Les parents qui versent régulièrement de l’argent à leurs enfants majeurs peuvent déduire ces sommes de leurs impôts, dans la limite de 6 855 € par an pour 2025. Cette déduction doit être déclarée lors de la déclaration de revenus et représente un gain fiscal souvent ignoré. Les virements mensuels non déclarés constituent une opportunité manquée d’allègement fiscal.
J’ai versé 300 € par mois à mon fils étudiant depuis la rentrée sans rien en dire au fisc : au centre des impôts, on m’a expliqué ce que je laissais filer chaque année

Sur une année pleine, 300 € par mois à un étudiant représentent 3 600 €, et l'administration fiscale permet de déduire cette aide de votre revenu imposable. Pour l'imposition des revenus de 2025, le plafond est fixé à 6 855 € par enfant majeur, soit près du double de cette somme.
- L'aide financière versée à un enfant majeur est déductible des revenus du parent jusqu'à 6 855 € par an pour 2025
- La déduction doit être déclarée dans la rubrique des charges déductibles lors de la déclaration de revenus
- L'enfant doit redéclarer cette aide reçue dans sa propre déclaration de revenus
Un virement qui ne déclenche rien tout seul
Le virement mensuel, lui, ne change rien à votre impôt.
La déduction se réclame dans la déclaration de revenus, parmi les charges déductibles. Le plafonnement s'applique automatiquement lors du calcul de l'impôt, précise impots.gouv.fr. Beaucoup de parents versent par affection, sans penser à la case correspondante. La rentrée, avec ses premiers loyers, est justement le moment où ces virements s'installent.
Ce que prévoit l'administration
L'aide apportée à un enfant ou un petit-enfant majeur, dans le cadre de l'obligation alimentaire, est déductible de vos revenus. Le dispositif ne dépend ni de l'hébergement, ni du statut d'étudiant, ni d'une éventuelle invalidité.
Le plafond de 6 855 € vaut par enfant célibataire. Il passe à 13 710 € pour un enfant majeur marié, pacsé ou chargé de famille, dont vous subvenez seul aux besoins. Si un juge a fixé le montant de la pension, vous ne pouvez pas déduire davantage, sauf mécanisme de revalorisation prévu.
Un étudiant qui vit encore sous votre toit ouvre droit à un forfait de 4 075 € pour les revenus de 2025, sans justificatif. Celui qui loue un studio relève d'un autre régime : les dépenses réelles se justifient, dans la limite du plafond. Service-public.gouv.fr cite parmi les besoins fondamentaux le logement, la nourriture et la santé. Le versement doit être réel, rappelle l'administration, et votre relevé de compte en garde la trace.
Le rattachement, l'autre voie
Déduction et rattachement ne se cumulent pas.
Un enfant rattaché à votre déclaration est déjà pris en compte dans votre imposition, et aucune pension ne peut alors être déduite pour lui. Le rattachement a ses propres effets sur votre impôt, mais chacun des deux dispositifs exclut l'autre.
Reste donc à comparer. Le gain réel dépend de votre tranche d'imposition et de celle de votre enfant, et aucun chiffre ne vaut pour tout le monde. Seul un calcul des deux scénarios sur votre situation tranchera.
L'impôt change de porte
La somme que vous déduisez change de poche : elle devient un revenu imposable pour celui qui la reçoit. Votre enfant la déclare dans la rubrique « pensions alimentaires perçues » de sa propre déclaration, ou le parent auquel il est rattaché fiscalement s'en charge.
Cette imposition s'applique dans les mêmes limites que la déduction.
Pour ouvrir droit à la déduction, l'enfant doit aussi disposer de revenus insuffisants pour couvrir ses besoins élémentaires. Un étudiant qui gagnerait déjà de quoi vivre sortirait donc du cadre. L'âge, en revanche, ne compte pas : la pension à un enfant majeur est déductible quel que soit son âge, indique service-public.gouv.fr.
Ce que 2026 change dans le calcul
Rien n'interdit de verser 300 € par mois sans y réfléchir. Mais ne pas le déclarer prive le parent d'une déduction que l'administration prévoit explicitement, pour une aide qui atteint 3 600 € sur douze mois.
Pour cette année, seuls les virements partis depuis la rentrée entreraient dans le calcul, soit un total inférieur à 3 600 €. Le plafond de 6 855 € concerne les revenus de 2025 et se revalorise d'une année sur l'autre : il valait 6 794 € pour 2024. Il faudra donc vérifier le montant applicable à vos revenus de 2026 au moment de remplir votre déclaration.
Le gain reste impossible à chiffrer sans votre avis d'impôt.
Les gestes avant la prochaine déclaration
Conservez chaque virement, puisque la réalité du versement est exigée. Vérifiez que votre fils n'est pas rattaché à votre déclaration, car les deux avantages s'excluent. Prévenez-le aussi, puisqu'il aura à déclarer la somme de son côté.
Si une pension a été fixée par un juge, vous ne pouvez pas déduire plus que ce montant, sauf revalorisation prévue. Vous pouvez la revaloriser vous-même, à condition que le montant reste compatible avec vos ressources et avec les besoins de l'enfant.
La même logique s'applique aux petits-enfants majeurs : l'aide d'un grand-parent, versée au titre de l'obligation alimentaire, est elle aussi déductible.
Sources : impots.dispofi.fr | generali.fr
