J’ai vendu mon buffet sur Le Bon Coin à un acheteur qui voulait continuer par SMS : personne ne m’avait prévenu du lien que j’allais recevoir pour être payé

Une arnaque sophistiquée cible les vendeurs du Bon Coin qui acceptent de continuer les négociations par SMS. Les escrocs envoient des liens vers de faux sites de paiement conçus pour voler vos données bancaires en quelques clics.

Cropped Favicon Journal Des Seniors Logo.png
Par L'équipe JDS

Vous aimez notre contenu ?

Ajoutez-nous à vos
favoris Google

Un buffet vendu sur Le Bon Coin, un acheteur pressé, et une simple proposition : « on continue par SMS, c'est plus rapide ? ». Cette phrase, des milliers de vendeurs l'ont déjà entendue.

Elle précède presque toujours la même mécanique frauduleuse. Après avoir manifesté leur intérêt pour l'objet, les escrocs proposent de passer sur une messagerie externe pour finaliser la vente, puis, une fois à l'abri des systèmes de sécurité de la plateforme, envoient un lien frauduleux.

Le piège est repéré et documenté par l'éditeur d'antivirus Kaspersky. Une escroquerie ciblant spécifiquement les vendeurs a été repérée dans plusieurs pays comme la France, le Canada et la Suisse. Le mode opératoire est glaçant de simplicité.

À retenir

  • Pourquoi les arnaqueurs ciblent spécifiquement les vendeurs qui sortent de la plateforme officielle
  • Le détail qui révèle immédiatement l'escroquerie, même pour les moins avertis
  • Comment agir en moins d'une heure pour minimiser les dégâts si vous avez cliqué sur le lien

Un service sécurisé détourné à son avantage

Le Bon Coin a pourtant fait les choses bien. La plateforme propose depuis 2018 un service de transaction sécurisée où l'acheteur paie, le site bloque les fonds, et l'argent n'est versé au vendeur qu'une fois l'objet reçu et validé.

Ce système inspire confiance, et c'est bien le problème. Les escrocs s'appuient précisément sur cette réputation de sérieux pour mettre la victime en confiance.

Ils ne cherchent pas à casser le système officiel. Ils construisent une copie parfaite, à côté, pour piéger ceux qui sortent du cadre sécurisé de l'application.

Le lien qui remplace la vraie notification

Dans le cas type observé par Kaspersky, le vendeur reçoit un message annonçant qu'un paiement l'attend. Le vendeur reçoit alors un lien pour percevoir l'argent sur un prétendu site de paiement sûr.

Rien ne prouve que ce lien vient réellement de la plateforme. Il s'agit en réalité d'une page d'hameçonnage imitant la plateforme de petites annonces, et s'il a le malheur d'y saisir ses coordonnées bancaires, son compte sera vidé en un rien de temps.

Certaines victimes racontent avoir été rassurées par un détail : le numéro d'expéditeur. Une utilisatrice raconte que comme le numéro n'est pas celui du vendeur et qu'il est composé de 5 chiffres, elle est en totale confiance, pensant qu'il ne peut pas être falsifié.

Une copie presque parfaite du site officiel

Le faux site n'a rien d'artisanal. Le SMS est accompagné d'un lien qui relaie vers une version factice du site d'annonces, où les pirates ont imité à la perfection l'interface et le design de la plateforme.

Certains escrocs vont jusqu'à réintégrer l'annonce réelle du vendeur. La page reproduit fidèlement l'interface du vrai site et affiche même l'annonce avec ses propres photos pour renforcer l'illusion.

Le seul indice fiable reste l'adresse du site. Le SMS contient un lien vers un site web factice mais qui reprend à la lettre le design du site, généralement une adresse proche mais légèrement différente de l'officielle.

La demande qui devrait tout de suite alerter

Voici le détail qui trahit l'arnaque, même pour les moins connectés d'entre nous. La fausse page demande au vendeur de saisir son numéro de carte bancaire pour valider la réception du paiement, alors que pour recevoir un virement, on transmet un RIB ou un IBAN, jamais ses coordonnées de carte.

Une carte bancaire sert à payer, pas à être payé. C'est contre-intuitif au premier regard, mais logique une fois qu'on y pense : personne ne vous demande votre carte pour vous verser de l'argent.

Le service client de la plateforme le rappelle d'ailleurs sans détour. Un agent du service client ne vous contactera jamais par téléphone pour vous demander de partager vos coordonnées bancaires ou pour demander un paiement par téléphone, et si votre interlocuteur se fait passer pour l'entreprise, c'est une arnaque.

Les cibles privilégiées et les astuces des escrocs

Tous les vendeurs n'intéressent pas les mêmes fraudeurs. Les escrocs ciblent en priorité les annonces mises en avant, signe que le vendeur a les moyens et souhaite se débarrasser rapidement de son bien, et privilégient les particuliers plutôt que les professionnels.

Un buffet, une commode, un meuble ancien à prix correct : exactement le type d'objet qui attire ces contacts trop pressés, trop enthousiastes, trop parfaits.

Certains escrocs poussent même le vice jusqu'à usurper des numéros existants. Cette arnaque est double, car les personnes malveillantes qui s'essaient à ces tentatives de phishing pratiquent le spoofing, c'est-à-dire qu'elles usurpent le numéro de téléphone de particuliers pour se faire passer ensuite pour des acheteurs honnêtes.

Les bons réflexes avant et après le clic

La règle de base tient en une phrase, et Le Bon Coin la répète sur son propre centre d'aide. L'invitation est de ne jamais sortir de la messagerie officielle, et de ne pas effectuer de paiement hors du paiement sécurisé de la plateforme.

Si un SMS suspect arrive malgré tout dans votre boîte, un réflexe simple existe. Il est recommandé de le signaler directement au centre de lutte contre le SPAM par SMS, via le 33700.

Et si vous avez déjà cliqué, voire saisi vos données ? La rapidité change tout, il faut agir dans l'heure, pas dans la journée.

Trois gestes s'imposent alors dans l'ordre. Appelez votre banque immédiatement pour faire opposition sur votre carte, désinstallez toute application téléchargée via un lien externe et changez vos mots de passe, puis déclarez l'arnaque sur cybermalveillance.gouv.fr et signalez l'utilisateur depuis la messagerie de la plateforme.

Une victime raconte avoir eu ce réflexe salvateur après avoir découvert des témoignages similaires en ligne. Ayant vu des témoignages sur un forum et compris qu'il s'agissait d'une arnaque, elle a aussitôt fait opposition sur sa carte bancaire. Sa banque, sensibilisée à ce type de fraude, avait même remboursé les frais d'opposition.

Ce détail mérite d'être connu : de plus en plus d'établissements bancaires remboursent désormais ces frais lorsque la fraude est signalée rapidement et documentée. Autant dire qu'un simple appel, passé à temps, peut transformer une soirée de panique en simple contrariété administrative.

Cropped Favicon Journal Des Seniors Logo.png

Toute l'équipe de rédaction Journal des Seniors vous guide à travers ce sujet qui nous concerne tous : la retraite. Comment l'anticiper, la préparer, et comprendre tous les rouages et informations pratiques pour une retraite paisible.

Aucun commentaire à «J’ai vendu mon buffet sur Le Bon Coin à un acheteur qui voulait continuer par SMS : personne ne m’avait prévenu du lien que j’allais recevoir pour être payé»

Laisser un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés
* Champs obligatoires