Je pensais que la vente de juin avait tout réglé. Le notaire m’a pourtant posé une question que je n’avais pas anticipée, et la réponse a tout changé.
« Je pensais que la taxe foncière de ma résidence secondaire vendue en juin n’était plus mon problème » : chez le notaire, on m’a expliqué qui allait vraiment payer

- La taxe foncière est due pour l'année entière par le propriétaire au 1er janvier.
- Le partage au prorata du temps de détention relève d'un accord privé, prévu dans l'acte.
- L'avis arrive à l'automne au nom du vendeur, qui doit réclamer la part de l'acheteur.
- Une signature le 31 décembre ou le 2 janvier change le redevable de la taxe.
Le 1er janvier, seule date qui compte pour le fisc
Vendre en juin ne vous libère pas de la taxe foncière de l'année. Selon la fiche d'impots.gouv.fr consacrée à l'achat et à la vente en cours d'année, la taxe est due pour l'année entière par le propriétaire au 1er janvier, et l'avis est établi à son nom (article 1415 du Code général des impôts). Pour une résidence secondaire cédée en juin, c'est donc au vendeur que l'avis parviendra, pour les 12 mois.
Seul compte le nom du propriétaire à la date du 1er janvier.
Qui n'a pas cru, un jour, qu'une signature chez le notaire valait quitus ? La règle suit pourtant une autre logique : une photographie unique, prise le 1er janvier, qui fixe le redevable pour toute l'année. Que la vente intervienne en février ou en novembre, l'administration n'émet qu'un seul avis. Il arrive à l'automne, au nom du vendeur, y compris pour les mois où celui-ci n'était plus propriétaire.
Ce que le notaire met noir sur blanc dans l'acte
C'est là que le notaire entre en scène. Vendeur et acheteur peuvent convenir, dans le compromis puis dans l'acte authentique, de se partager la taxe au prorata du temps de détention de chacun.
Le mécanisme est simple : vous réglez l'intégralité au fisc, et l'acheteur vous rembourse la part qui court du jour de la vente au 31 décembre. Une signature fin juin lui en attribuerait environ la moitié, soit 6 mois sur 12. Selon la pratique notariale que décrivent plusieurs sites spécialisés, cette clause figure très souvent dans les actes.
Ce partage n'a pourtant rien d'une obligation légale.
L'administration fiscale le dit sans détour : cet accord est d'ordre privé, il ne la concerne pas et ne change rien à l'obligation du propriétaire au 1er janvier de payer la totalité. Sans clause dans le compromis ou dans l'acte, l'acheteur n'aurait donc rien à vous rembourser, d'après les sources juridiques consultées. Relisez celle de votre compromis avant la signature plutôt qu'à la réception de l'avis.
Un montant calé sur l'année précédente
Concrètement, le notaire intègre le calcul au décompte de la vente. L'acheteur règle sa quote-part le jour de la signature, en même temps que les autres sommes dues, et elle revient au vendeur. En juin, l'avis de l'année n'est pas encore arrivé. Le calcul s'appuierait donc sur la taxe de l'année précédente ou, à défaut, sur le dernier avis connu, selon plusieurs sites spécialisés.
Ce chiffre reste une estimation, qui peut s'écarter de l'avis définitif. Une régularisation entre vendeur et acheteur serait alors possible, mais seul l'acte dit si elle est prévue.
Cette ligne apparaît séparément sur le décompte de vente.
L'avis arrive, la vente est déjà faite
À l'automne, l'avis tombe à votre nom, alors que le bien appartient à un autre depuis plusieurs mois. Vous le réglez en totalité, puisque vous êtes le seul redevable aux yeux de l'administration. Si l'acheteur n'a pas déjà remboursé sa part à la signature, la pratique courante veut que vous la lui réclamiez ensuite. La date limite de paiement figure sur l'avis : c'est elle qu'il faut suivre, plutôt qu'un calendrier trouvé en ligne.
Mieux vaut donc provisionner la somme dès la vente. L'avis portera sur la taxe complète, alors que l'acheteur, quand une clause le prévoit, ne vous rendra que sa part, soit environ la moitié pour une vente de juin. La différence reste à votre charge, ce qui se tient : vous avez été propriétaire du 1er janvier au jour de la vente.
Le fisc reste étranger à toute réclamation entre vous et l'acheteur. D'après des avocats en droit immobilier, un acquéreur qui refuserait de payer sa part ne risquerait rien face à l'administration, et le vendeur n'aurait qu'un recours contre lui, d'où l'intérêt d'un règlement par le notaire le jour de la signature.
L'acheteur, lui, recevra son propre avis l'année suivante, puisqu'il sera propriétaire au 1er janvier. Pour une vente de juin 2026, ce sera l'avis de 2027. Ce premier avis portera sur l'année entière, comme pour tout propriétaire à cette date.
Décembre, janvier : quand le calendrier change la facture
La date de signature désigne le propriétaire du 1er janvier suivant. Signée le 31 décembre, la vente ferait établir l'avis de l'année suivante au nom de l'acheteur ; signée le 2 janvier, elle laisserait au vendeur 12 mois entiers à régler.
Dans les deux cas, seul un accord privé peut rééquilibrer la charge. L'usage veut un calcul au jour près, à partir de la date de l'acte. Le nom inscrit sur l'avis, lui, suit toujours la situation du 1er janvier.
Trois vérifications avant de signer
Trois points méritent un regard avant la signature : la clause de prorata dans le compromis, la date de départ du calcul, le montant de référence retenu. Ces éléments apparaissent sur le décompte du notaire. Vous pouvez demander ce décompte à l'avance. Demandez aussi si le montant sera régularisé quand l'avis définitif arrivera.
Après la vente, rangez ensemble le décompte et l'avis de taxe foncière. Si le montant définitif diffère de la base utilisée en juin, ces deux documents permettent de chiffrer l'écart au jour près.
La fiche d'impots.gouv.fr consacrée au sujet, publiée en septembre 2016, a été modifiée pour la dernière fois le 20 juillet 2026. Elle présente toujours le prorata comme un accord privé entre les parties, sans portée pour l'administration. Entre le vendeur de juin et son acheteur, tout se joue donc dans quelques lignes de l'acte, rédigées bien avant l'automne.
Sources : immobilier.fm | questions.assemblee-nationale.fr | kohenavocats.fr
