Louer sa maison de campagne entre amis n’exempte pas des formalités légales. La mairie exige une déclaration préalable, l’obtention d’un numéro SIRET et la collecte de la taxe de séjour. Ne pas vous déclarer expose à une amende pouvant atteindre 5 000 €.
J’ai loué ma maison de campagne pour les vacances de la Toussaint à une famille trouvée par le bouche-à-oreille : à la mairie, on m’a expliqué ce que j’aurais dû déclarer avant

- Tout meublé de tourisme doit être déclaré à la mairie avant la première location, indépendamment du canal de recherche des locataires.
- Le formulaire cerfa n°14004 se dépose auprès de la mairie de la commune du bien, avant la remise des clés.
- Un numéro SIRET est obligatoire pour louer légalement en meublé de tourisme.
- Si la commune l'a institué, la taxe de séjour se collecte auprès des vacanciers et se reverse à la mairie.
Le bouche-à-oreille ne dispense de rien
Louer sa maison de campagne pour la Toussaint à une famille croisée grâce au bouche-à-oreille ressemble à un arrangement entre gens de bonne compagnie. Au guichet de la mairie, la réponse est moins détendue : un meublé de tourisme se déclare avant la première location. La fiche F2043 de service-public.fr, consultée le 5 octobre, le rappelle noir sur blanc.
Aucune annonce en ligne n'est nécessaire pour être concerné.
La règle vise la nature de la location, pas le canal par lequel vous avez trouvé vos locataires. Une maison meublée, proposée à des vacanciers qui n'y élisent pas domicile, entre dans la catégorie, qu'elle passe par une plateforme, un voisin ou la cousine d'un cousin. Le propriétaire d'une maison de famille y pense rarement, parce que la maison « reste à la famille ». Le bouche-à-oreille donne simplement l'impression de rester hors circuit.
Ce que la mairie attend avant la remise des clés
La déclaration se dépose à la mairie de la commune où se situe le bien, avant de louer. Elle passe par le formulaire cerfa n°14004, que certaines communes permettent de remplir directement en ligne.
Certaines communes remettent un récépissé immédiatement après la télédéclaration. Tout changement dans les informations fournies appelle une nouvelle déclaration, ce qui vaut si vous modifiez la capacité d'accueil ou votre propre adresse de contact.
Le cadre est en train de bouger. La loi Le Meur prévoyait un téléservice national d'enregistrement pour le 20 mai 2026, mais il n'était pas en service à cette date et son ouverture est annoncée pour le 4e trimestre 2026. D'ici là, la déclaration se fait auprès de la mairie de la commune du logement. Un coup de téléphone au service concerné vous dira dans quel régime se trouve votre commune.
La taxe de séjour : vous la collectez, la mairie la reçoit
Si la commune a institué la taxe de séjour, le loueur doit la percevoir puis la reverser à la mairie. Elle se collecte par personne et par nuitée, avant le départ des vacanciers.
Le conseil municipal fixe par délibération la période d'imposition, la nature des hébergements et les tarifs. Les montants sont donc propres à chaque commune, et je ne m'aventurerai pas à vous en citer un. Les mineurs en sont en principe exonérés, ce que la mairie vous confirmera.
Dans la grille communale, le tarif dépend de la catégorie du logement.
Le SIRET et le décompte des nuitées
Louer en meublé de tourisme suppose aussi de disposer d'un numéro SIRET, rappelle la fiche de service-public.fr. C'est la dimension que les propriétaires oublient le plus volontiers, car on pense « maison » et pas « activité ». Pour la fiscalité des revenus, le service des impôts reste l'interlocuteur à consulter selon votre situation.
La mairie peut aussi réclamer le décompte des jours de location. Un simple carnet tenu dès la 1re nuit, avec les dates d'arrivée et de départ, vous évite de reconstituer l'année de mémoire.
Une maison de campagne relève généralement de la résidence secondaire. Le plafond de 120 jours dont on parle beaucoup concerne la résidence principale, ce qui ne vous dispense pas de déclarer pour autant.
5 000 € : ce que l'oubli peut coûter
Le plafond annoncé est de 5 000 €.
Service-public.fr indique qu'un meublé non déclaré expose à une amende pouvant aller jusqu'à 5 000 €. Un plafond n'est pas un tarif, et ce que la commune réclamerait dans votre cas précis ne figure pas dans la fiche. Certaines présentations citent d'ailleurs des montants plus bas pour une déclaration simple omise, jusqu'à 450 € dans l'une d'elles, d'où l'intérêt de demander à votre mairie quel régime s'applique chez vous.
Ne pas reverser la taxe de séjour dans les conditions fixées par le conseil municipal expose aussi à une sanction.
Régulariser avant la prochaine location
Si votre location de Toussaint est déjà conclue, la démarche reste simple : prenez rendez-vous ou appelez la mairie pour vous déclarer. Demandez dans le même temps si la taxe de séjour existe dans la commune et comment la reverser. Les vacanciers arrivent peut-être dans quelques semaines, autant que le dossier soit en ordre à ce moment-là.
Le numéro SIRET demande un peu plus de temps.
Prévoyez de ne pas improviser sur les tarifs. Si la taxe est due, elle se facture à part du loyer, et le plus clair est de prévenir la famille avant son arrivée. Une location entre connaissances n'en sera pas plus froide, elle sera simplement transparente. Gardez enfin une trace écrite de chaque échange avec la mairie.
Le formulaire cerfa n°14004 se télécharge sur service-public.fr. La fiche F2043 recense les obligations du loueur de meublé de tourisme, et elle sera à relire dès que le téléservice national ouvrira, au 4e trimestre 2026 selon les annonces actuelles.
Sources : mairie-viens.fr | droit-public.fr | entreprises.gouv.fr
