Cinq appareils éteints mais branchés consomment autant qu’un radiateur allumé : la multiprise derrière la télé en dit plus que votre compteur

Vos appareils éteints mais branchés consomment autant qu’un radiateur allumé 24h/24. La consommation fantôme représente jusqu’à 10% de votre facture annuelle d’électricité. Une simple multiprise à interrupteur peut vous économiser 80€ par an.

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Par L'équipe JDS

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Posez la main sur la multiprise derrière votre télé. Si elle est tiède au toucher, vous venez de trouver l'endroit où votre argent part en silence, nuit après nuit.

Ce n'est pas une métaphore. Un foyer moderne peut compter jusqu'à une trentaine d'appareils branchés en permanence. Dans le salon seul, la configuration classique regroupe la télévision, la box internet, le décodeur TV, une console de jeu et peut-être une barre de son. Cinq appareils, apparemment éteints. En réalité, aucun ne l'est vraiment. On pourrait penser qu'éteindre complètement un ordinateur ou un téléviseur suffit à supprimer toute consommation résiduelle. En réalité, certains appareils continuent de consommer une petite quantité d'électricité tant qu'ils restent branchés. C'est la veille. Et la veille, ça se facture.

À retenir

  • Votre box internet consomme 90% de son énergie totale alors qu'on ne l'utilise pas
  • La moitié de votre facture TV est payée pour ne pas regarder l'écran
  • Une multiprise de 5€ est rentabilisée en moins d'une semaine

Ce que votre compteur ne vous dit pas

Les appareils en veille consomment environ 500 kWh par an, soit 97 euros, plus que l'éclairage, le four ou le lave-linge. C'est le troisième poste de consommation après le chauffage et l'eau chaude. Le chiffre surprend toujours. On pense spontanément que le gros poste, c'est la cuisine ou le chauffage. La veille électronique, non. Pourtant, selon Enedis, cette pratique représente entre 5 % et 10 % de la consommation annuelle d'électricité d'un ménage.

La multiprise derrière la télé cristallise à elle seule le problème. Le coin multimédia dans son ensemble, TV, box internet, console de jeux, décodeur et chargeurs, atteint 250 à 450 kWh par an, soit 49 à 87 euros au tarif réglementé. Les veilles cumulées de ces appareils représentent 30 à 50 % de ce coût. la moitié de ce que vous payez pour regarder la télé, vous la payez pour ne pas la regarder.

La box internet mérite un paragraphe à part entière. Elle consomme en moyenne 9,1 watts en veille, soit 90 % de son énergie totale, que vous l'utilisiez ou non. L'Arcep, dans sa dernière enquête annuelle "Pour un numérique soutenable", a passé au crible 36 modèles de box, 21 décodeurs TV et 12 répéteurs Wi-Fi et le constat est sans appel. 90 % de l'énergie consommée par une box l'est lorsque personne ne s'en sert. Cette consommation fantôme représente en moyenne 9,1 watts par équipement, transformant insidieusement nos foyers en radiateurs électriques fonctionnant vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L'image du radiateur n'est donc pas exagérée : c'est exactement ce qui se passe sous le meuble TV.

Le décodeur TV n'est pas en reste. En mode veille, cette fausse extinction où l'écran s'éteint sans que l'appareil ne s'arrête réellement — il consomme en moyenne 4,1 watts. Mais les disparités atteignent des proportions vertigineuses : de 0,2 watt pour le modèle le plus sobre à 15,4 watts pour le plus énergivore, soit un facteur de 80. Un facteur de 80. Si vous avez un décodeur acheté avant 2015, c'est lui le principal coupable. Les décodeurs les plus énergivores sont les plus anciens, avec 7,4 watts en moyenne et jusqu'à 15,4 watts. Ceux de dernière génération, commercialisés à partir de 2020, consomment trois fois moins d'électricité, soit 2,5 watts.

