Après le bleu, Renaud Tixier clôt sa trilogie Organica avec deux interprétations plus profondes, en noir et en bordeaux. Limitées à sept exemplaires chacune, ces Monday Organica font du cadran un territoire où l’artisanat rencontre la mécanique. Sous le dessin végétal se dissimule une autre lecture, plus secrète : les contours de trois composants du calibre maison RVI2023.
En noir ou bordeaux, Renaud Tixier dévoile l’une des plus belles montres de la rentrée (et il n’y en a que 7 de chaque !)

Noir et bordeaux, le dernier chapitre d’un triptyque vivant
Née de l’association entre Dominique Renaud et Julien Tixier, la maison suisse envisage sa collection comme un ensemble de sept créations liées aux jours de la semaine. Avec la Monday Organica Noir et la Monday Organica Bordeaux, elle prolonge le geste inauguré par la version bleue, désormais entièrement acquise. Le principe demeure : un motif foisonnant, inspiré du vivant, qui reprend en réalité les lignes de trois éléments du calibre RVI2023.
Le noir évoque la racine, la structure invisible et la profondeur ; le bordeaux renvoie au fruit mûr, à la lie du vin et au temps long. Une double lecture assez rare, entre paysage végétal et architecture horlogère, qui donne à ces cadrans texturés une vraie présence. La limitation à sept exemplaires par couleur ne relève donc pas seulement de la rareté : elle fait écho à l’ambition de la marque, appelée à développer une pièce pour chaque jour de la semaine.
Le défi de l’émail grand feu et la mécanique comme source du décor
Réalisés avec les Ateliers Olivier Vaucher, les cadrans associent gravure et ciselage à l’émail grand feu. Le noir est le plus périlleux : sans décor gravé capable de détourner l’œil, la moindre bulle ou inclusion se révèle immédiatement. Il dialogue avec un boîtier de 40,8 mm en platine Pt950, aux flancs et entre-cornes gravés à la main, tandis que la version bordeaux adopte un boîtier en or rose 5N et un bracelet beige en veau. Les deux montres abritent le même mouvement automatique de 274 composants, doté d’une réserve de marche d’au moins 60 heures. Son micro-rotor en platine plaqué or, associé à un volant d’inertie en platine, constitue l’innovation centrale du modèle Monday. Ici, la technique ne reste pas cachée au dos de la montre : elle nourrit directement le langage visuel du cadran.
À l’heure de la rentrée et des Geneva Watch Days, ces deux déclinaisons ne se résument pas à un choix de teinte. La version noire joue la retenue minérale et mystérieuse ; la bordeaux privilégie une chaleur plus dense, presque gourmande. Toutes deux achèvent une trilogie cohérente, façonnée autour d’un même motif et d’une même mécanique.
Avec seulement sept pièces de chaque, Renaud Tixier rappelle qu’en haute horlogerie, la rareté la plus convaincante est souvent celle qui sert une idée, plutôt qu’un simple chiffre.


