Mi-octobre, j’ai rebranché le radiateur rangé à la cave tout l’été. Il est resté froid, et le vendeur m’a renvoyé vers la marque, comme si mon droit s’arrêtait là.
J’ai ressorti de la cave mon radiateur bain d’huile acheté onze mois plus tôt, il ne chauffait plus : au magasin, on m’a renvoyé vers le fabricant

- La garantie légale de conformité dure 2 ans à compter de la délivrance du bien
- C'est le vendeur professionnel, et non le fabricant, qui doit la mettre en œuvre
- Pour un bien neuf, tout défaut apparu dans les 24 mois est présumé exister dès l'achat
Onze mois après l'achat, le vendeur n'est pas le bon juge de votre garantie
Un vendeur qui vous répond « voyez avec le fabricant » onze mois après l'achat ne vous donne pas la bonne information. La garantie légale de conformité dure 2 ans à compter de la délivrance du bien, et c'est le vendeur professionnel qui doit la mettre en œuvre, pas la marque. Votre radiateur à bain d'huile, en panne à 11 mois, se trouve donc très largement dans le délai.
Il vous reste 13 mois de garantie légale.
Le scénario est classique avec un chauffage d'appoint. On l'achète neuf à l'automne, on le fait tourner quelques semaines, puis on le range à la cave pour tout l'été. Mi-octobre, on le rebranche et il reste froid, tandis que le vendeur invoque la fin de la garantie d'un an. On est alors tenté de conclure que l'argent est perdu, que l'appareil de saison a rendu l'âme juste après la date fatidique, et qu'il faut en racheter un.
Deux garanties qui ne s'annulent pas
Le malentendu vient de la coexistence de deux protections. La garantie commerciale, ici d'un an, est celle que le fabricant offre de son côté. La garantie légale, elle, s'impose à tout vendeur professionnel. Les deux se cumulent, et la fin de la première ne supprime en rien la seconde.
Vous vous demandez peut-être pourquoi un vendeur vous renverrait vers la marque pour un sujet qui lui incombe. La confusion est facile : selon service-public.fr, la mention « garanti 2 ans » sur un produit renvoie à la garantie légale, et non à une option commerciale.
Les règles figurent aux articles L217-1 à L217-20 du Code de la consommation. La fiche « Achat d'un produit : garantie légale de conformité » de service-public.fr, vérifiée le 17 août 2026, les résume sans détour. Imprimée, elle fait un aide-mémoire utile au comptoir. Quant au décompte, il est simple : 24 mois à partir de la remise de l'appareil.
Rien à prouver, ou presque
Un radiateur qui ne chauffe pas est un cas d'école. Un produit doit répondre à l'usage attendu et à la description faite par le vendeur, et celui-ci ne fait qu'une chose.
Pour un bien neuf, tout défaut apparu dans les 24 mois est présumé exister dès l'achat. Vous n'avez donc rien à démontrer, ni la cause de la panne, ni le moment exact où elle s'est produite. Si le magasin conteste, c'est à lui d'apporter la preuve contraire.
Pas besoin d'ouvrir l'appareil ni de chercher l'origine du mal.
Reste le ticket de caisse, au fond d'un tiroir. Retrouvez-le, car il fixe la date de délivrance, donc le point de départ des 24 mois. S'il a disparu, une trace de paiement, par exemple un relevé bancaire, pourrait aider à dater l'achat. Mieux vaut fouiller le tiroir avant de retourner au magasin plutôt qu'après.
Réparation ou remplacement : c'est vous qui choisissez
Face au vendeur, vous avez le choix entre faire réparer l'appareil et le faire remplacer. Cette décision revient à l'acheteur.
L'opération doit intervenir dans les 30 jours suivant votre demande, et elle ne doit vous coûter aucun frais. Trente jours, c'est long quand la température chute : déposez votre demande en octobre, pas en décembre. Pour un appareil utilisé quelques semaines par an, beaucoup préféreront le remplacement, mais ce n'est qu'un avis, le choix vous appartient.
Présentez votre demande par écrit, par courriel ou par courrier, en indiquant clairement votre choix. Cela permettrait de dater le départ des 30 jours sans discussion possible.
Au comptoir, restez factuel. Annoncez la date d'achat, le défaut constaté, puis votre préférence entre réparation et remplacement. Nommer la garantie légale de conformité recentre la conversation sur le vendeur, qui en est le débiteur. Et montrez le ticket si vous l'avez retrouvé.
Si le magasin campe sur sa position
En cas de refus, le parcours est balisé. Vous pouvez d'abord signaler la situation sur SignalConso. La médiation ou la conciliation viennent ensuite.
Le tribunal n'intervient qu'en dernier, si tout le reste échoue.
Le vendeur pourra vous suggérer d'écrire à la marque. Rien ne vous interdit de le faire en parallèle, mais votre demande au magasin repose sur la garantie légale, qui ne dépend pas de la bonne volonté du fabricant. Notez chaque échange : nom de l'interlocuteur, date, réponse donnée. Ces éléments vous serviraient à constituer un dossier si la médiation devenait nécessaire.
Le réflexe à prendre avant de ranger le prochain appareil de saison
Photographiez le ticket de caisse le jour de l'achat et glissez l'original dans le carton de l'appareil. Une photo dans le téléphone, un papier dans la boîte : le justificatif voyagera ainsi avec le radiateur, de la cave à la prise de courant.
Testez l'appareil en septembre, quelques minutes, avant les premiers froids. Une panne repérée à ce moment-là laisse aux 30 jours de la procédure le temps de s'écouler avant l'hiver.
Dernière nuance : la garantie court à partir de la délivrance du bien, pas de sa première utilisation. Un radiateur resté plusieurs mois dans son carton avant son premier usage a donc déjà entamé son décompte de 24 mois.
Sources : justice.fr | captaincontrat.com