80 à 150 euros par an pour des petites lumières qui clignotent

Ramenons tout cela à la facture annuelle. Selon Enedis, un foyer moyen peut perdre jusqu'à 180 euros par an à cause de la consommation en veille. Pour le seul bloc multimédia du salon, la box, le décodeur et la télévision en veille peuvent représenter jusqu'à 70 euros de surcoût électrique annuel par foyer. Ajoutez le répéteur Wi-Fi que vous avez oublié dans le couloir, il ajoute en moyenne 5,6 watts à la facture en continu, et la console de jeu en mode téléchargement automatique, et vous dépassez allègrement les 80 euros rien que pour la pièce à vivre.

Ce qui rend cette dépense particulièrement difficile à percevoir, c'est son invisibilité. Le piège de la veille réside dans son invisibilité. Personne ne voit l'électricité circuler, et les factures mensuelles ne détaillent pas la provenance de chaque kilowattheure. Le compteur Linky affiche un total, pas une ventilation. Et c'est précisément pourquoi la multiprise est un meilleur indicateur que le compteur : si elle est tiède, des watts circulent. Si elle est froide, il n'y a rien à payer.

Un wattmètre, ce petit boîtier qu'on glisse entre la prise et l'appareil, disponible autour de 20 euros en grande surface — change complètement la perception. Il permet de faire un audit précis de vos consommations en veille pour un coût modéré. Ensuite, en fonction des résultats, vous saurez où il est pertinent d'éliminer les veilles. Le choc, souvent, vient du décodeur ou de la vieille platine Hi-Fi qu'on n'a pas touchée depuis six mois mais qu'on n'a jamais débranchée non plus.

La multiprise à interrupteur : cinq euros, retour sur investissement en une semaine

Le geste le plus rentable du foyer est probablement celui-là. Une multiprise à interrupteur coûte environ 5 euros. En éteignant chaque soir la box, le décodeur et la console, soit environ 20 watts pendant 8 heures par nuit plus les absences, vous économisez 14 à 25 euros par an. L'investissement est rentabilisé en moins d'une semaine. Pour un usage plus intensif, foyer qui part en vacances, absences régulières, pour un foyer avec TV, box et console, cela représente une économie de 30 à 100 kWh par an selon l'âge des appareils.

Pour la box spécifiquement, une alternative existe sans même acheter quoi que ce soit. Free, Bouygues et Orange proposent désormais des modes veille profonde et une programmation horaire du Wi-Fi. Couper ce dernier la nuit réduit la consommation de près de 19 %, selon les mesures de l'Arcep. Ces options se trouvent dans les paramètres avancés de l'interface d'administration de votre box, accessible depuis n'importe quel navigateur. Quelques minutes de réglage une fois pour toutes.

Une précaution, tout de même, signalée par plusieurs spécialistes : ne débranchez pas le lave-linge ni le lave-vaisselle, dont la veille détecte les fuites d'eau. Le salon, le bureau, la chambre sont en revanche des zones à cibler en priorité. Dans le salon, regroupez téléviseur, console et décodeur sur une multiprise unique. Une famille témoigne avoir réduit sa consommation de 18 % simplement en éteignant ce bloc pendant la nuit.

L'Europe a fini par légiférer sur le sujet. Le règlement européen 2023/826, entré en vigueur en mai 2025, plafonne désormais la veille réseau des équipements à 8 watts, seuil qui sera abaissé à 7 watts en mai 2027. La Commission européenne estime que ces nouvelles règles permettront d'économiser 32,5 TWh par an d'ici 2030 et d'éviter 4,6 millions de tonnes de CO₂. Bonne nouvelle pour les prochains achats. Pour le parc existant, en attendant le renouvellement naturel des équipements, c'est la multiprise à interrupteur qui reste, concrètement, la solution la plus efficace et la plus immédiate. Un clic le soir, moins 80 euros par an sur la facture. Difficile de trouver meilleur taux de rendement.

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