Et si la vraie force de Netflix n'était plus de produire, mais de recommander ? La question mérite d'être posée depuis l'arrivée surprise d'une série Disney+ dans le catalogue du géant au logo rouge. Fruit d'un accord de licence étendu entre les deux plateformes, le phénomène « Percy Jackson et les Olympiens » a débarqué sur Netflix pour une fenêtre de trois mois, le temps de permettre à de nouveaux spectateurs de rattraper leur retard avant la saison 3, attendue exclusivement sur Disney+ le 20 novembre. Un pari qui s'est avéré payant presque immédiatement.
- « Percy Jackson et les Olympiens » a rejoint Netflix le 6 octobre pour une fenêtre de trois mois, via un accord de licence non exclusif avec Disney+
- Dès le 7 octobre, la série s'est classée 4e en France et 2e mondialement sur Netflix, un jour seulement après sa mise en ligne
- La saison 3 reviendra en exclusivité sur Disney+ le 20 novembre, tandis que « Will Trent » suivra le même chemin vers Netflix le 3 novembre
Une arrivée remarquée sur Netflix dès le 6 octobre
Les deux premières saisons de l'adaptation des romans de Rick Riordan ont rejoint le catalogue Netflix le 6 octobre, sans pour autant quitter Disney+. C'est là toute la subtilité de cet accord de licence non exclusif : la série continue d'exister sur sa plateforme d'origine, mais profite désormais de la puissance de diffusion d'un service qui compte plus de 325 millions d'abonnés dans le monde, un peu plus du double de Disney+.
Un deal gagnant-gagnant qui rappelle, dans sa logique, l'arrivée récente de « The Walking Dead » dans le catalogue Netflix via un accord similaire avec AMC. On sent que les frontières entre plateformes, autrefois étanches, deviennent de plus en plus poreuses.
Un succès immédiat confirmé par le classement français
Le résultat n'a pas tardé. Dès le 7 octobre, soit vingt-quatre heures seulement après sa mise en ligne, « Percy Jackson et les Olympiens » s'installait déjà à la quatrième place du classement Netflix français des séries les plus visionnées. Une performance qui en dit long sur l'effet d'exposition que peut générer l'algorithme de recommandation de Netflix, capable de faire émerger un titre que Disney+ peinait à faire sortir de sa niche familiale. Au niveau mondial, la série grimpait même à la deuxième place, juste derrière « À l'est d'Éden ».
Ce basculement illustre une réalité que beaucoup d'amateurs de séries commencent à intégrer : une bonne histoire ne suffit plus, encore faut-il qu'elle soit portée par la bonne vitrine. Et sur ce terrain, Netflix reste le champion incontesté, un peu comme certaines émissions de téléréalité ou feuilletons qui ne décollent vraiment qu'une fois diffusés sur la chaîne la plus regardée.
Pour les spectateurs qui n'avaient jamais franchi le pas de Disney+, cette parenthèse de trois mois est une occasion en or de découvrir les aventures de ce jeune demi-dieu confronté aux mythes grecs revisités avec un ton résolument moderne. La série, portée par une direction d'acteurs juvénile mais soignée, séduit par son rythme enlevé et son écriture qui évite l'écueil du pur divertissement enfantin pour toucher un public plus large, familles comprises. Un pont intergénérationnel qui explique sans doute une partie de son succès express sur Netflix.
Cette fenêtre de visibilité restera toutefois temporaire. Passé les trois mois, la série regagnera l'exclusivité de Disney+ pour sa troisième saison, prévue le 20 novembre. En attendant, d'autres titres Disney devraient suivre le même chemin, à commencer par « Will Trent », dont les quatre premières saisons arriveront sur Netflix le 3 novembre. Un signe que cette stratégie de licence croisée pourrait bien devenir la nouvelle norme du paysage du streaming.


