Il a taillé lui-même les branches du voisin qui débordaient depuis des années : quand celui-ci a réclamé, il a compris son erreur

Un propriétaire excédé par les branches envahissantes de son voisin décide de les tailler lui-même. Grosse erreur : cette action constitue une infraction au droit de propriété. Découvrez ce que dit vraiment la loi et comment agir légalement.

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Par L'équipe JDS

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Un jardin bien entretenu, une clôture nette, et pourtant : ce sont les branches du voisin qui débordent chez lui depuis des années. Excédé, il finit par sortir la scie et coupe lui-même ce qui dépasse.

Mauvaise pioche. Ce geste, apparemment logique, constitue en réalité une infraction au droit de propriété. Le code civil est formel sur ce point précis, et beaucoup de propriétaires l'ignorent encore en 2026.

À retenir

  • Tailler soi-même les branches du voisin peut vous coûter cher en dommages et intérêts
  • Seul le propriétaire de l'arbre a le droit de le modifier, vous pouvez seulement le contraindre légalement
  • Une exception existe : vous pouvez couper racines et ronces à la limite de votre propriété

Ce que dit vraiment l'article 673 du code civil

Le texte est limpide, presque sec dans sa formulation. Celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres, arbustes et arbrisseaux du voisin peut contraindre celui-ci à les couper.

Contraindre, pas couper soi-même. La nuance change tout, et elle a fait l'objet de nombreuses décisions de justice ces dernières années.

Comme le résume un avocat spécialisé sur le sujet, celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres, arbustes et arbrisseaux du voisin peut contraindre celui-ci à les couper, sans jamais pouvoir agir lui-même sur l'arbre d'autrui.

Pourquoi tailler soi-même est une erreur juridique

Le propriétaire qui subit l'empiètement pense souvent être dans son droit : c'est son terrain, sa vue, son ensoleillement. Mais l'arbre appartient au voisin, et lui seul peut y toucher.

Un site spécialisé dans le droit de voisinage le rappelle sans détour : Erreur ! Le propriétaire de l'arbre reste responsable de l'entretien de ses plantations et des éventuels dommages que celles-ci pourraient causer. Il faut encore une fois regarder le Code civil : l'article 673 indique que vous pouvez contraindre le voisin à couper ses branches, et non que vous pouvez agir à sa place.

Ce n'est pas qu'une question de forme. Couper des branches qui ne vous appartiennent pas peut être qualifié de dégradation, avec des conséquences bien réelles : dommages et intérêts, remise en état, voire poursuites si l'arbre en souffre durablement.

Racines, ronces et brindilles : la vraie exception

Tout n'est pas interdit pour autant. La loi distingue nettement ce qui pousse en hauteur et ce qui rampe au sol.

Le texte de loi précise : si ce sont les racines, ronces ou brindilles qui avancent sur son héritage, il a le droit de les couper lui-même à la limite de la ligne séparative.

Concrètement, une racine de peuplier qui soulève votre terrasse ? Vous pouvez la sectionner sans demander l'autorisation. Une branche de cerisier qui surplombe votre potager ? Là, il faut passer par le voisin.

Un droit qui ne s'use jamais, même après trente ans

Beaucoup pensent qu'une situation tolérée pendant des années finit par devenir un droit acquis pour celui qui a laissé faire. C'est faux, et le code civil le précise noir sur blanc.

Toujours selon le texte légal : le droit de couper les racines, ronces et brindilles ou de faire couper les branches des arbres, arbustes ou arbrisseaux est imprescriptible.

même si les branches débordent depuis vingt, trente ou quarante ans sans que personne ne se soit plaint, le voisin gêné peut réclamer la coupe à tout moment. Le temps qui passe n'efface rien ici.

Que faire concrètement en cas de blocage

La méthode la plus efficace reste la plus simple : en parler d'abord, calmement, avant de dégainer le moindre document. Beaucoup de conflits de voisinage se résolvent autour d'un café plutôt que d'un tribunal.

Si le dialogue échoue, place à l'écrit. Une lettre recommandée avec accusé de réception permet de formaliser la demande et de garder une trace en cas de litige prolongé.

En dernier recours, le conciliateur de justice ou le tribunal peuvent trancher. Un site spécialisé en droit du voisinage précise que l'envoi d'une lettre recommandée avec accusé de réception exposant votre demande précède généralement le recours au conciliateur de justice si le voisin ne réagit pas ou refuse catégoriquement.

Un détail qui change tout : les fruits tombés

Un dernier point surprend souvent les propriétaires concernés. Que deviennent les fruits d'un arbre voisin qui tombent naturellement de votre côté de la clôture ?

La réponse est dans le même article : les fruits tombés naturellement de ces branches lui appartiennent. Une cerise, une pomme, une prune qui chute toute seule chez vous devient légalement votre bien.

Mais attention à la nuance : il faut que le fruit soit tombé de lui-même. Le cueillir directement sur la branche qui déborde, ou secouer volontairement l'arbre pour le faire tomber, reste interdit et s'apparente à un vol, aussi savoureux soit le fruit convoité.

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