Eberhard & Co. ressort sa plongeuse de 1959 : le détail de l’aiguille des heures que personne n’ose copier

Depuis quelques années déjà, on ne compte plus les rééditions de montres vintage. Si bien que rares sont les maisons capables de puiser dans leurs propres archives sans donner l’impression de recopier le voisin. Eberhard & Co. fait pourtant partie de ce club restreint.

Avec la Scafograf 200 MCMLIX, dévoilée lors du salon Watches and Wonders à Genève, au printemps dernier, la manufacture suisse ressuscite l’esprit de sa toute première plongeuse et remet en lumière une signature graphique que personne d’autre ne porte : cette fameuse aiguille des heures à pointe triangulaire, née sous l’eau et jamais vraiment imitée depuis.

Par Lilian B

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1959, l'année où Eberhard & Co. a plongé avant tout le monde (ou presque)

Tout commence avec le Scafograf 100, lancé en 1959 : la première montre de plongée de la Maison, pensée pour affronter les profondeurs. L'anecdote a de quoi faire sourire : on raconte que Maurice Eberhard lui-même immergeait le prototype dans le lac de Neuchâtel, en compagnie de son petit-fils, pour tester la résistance de la montre en conditions réelles avant les essais officiels.

Cette approche artisanale et viscérale a littéralement forgé l'identité de la collection. C'est de ce modèle fondateur que la nouvelle venue tire son nom en chiffres romains, MCMLIX, et surtout ses codes visuels les plus reconnaissables.

Aiguille triangulaire et valve à hélium : l'anatomie d'une réédition qui ose le détail

Le détail qui fait toute la différence, c'est bien cette aiguille des heures à pointe triangulaire, héritée du modèle de 1959. Comme les index triangulaires placés à 3, 6, 9 et 12 heures, elle répondait à une exigence purement fonctionnelle : s'orienter d'un coup d'œil sous l'eau et offrir une surface généreuse au matériau luminescent.

Devenue signature de la lignée Scafograf, elle habille ici un boîtier en acier de 39 mm pour 12,3 mm d'épaisseur, un format compact face aux plongeuses actuelles et nettement plus discret que la Scafograf 300 MCMLIX de 43 mm. Ne vous fiez pas à cette allure citadine : avec son étanchéité de 200 mètres, sa couronne vissée protégée par deux gardes, sa lunette unidirectionnelle à insert céramique et sa valve à hélium automatique logée à 9 heures, la montre reste une plongeuse au sens strict, capable d'accompagner les séjours en environnement pressurisé. Le fond vissé, gravé d'une étoile de mer, scelle le clin d'œil aux origines.

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Source: DR

Ce qu'il faut retenir de la Scafograf 200 MCMLIX avant de craquer

La collection se décline en quatre versions : cadran noir ou bleu, chacun proposé en finition fumée dégradée ou en teinte unie cernée d'un chemin des minutes argenté à satinage circulaire. Côté poignet, trois options structurent l'offre et le budget, avec des prix compris entre 3180 CHF (bracelet en cuir hydrofuge au look vintage) et 4070 CHF (avec le nouveau bracelet en maille milanaise, une première sur un Scafograf, doté de la boucle déployante 2CLICK), soit entre 3500 et 4500 euros.

Ce dernier modèle mérite plus particulièrement le détour : la Maison proposait déjà ce type de maille avant 1914, et sa réinterprétation contemporaine, dense mais souple, colle parfaitement à l'esthétique néo-rétro qui séduit tant en ce moment.

En ressuscitant sa plongeuse de 1959 dans un format de 39 mm accessible dès 3 180 CHF, Eberhard & Co. prouve qu'un héritage bien exploité vaut mieux qu'un design opportuniste. Cette aiguille triangulaire, née d'une contrainte de lisibilité sous-marine, est devenue un marqueur identitaire que la concurrence laisse sagement de côté. Et si la vraie audace horlogère consistait justement à assumer ses singularités plutôt qu'à suivre le courant ?

Mes deux passions n'ont pas grand-chose en commun, mais tant pis, c'est ainsi : l'horlogerie d'un côté, les séries TV de l'autre. Je vous parle des deux ici, en essayant de rendre ces thématiques accessibles au plus grand nombre !

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