Un film de monstre cherche à vous faire sursauter, une série d'horreur à vous installer dans l'inquiétude : Below tente de faire les deux, et c'est ce qui la rend si curieuse. Sortie sur Netflix le 8 octobre, cette minisérie canadienne a pris la première place du Top 10 français. Elle y devance À l'est d'Éden et Percy Jackson, mais elle ne fait pas l'unanimité, loin de là. Certains y voient l'une des meilleures séries d'épouvante de l'année, d'autres un grand n'importe quoi assumé.
Pour qui découvre le streaming, le cas mérite qu'on s'y arrête : voici de quoi se faire une idée avant de lancer le premier épisode.
- Below (Sous la surface en VF), minisérie canadienne de six épisodes avec Josh Hartnett et Mackenzie Davis, est sortie sur Netflix le 8 octobre et a pris la première place du Top 10 français.
- L'intrigue suit, à Terre-Neuve, un village de pêcheurs terrorisé par une créature marine, avec 84 % d'avis positifs de la critique sur Rotten Tomatoes contre environ 59 à 62 % chez les spectateurs.
- Les critiques sont partagés, entre tension saluée par RogerEbert.com et série jugée « totalement ridicule » par le Guardian, d'où un conseil : la regarder comme un divertissement de monstre qui ne se prend pas au sérieux.
Below sur Netflix : un monstre, une famille et la première place du Top 10
L'histoire se passe à Terre-Neuve, dans un village de pêcheurs en difficulté. Calvin Penney, incarné par Josh Hartnett, y vit hanté par la mort de son père, survenue des décennies plus tôt. Quand une créature marine non identifiée commence à terroriser la communauté, il s'associe à une chercheuse en biologie marine, jouée par Mackenzie Davis. Ensemble, ils tentent d'affronter la bête et de déterrer les secrets de l'île. Autour d'eux gravite toute la famille Penney : Charlie Heaton, Ruby Stokes, Rohan Campbell et Willow Kean, rejoints par Natasha Henstridge au casting.
La série est signée Jesse McKeown, également showrunner. Elle tient en six épisodes de 37 à 47 minutes, mis en ligne d'un seul coup. Pour un public plus habitué aux feuilletons du soir qu'aux marathons sur canapé, c'est un format rassurant : on peut la terminer en un week-end sans se perdre dans dix saisons. Et ce succès se fait sans franchise connue, sans roman culte ni univers préexistant. Le mélange de monstre marin, de drame de famille et de menace écologique suffit à attirer.
Une série qui divise : plaisir grotesque assumé ou thriller trop caricatural ?
Du côté des critiques, le fossé est net. Sur Rotten Tomatoes, la série affichait 84 % d'avis positifs pour 38 chroniques, de quoi décrocher le label Certified Fresh. Les spectateurs, eux, se situaient plutôt autour de 59 à 62 %. Les critiques eux-mêmes ne s'accordent pas sur ce qu'ils ont vu. RogerEbert.com la compte parmi les meilleures séries d'horreur de l'année. Il salue une tension constante plutôt que des effets de surprise à répétition, une image soignée signée William Baldy et une scène de sous-marin exigu particulièrement claustrophobe. Le site la place ainsi à l'opposé de IT: Welcome to Derry, qui mise davantage sur les jump scares.
Le Guardian adopte un ton bien différent. Son critique y voit un invraisemblable concentré de monstres, de malédictions et de folklore, avec des accents terre-neuviens caricaturaux, une esthétique rétro, des plaids, des motos et une ambiance qui lorgne vers Les Dents de la mer. Il juge la série « totalement ridicule », mais s'amuse franchement. Il regrette aussi que le thème du réchauffement climatique soit à peine développé. Même son de cloche, en plus sévère, chez Ben Travers d'IndieWire, qui note la série C+ : on passe un moment correct si l'on arrive avec des attentes basses, mais il manque de scènes avec le calamar géant. Le Hollywood Reporter parle quant à lui d'« une bonne surprise de la saison d'Halloween », un film de monstre idiot qui fonctionne globalement.
Alors, faut-il la regarder ? Oui, à condition de savoir ce qu'on vient chercher. Si vous aimez le fantastique à l'ancienne, avec ses légendes locales et sa créature tapie dans l'ombre, la saison s'y prête bien. Si vous attendez un drame écologique sérieux et profond, vous risquez de rester sur votre faim. Prenez-la pour ce qu'elle est : un divertissement qui ne se prend pas trop au sérieux, et dont les six épisodes se laissent avaler sans effort.




