J’ai mis de côté pendant vingt ans toutes les pièces de 2 € qui n’avaient pas la même face que les autres : chez le numismate, il n’en a gardé qu’une

Vous avez accumulé des pièces de 2 € différentes pendant des années ? La majorité ne vaut que 2 €. La rareté d’une pièce ne se juge pas à son apparence, mais à son tirage. Seules les émissions à moins de 100 000 exemplaires intéressent vraiment les numismates.

Cropped Favicon Journal Des Seniors Logo.png
Par L'équipe JDS

Vous aimez notre contenu ?

Ajoutez-nous à vos
favoris Google

À retenir
  • Les pièces de 2 € commémoratives ont cours légal et valent 2 € malgré leur design unique
  • Le tirage détermine la valeur : 20 à 24 millions d'exemplaires pour les françaises courantes, moins de 100 000 pour les raretés
  • L'état de conservation prime : seules les pièces en « fleur de coin » sans usure intéressent les collectionneurs
  • Le pays émetteur oriente le diagnostic : les micro-États produisent des séries bien moins importantes que la France

Un bocal, vingt ans, une seule pièce retenue

Le scénario est devenu classique : un bocal de pièces de 2 € à « autre face », rempli pendant vingt ans, posé sur le comptoir d'un numismate. Celui-ci trie vite et ne garde qu'une pièce de côté. Le reste, il le pousse du doigt vers son propriétaire.

Ce tri en dit long sur ce qu'on croit détenir.

Depuis la création de l'euro, les 2 € qui ne ressemblent pas aux autres se sont multipliées dans les porte-monnaie. On les repère, on les glisse dans un tiroir, on se dit qu'un jour elles vaudront davantage que leur valeur faciale. Ce raisonnement est séduisant. Il est aussi, dans la grande majorité des cas, à côté de la plaque.

Pourquoi vos 2 € ne se ressemblent pas

Chaque pays de la zone euro peut émettre jusqu'à deux pièces de 2 € commémoratives par an. Elles gardent la même face commune que toutes les 2 € ; seule la face nationale change, et c'est elle qui attire l'œil.

Ces pièces ont le même cours légal qu'une 2 € courante, comme le rappelle la Monnaie de Paris. Vous pouvez donc régler votre baguette avec, la déposer à la banque ou la rendre à un commerçant sans qu'il y trouve à redire. Sa valeur faciale reste de 2 €, qu'elle célèbre un anniversaire, un monument ou une compétition sportive.

Ce qui varie, c'est l'intérêt que lui porte un collectionneur. Selon Wikipédia, la rareté fait la différence entre une pièce banale et une pièce prisée.

Le tirage, premier juge de paix

Le chiffre à regarder en premier, c'est le nombre d'exemplaires frappés. Pour la France, les émissions récentes destinées à la circulation sont tirées à 20 ou 24 millions d'exemplaires : 24 millions pour les JO 2024, 20 millions pour Notre-Dame en 2025, 20 millions pour la Marine nationale en 2026.

Avec de tels volumes, la pièce s'est retrouvée dans des millions de mains.

À l'autre bout de l'échelle, certaines émissions, surtout celles des micro-États, sont tirées à 100 000 exemplaires ou moins. Le contraste est de un à plusieurs centaines. C'est dans cette zone, et presque uniquement là, que le numismate commence à lever un sourcil.

Pays émetteur et état : les deux autres indices

Retournez la pièce et lisez le nom du pays émetteur sur la face nationale. Une 2 € française tirée à 20 millions n'a pas le même destin qu'une pièce d'un petit État dont la frappe se compte en dizaines de milliers. Le pays ne fait pas tout, mais il oriente déjà le diagnostic.

Vient ensuite l'état de conservation. Les collectionneurs parlent de « fleur de coin » pour une pièce qui n'a jamais circulé et dont la frappe est restée intacte, sans rayure ni usure. Une pièce qui a passé des années au fond de poches et de caisses enregistreuses n'entre pas dans cette catégorie. Or c'est le cas de la plupart de celles qui dorment dans les bocaux.

Le coffret, enfin, change la donne : les pièces vendues sous présentation officielle, en capsule ou en blister, arrivent en état neuf et le restent.

Ce que regarde le numismate

Son œil balaie quatre points, presque toujours dans le même ordre : le pays, l'année, le tirage, l'état. Il n'a pas besoin de loupe pour écarter la plupart des pièces d'un bocal. Il en a besoin pour la dernière.

Vous pouvez faire ce premier tri chez vous. Posez les pièces sur la table, regroupez-les par pays, puis cherchez le tirage de chacune, que la Monnaie de Paris publie pour les françaises. Ce travail prend une soirée.

Une pièce française frappée à 20 ou 24 millions d'exemplaires, abîmée par les années de poche, ne passera pas ce filtre.

Je ne vous donnerai aucune cote : celles qui circulent sur Internet varient d'un site à l'autre, et un chiffre non vérifié ne vous rendrait pas service. Si l'une de vos pièces semble sortir du lot, c'est au numismate d'en estimer la valeur.

Le reste du bocal reprend sa vie normale

Voici la chute, sans détour : presque toutes ces pièces valent 2 €.

Les autres se dépensent ou se déposent normalement. Rien ne vous oblige à les garder, et la banque les comptera au même titre que n'importe quelle pièce de 2 €. Une somme patiemment accumulée pendant vingt ans n'est pas perdue pour autant : elle redevient de la monnaie, ce qui n'a rien de honteux.

Le plus utile à retenir tient en peu de mots : une pièce ne devient pas précieuse parce qu'elle est différente. Elle l'est, éventuellement, parce qu'elle est rare, et la rareté se vérifie dans un tirage, jamais à l'œil nu.

Avant de remplir un nouveau bocal

Chaque année apporte son lot de nouvelles émissions, puisque chaque pays peut en frapper deux. Les françaises tirées à 20 ou 24 millions d'exemplaires continueront d'être courantes. Les petites séries de micro-États, elles, se jouent à 100 000 exemplaires ou moins.

Si l'envie de collectionner vous démange, regardez le tirage avant d'acheter ou de mettre de côté, et privilégiez les pièces conservées dans leur coffret. Une pièce tirée à 20 millions d'exemplaires dans votre poche reste une pièce de 2 €. Elle peut aussi vous rappeler une année, ce qui, pour un bocal, est déjà une belle valeur.

Cropped Favicon Journal Des Seniors Logo.png

Toute l'équipe de rédaction Journal des Seniors vous guide à travers ce sujet qui nous concerne tous : la retraite. Comment l'anticiper, la préparer, et comprendre tous les rouages et informations pratiques pour une retraite paisible.

Aucun commentaire à «J’ai mis de côté pendant vingt ans toutes les pièces de 2 € qui n’avaient pas la même face que les autres : chez le numismate, il n’en a gardé qu’une»

Laisser un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés
* Champs obligatoires