« Mon médecin ne m’en avait jamais parlé » : à 65 ans, j’ai découvert que le vaccin contre le zona était désormais remboursé

Un vaccin contre le zona remboursé depuis décembre 2024, mais à peine connu du grand public. Cette lectrice de 65 ans l’a découvert par hasard en discutant avec une voisine, alors que son médecin traitant ne lui en avait jamais parlé. Pourtant, l’efficacité du Shingrix atteint 91,3 % et les complications augmentent avec l’âge.

Cropped Favicon Journal Des Seniors Logo.png
Par L'équipe JDS

Vous aimez notre contenu ?

Ajoutez-nous à vos
favoris Google

Un vaccin remboursé à 65 % depuis plus d'un an, et pourtant quasiment personne n'en a entendu parler dans les cabinets médicaux. C'est exactement ce qui s'est produit pour cette lectrice de 65 ans, qui a découvert par hasard, en discutant avec une voisine, que la Sécurité sociale prenait désormais en charge le vaccin contre le zona. Son médecin traitant, qu'elle consulte pourtant régulièrement, ne lui en avait jamais soufflé mot.

Le chiffre mérite d'être posé d'emblée : le vaccin est remboursé à 65 % par l'Assurance Maladie, et ce depuis le 14 décembre 2024, date d'entrée en vigueur d'un arrêté publié au Journal officiel quelques jours plus tôt. Avant cette date, il fallait débourser la totalité du prix, soit une base de remboursement de 188,37 € par dose, pour un coût total avant prise en charge d'environ 377 € pour les deux injections. Un frein financier réel, qui explique en partie pourquoi tant de seniors passaient à côté de cette protection.

À retenir

  • Un remboursement administratif qui s'est mis en place discrètement, sans grand tapage médiatique
  • Les douleurs post-zostériennes affectent 22 % des patients au-delà de 75 ans, bien après la guérison
  • Pourquoi les médecins généralistes parlent rarement de cette vaccination pourtant hautement efficace

Un remboursement récent, encore méconnu du grand public

La mécanique administrative est simple, mais elle s'est mise en place discrètement. Avant 2024, il n'y avait pas de prise en charge claire, ce qui représentait un frein important pour de nombreuses personnes à risque. Tout a changé suite à un avis de la Haute Autorité de Santé en février 2024, qui a recommandé la vaccination avec le vaccin Shingrix pour certaines populations, suivi par la publication d'un arrêté du 5 décembre 2024 au Journal Officiel. Ce texte a rendu le remboursement effectif, sans grand tapage médiatique.

Le résultat, c'est un décalage frappant entre la mesure et sa connaissance sur le terrain. Une étude menée en 2022 sur les cas de zona déclarés en médecine générale le confirme sans détour : environ 5,6 % des cas survenaient dans un contexte d'immunodépression, et seulement 8 patients étaient vaccinés contre le zona, soit 0,8 % des cas. Un taux de vaccination dérisoire, alors même que la maladie touche en priorité les personnes qui auraient le plus intérêt à s'en protéger.

Qui est concerné exactement ? Deux profils, et un seul critère d'âge à retenir. Le vaccin est recommandé chez les adultes immunocompétents à partir de l'âge de 65 ans et chez les personnes immunodéprimées dès l'âge de 18 ans. Pas besoin d'antécédent médical particulier pour les 65 ans et plus, l'âge suffit à ouvrir le droit au remboursement. Une simplicité administrative suffisamment rare en santé publique pour être soulignée.

Pourquoi le zona frappe plus fort après 65 ans

Le virus responsable, tout le monde ou presque le porte déjà en soi sans le savoir. Après une infection par la varicelle dans l'enfance, le virus peut rester « en sommeil » dans certains ganglions nerveux, puis se réactiver sous l'effet de l'âge, de la fatigue ou d'une maladie. Une bombe à retardement silencieuse, en quelque sorte, qui attend simplement que les défenses immunitaires baissent la garde.

Et elles baissent la garde précisément autour de 65 ans. En 2022, les taux d'incidence annuels les plus hauts sont observés à partir de 50 ans, avec plus de 500 cas pour 100 000 habitants à partir de 60 ans, l'âge médian de survenue de zona étant de 65 ans. Ce n'est donc pas un hasard de calendrier si la Sécurité sociale a choisi ce seuil précis pour ouvrir le remboursement.

Le vrai problème du zona, ce n'est d'ailleurs pas tant l'éruption elle-même que ce qui peut suivre. Les douleurs post-zostériennes, ces séquelles nerveuses qui persistent bien après la disparition des lésions cutanées, deviennent statistiquement plus fréquentes et plus sévères avec l'âge. On les observe dans 5,9 % des zonas de 60 à 64 ans, 7,7 % de 65 à 69 ans, 15,2 % de 70 à 74 ans, et 22 % dans les zonas survenant au-delà de 75 ans. plus on avance en âge, plus le risque de traîner une douleur chronique augmente, parfois pendant des mois.

Comment se faire vacciner, concrètement

Le protocole tient en deux injections, espacées dans le temps. Le schéma de vaccination complet comporte 2 doses de vaccin espacées de 2 mois, avec une certaine souplesse puisque l'intervalle peut s'étendre jusqu'à six mois sans nécessiter de recommencer le schéma en cas de retard. Le vaccin peut être injecté par médecin, pharmacien ou infirmier, ce qui laisse le choix du praticien selon les disponibilités et les habitudes de chacun.

Un détail rassure souvent les personnes qui ont déjà connu un épisode de zona : la vaccination reste pertinente même après. Chez les personnes immunocompétentes de 65 ans et plus ayant eu un zona ou une vaccination par Zostavax, un délai d'au moins 1 an doit être respecté avant de débuter la vaccination par Shingrix, l'ancien vaccin ayant d'ailleurs disparu du marché français en juin 2024. Avoir déjà eu la maladie ne protège pas d'une récidive, contrairement à une idée reçue tenace chez beaucoup de patients.

Sur le plan de l'efficacité, les chiffres cliniques donnent une idée assez nette du bénéfice attendu. Les essais de phase III ont montré une réduction du nombre de cas de zona estimée à 91,3 % dans l'analyse groupée des études cliniques chez les sujets de 50 ans et plus immunocompétents. Un score qui dépasse largement celui de l'ancien vaccin, désormais retiré, et qui justifie à lui seul le déplacement en pharmacie ou chez le médecin traitant.

Reste une question toute simple à se poser lors du prochain rendez-vous médical : pourquoi ce sujet n'est-il presque jamais abordé spontanément ? Les médecins généralistes, souvent débordés par les rappels grippe, Covid et pneumocoque programmés à l'automne, glissent parfois entre les mailles cette recommandation plus récente. Rien n'empêche pourtant d'en parler soi-même, y compris le même jour qu'un autre vaccin, puisque plusieurs injections peuvent être réalisées à des sites différents lors d'une même consultation.

Cropped Favicon Journal Des Seniors Logo.png

Toute l'équipe de rédaction Journal des Seniors vous guide à travers ce sujet qui nous concerne tous : la retraite. Comment l'anticiper, la préparer, et comprendre tous les rouages et informations pratiques pour une retraite paisible.

Aucun commentaire à «« Mon médecin ne m’en avait jamais parlé » : à 65 ans, j’ai découvert que le vaccin contre le zona était désormais remboursé»

Laisser un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés
* Champs obligatoires