J’avais noté l’index à la main, chiffre par chiffre, avant de relancer la chaudière. Quelques jours plus tard, la facture affichait autre chose, et rien ne se laissait recalculer.
J’ai relevé l’index de mon compteur de gaz avant de rallumer le chauffage : quand j’ai ouvert ma facture, aucun des chiffres ne correspondait

Vous avez relevé l'index du compteur avant de rallumer la chaudière, puis la facture est arrivée avec des chiffres qui ne ressemblent en rien à votre relevé. Ce n'est pas forcément une erreur : c'est d'abord un changement d'unité que personne ne prend la peine de vous expliquer. Le compteur compte en mètres cubes, la facture additionne des kilowattheures, et un coefficient de conversion s'intercale entre les deux.
Le compteur, lui, ne connaît que le mètre cube.
- Seuls les chiffres noirs avant la virgule du compteur comptent pour la facturation.
- Le volume en m³ est multiplié par un coefficient pour obtenir des kWh.
- Ce coefficient varie selon la commune et la période, entre 9 et 12,5 kWh/m³.
- Une facture doit indiquer les index, les kWh facturés et le coefficient appliqué.
Ce que votre compteur affiche vraiment
Selon GRDF, l'index de consommation s'exprime en mètres cubes, et seuls les chiffres affichés sur fond noir doivent être pris en compte. Ceux qui apparaissent en rouge, ou après la virgule, ne se relèvent pas. Un compteur qui indique 01234,567 m³ correspond donc à un index de 1234, c'est l'exemple que donne le gestionnaire du réseau.
Sur un compteur communicant Gazpar, l'index s'affiche directement à l'écran et la même règle de lecture s'applique : seuls les chiffres avant la virgule comptent. La transmission devient automatique dès que le compteur est synchronisé, ce qui n'empêche personne de vérifier le chiffre à l'œil nu avant la reprise du chauffage.
Si vous avez noté chaque chiffre du cadran, rouges compris, votre relevé personnel traîne des décimales que la facturation ignore. Ce décalage suffit à rendre toute comparaison impossible dès la première ligne. Reprenez votre note ou votre photo du compteur et ne gardez que les chiffres entiers sur fond noir avant de chercher plus loin.
La multiplication qui change tout
L'énergie en kWh s'obtient en multipliant le volume en m³ par le coefficient de conversion, exprimé en kWh par m³. GRDF illustre la règle avec un cas simple : 100 m³ relevés avec un coefficient de 11,2 donnent 1 120 kWh.
Dans cet exemple, trois chiffres au compteur deviennent quatre sur la facture.
Ce coefficient n'a rien d'universel. D'après GRDF, il varie selon la commune, la composition du gaz distribué, l'altitude et les conditions d'acheminement, et se situe généralement entre 9 et 12,5 kWh/m³. Les zones alimentées en gaz B, dans le nord du pays, se trouvent plutôt en bas de cette échelle, alors que la plupart des autres communes reçoivent du gaz H, plus riche en énergie.
Le coefficient appliqué à votre facture est une moyenne. GRDF le calcule à partir des valeurs déterminées jour après jour entre le relevé précédent et le relevé en cours, ce qui explique qu'il bouge d'une période à l'autre. Vous le trouverez sur le document de facturation, souvent au verso, et un outil en ligne de GRDF le donne également à partir du code postal de la commune. Se contenter du 11,2 de l'exemple, c'est donc s'exposer à un résultat qui ne tombe jamais tout à fait juste.
Index de départ, index d'arrivée : la soustraction de la facture
La consommation facturée correspond à l'index de fin moins l'index de début de la période. Chacun de ces deux index peut être relevé, transmis par le client, ou simplement estimé.
Cette nuance explique bien des écarts. Si votre facture s'appuie sur un index estimé, il ne ressemblera pas forcément à celui que vous avez lu sur le cadran, même à quelques semaines d'intervalle. Le document doit d'ailleurs préciser si la consommation facturée est estimée, réelle ou transmise par le client, selon l'arrêté du 18 avril 2012 relatif aux factures de gaz et d'électricité.
Prenons un exemple fictif, pour la clarté du calcul : index de début à 4 000 m³, index de fin à 4 100 m³. La différence donne 100 m³. Multipliés par un coefficient de 11,2, ils font 1 120 kWh, soit le résultat de l'exemple officiel de GRDF. Avec le coefficient imprimé sur votre propre facture, le même calcul devrait vous donner le nombre de kWh facturés, à peu de chose près.
Ce que la facture est tenue d'afficher
La fiche pratique de la DGCCRF sur les contrats de gaz et d'électricité précise qu'une facture doit présenter les anciens et les nouveaux index, ainsi que le nombre de kWh ou de m³ facturés. Pour le gaz, le coefficient de conversion appliqué fait aussi partie des mentions attendues.
Deux index et un coefficient : trois lignes à repérer en priorité.
Si l'une d'elles manque ou reste illisible, vous avez une raison légitime de demander des précisions à votre fournisseur. Un volume en m³ sans coefficient ne permet pas de refaire le calcul chez soi, et un kWh sans index de départ ne se vérifie pas davantage. Mieux vaudrait le signaler par écrit, avec la copie de votre relevé en pièce jointe.
Si l'écart persiste malgré le calcul
Il reste possible de transmettre votre propre index, via l'espace client de GRDF ou par téléphone, pour que la facture suivante s'appuie sur un chiffre réel plutôt que sur une estimation. Munissez-vous alors du numéro de point de comptage et d'estimation (PCE) indiqué sur votre facture, ainsi que des chiffres noirs de votre cadran.
La méthode tient en quatre gestes : relire l'index sur fond noir, retrouver l'ancien index sur la facture précédente, repérer si les index sont relevés ou estimés, puis refaire la multiplication avec le coefficient du document. Si un écart subsiste après ces vérifications, il ne vient plus d'un simple changement d'unité. Une réclamation auprès du fournisseur se justifie alors, chiffres à l'appui. Gardez la photo datée de votre compteur : elle documente ce que vous avez lu ce jour-là.
Un dernier détail explique que deux factures voisines ne se ressemblent pas. Le coefficient étant calculé en moyenne entre deux relevés, un même volume de 100 m³ peut donner des kWh légèrement différents d'une période à l'autre.
Sources : legifrance.gouv.fr | opera-energie.com | compteur-gaz.com
