On s’obstine tous à payer jusqu’à 50 % de surprime fumeur sur son assurance de prêt, alors qu’un seul détail suffit à la faire sauter

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Par Louise S

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Beaucoup d'emprunteurs pensent qu'il faut attendre plusieurs années, voire ne jamais pouvoir se débarrasser de leur surprime fumeur sur l'assurance de prêt. C'est faux, et c'est même une idée reçue qui coûte cher à ceux qui y croient. Car un simple changement de comportement, maintenu sur une durée précise, suffit à faire basculer un dossier du tarif fumeur au tarif non-fumeur. Résultat, une ligne de dépense qui pèse parfois lourd dans le budget mensuel peut disparaître, sans attendre la fin du crédit. Encore faut-il connaître la règle exacte et savoir comment l'activer auprès de sa banque ou de son assureur.

À retenir
  • 24 mois consécutifs sans tabac ni nicotine (même le vapotage compte) permettent d'obtenir le tarif non-fumeur, une seule rechute remettant le compteur à zéro.
  • La loi Lemoine permet de résilier son assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni préavis, pour basculer vers un contrat au tarif non-fumeur.
  • Mentir sur son statut de fumeur expose à la nullité totale du contrat d'assurance, même en l'absence de lien entre le sinistre et le tabagisme.

Pourquoi les fumeurs paient une surprime pouvant atteindre 50 %

Le statut de fumeur fait partie des critères médicaux examinés par les assureurs au moment de calculer le tarif d'une assurance emprunteur. Concrètement, cette majoration varie généralement de 20 % à 70 % du tarif de base, selon l'âge, le capital emprunté et la compagnie choisie. Les comparateurs constatent qu'à âge égal, le taux retenu pour un emprunteur fumeur est environ une fois et demie celui d'un non-fumeur, soit près de 50 % de plus sur le coût total de l'assurance. Un détail surprend souvent les candidats à l'emprunt, la majorité des assureurs assimilent le vapotage avec nicotine à une consommation de tabac classique, avec les mêmes conditions tarifaires. Autrement dit, remplacer la cigarette par une e-cigarette ne suffit pas à échapper à la surprime, tant que de la nicotine est consommée. Cette majoration touche une part non négligeable de la population, puisque 24 % des adultes de 18 à 79 ans déclaraient fumer du tabac en 2024, dont 17,4 % quotidiennement, selon le Baromètre de Santé publique France. Le tabagisme reste par ailleurs trois fois plus fréquent chez les personnes en difficulté financière, avec 30 % de fumeurs quotidiens contre 10 % chez celles qui se déclarent à l'aise, ce qui signifie que cette surprime touche plus durement ceux qui ont déjà le moins de marge budgétaire.

Le détail qui change tout : 24 mois sans tabac pour faire sauter la surprime

La bonne nouvelle, c'est que cette majoration n'est pas gravée dans le marbre pendant toute la durée du prêt. La règle dominante sur le marché de l'assurance emprunteur impose 24 mois consécutifs sans tabac ni nicotine pour obtenir le tarif non-fumeur, même si quelques assureurs se contentent d'un délai plus court de 12 mois. Ce seuil de deux ans correspond à la durée jugée suffisante par les assureurs pour considérer qu'un sevrage est stabilisé et que le risque médical associé au tabagisme a réellement diminué. Attention toutefois à un piège fréquent, une seule cigarette fumée après plusieurs mois d'arrêt remet le compteur des 24 mois à zéro. Un emprunteur qui aurait tenu 20 mois sans fumer et qui craquerait une seule fois devrait donc repartir de zéro pour espérer bénéficier du tarif non-fumeur. Cette règle impose une rigueur totale, mais elle ouvre aussi une perspective concrète, celle de transformer un arrêt du tabac en économie chiffrée sur l'assurance de prêt, à condition de pouvoir le justifier auprès de l'assureur, généralement via un test salivaire ou une déclaration médicale sur l'honneur selon les contrats.

Comment changer de contrat et profiter de la loi Lemoine pour renégocier à tout moment

Une fois les 24 mois sans tabac atteints, encore faut-il pouvoir en profiter sans attendre la date anniversaire du contrat. C'est là qu'intervient la loi Lemoine, en vigueur depuis le 1er septembre 2022, qui permet de résilier son assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni préavis, dès lors que le nouveau contrat propose des garanties équivalentes à l'ancien. Concrètement, un emprunteur devenu non-fumeur depuis deux ans peut comparer les offres, choisir un contrat avec un tarif non-fumeur et demander la substitution à sa banque. Celle-ci dispose alors de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser cette substitution, et elle ne peut refuser que pour un motif de non-équivalence des garanties, par écrit. Un point de vigilance mérite d'être souligné avant d'entamer cette démarche, mentir intentionnellement sur son statut de fumeur, si cela diminue l'appréciation du risque, expose à la nullité du contrat, comme le prévoit l'article L.113-8 du code des assurances. Cette sanction s'applique même si le sinistre survenu n'a aucun lien avec le tabagisme, ce qui signifie qu'une fausse déclaration peut priver totalement l'emprunteur et ses proches de la protection pour laquelle ils paient depuis des années. Mieux vaut donc attendre d'avoir réellement atteint les 24 mois requis avant de changer de statut déclaratif auprès de l'assureur.

Situation Surprime appliquée Condition pour en sortir
Fumeur régulier 20 % à 70 % du tarif de base Arrêt total du tabac et de la nicotine
Vapoteur avec nicotine Même traitement qu'un fumeur Arrêt de toute consommation de nicotine
Ex-fumeur depuis 24 mois Tarif non-fumeur applicable Justificatif médical à l'appui

Les chiffres publiés par Santé publique France montrent une tendance de fond encourageante, avec 4 millions de fumeurs quotidiens en moins en dix ans et une proportion passée de 28,6 % à 18,2 % chez les 18-75 ans. Cette baisse du tabagisme en France ouvre mécaniquement la voie à davantage de dossiers éligibles au tarif non-fumeur sur l'assurance emprunteur. Pour ceux qui ont arrêté de fumer depuis au moins deux ans sans la moindre rechute, la démarche reste simple, rassembler les justificatifs nécessaires, comparer les offres du marché et activer la loi Lemoine pour faire plier sa banque. Un courrier bien préparé et un dossier complet suffisent souvent à transformer un ancien poste de dépense contraint en économie durable sur toute la durée restante du crédit.

Louise

Rédactrice spécialisée Argent depuis 10 ans, j'apporte ici mon expertise sur les sujets Retraite, épargne, budget ou encore immobilier. Passionnée par ailleurs par la psychologie, j'écris également à ce sujet.

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