Cette série française encensée sur Netflix divise pourtant les spectateurs dès les premiers épisodes

Le succès ne suffit pas toujours à faire l’unanimité. Depuis son arrivée sur Netflix au printemps, Bandi s’est imposée comme l’une des séries françaises les plus commentées, tout en provoquant un malaise chez une partie du public dès ses premiers épisodes.

Créée par Eric Rochant, connu pour Le Bureau des Légendes, avec Capucine Rochant, cette fiction en huit épisodes déplace le regard vers la Martinique, loin des cartes postales. Son récit, centré sur onze enfants soudain privés de leur mère, mêle solidarité familiale, précarité et trafic de drogue. Une proposition forte, portée par une vraie ambition d’immersion, mais dont la noirceur et certains choix d’écriture ne passent pas auprès de tous les spectateurs.

Par Lilian B

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Bandi sur Netflix : la série martiniquaise d'Eric Rochant qui ne laisse personne indifférent

Première série Netflix tournée en Martinique, Bandi fait le choix d'un ancrage local assumé. La famille Lafleur, composée de onze frères et sœurs âgés de 7 à 23 ans, doit tenir debout après la disparition brutale de leur mère, alors qu'un système social menaçant pèse sur leur avenir. L'idée est immédiatement dramatique, presque étouffante : préserver le foyer devient une lutte quotidienne. La série s'appuie sur un casting largement martiniquais, incluant des acteurs non professionnels, sur l'usage du créole et sur des décors naturels. Ce parti pris évite une vision touristique de l'île et cherche une présence plus rugueuse, plus incarnée. Sur AlloCiné, les avis sont globalement très favorables, avec une note spectateurs de 4 sur 5 et une presse à 3,9 sur 5. Beaucoup y voient une fiction française singulière, capable de conjuguer tension populaire et portrait familial.

Réalisme brut, rythme nerveux, trafic de drogue : pourquoi les premiers épisodes divisent autant

C'est précisément cette volonté de réalisme qui nourrit le débat. Les défenseurs de Bandi saluent une série prenante, rythmée et émotionnellement directe, portée par la justesse des jeunes interprètes, une bande-son immersive et une mise en scène qui ne ralentit jamais vraiment. La Martinique y apparaît comme un territoire vécu, traversé par des tensions sociales et familiales. Mais d'autres spectateurs regrettent des facilités de scénario ou jugent certaines situations peu crédibles. La violence du récit, la place du trafic de drogue et l'accumulation de difficultés autour des Lafleur ont aussi suscité des critiques plus profondes.

Certains reprochent à la série une représentation réductrice des Antilles, enfermée entre misère et criminalité. Un podcast critique a également interrogé la cohérence de la représentation caribéenne, ainsi que le traitement des femmes et des masculinités noires, perçu à travers un filtre colonial. Le clivage ne porte donc pas seulement sur le rythme ou le suspense, mais sur le regard posé par la fiction.

Bandi Netflix (1).1
Source: DR

Un succès mondial sans lendemain : pourquoi Bandi n'aura pas de saison 2

Le paradoxe est d'autant plus frappant que la série a trouvé son public bien au-delà de la France. Entre le 13 et le 19 avril 2026, Bandi a cumulé 5,2 millions de vues et plus de 40 millions d'heures de visionnage. Elle a même occupé la première place du Top 10 mondial des séries non anglophones sur Netflix durant cette période. Malgré ces résultats, la plateforme a décidé de ne pas commander de saison 2, une décision présentée comme le fruit d'une réflexion et non comme la conséquence de mauvaises audiences. Cette annulation ferme la porte aux spectateurs qui espéraient prolonger l'histoire des Lafleur. Elle confirme aussi la place particulière de Bandi : une œuvre populaire, remarquée, mais trop discutée pour devenir une série consensuelle.

Avec Bandi, Eric et Capucine Rochant auront au moins réussi à installer une fiction française là où on ne l'attendait pas. Son énergie, son casting et son ambition locale expliquent son retentissement ; ses zones de friction expliquent pourquoi elle continue de partager les avis. L'absence de suite laisse un goût d'inachevé, mais elle renforce aussi la curiosité autour des récits français capables de déplacer leurs décors et leurs points de vue.

Mes deux passions n'ont pas grand-chose en commun, mais tant pis, c'est ainsi : l'horlogerie d'un côté, les séries TV de l'autre. Je vous parle des deux ici, en essayant de rendre ces thématiques accessibles au plus grand nombre !

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