à part sur la carte, facturé au même prix que l'ancien coperto. L'habillage change, le montant reste identique. D'autres préfèrent renommer la charge en servizio. Or cette ligne n'est pas illégale en soi, à condition d'être mentionnée clairement sur la carte avant la commande. Beaucoup d'établissements évitent justement de l'indiquer, ce qui rend son application tout aussi contestable que celle du coperto.

Repérer l'arnaque et faire valoir ses droits à table

Le premier réflexe consiste à demander la carte avant de s'installer, et à vérifier si une ligne de service ou de couvert y figure. Si aucune mention n'apparaît sur le support fourni au moment de la commande, aucune charge supplémentaire ne peut légalement être ajoutée en fin de repas. Cette vérification prend quelques secondes et évite bien des désagréments.

Si la ligne coperto apparaît malgré tout sur l'addition finale, il reste possible de la contester directement auprès du personnel. Certains restaurateurs reculent dès que le client mentionne la loi régionale 21/2006. D'autres se montrent plus insistants.

Dans ce cas, un dernier recours existe : la Guardia di Finanza, joignable au 117, qui traite justement ce type de litige commercial. Il n'est pas nécessaire d'aller jusqu'à l'appel : la simple mention de cette possibilité suffit souvent à faire retirer la charge contestée de l'addition.

Le coperto reste donc, en théorie, définitivement banni des additions romaines. Le servizio, lui, survit dans une zone grise que la loi n'a pas totalement fermée, à condition d'être annoncé sur la carte. Entre ces deux pratiques, la frontière est mince, et beaucoup de restaurateurs jouent sur cette ambiguïté pour continuer à percevoir un supplément que le texte de 2006 avait pourtant voulu supprimer.

Oceane V2

Grande voyageuse avant tout, j’ai posé ma valise dans de nombreux pays. C’est donc tout naturellement que je suis devenue rédactrice voyage, pour partager cette passion et raconter tout ce que je vis.

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