Plus de 6 sur 10 dans les fast-foods, moins de 5 % dans les banques : l’étude de la Dares montre où l’on est payé au Smic en 2026

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Par Louise S

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Le Smic horaire brut atteint désormais 12,02 euros, après une revalorisation de 1,2 % entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026. Derrière ce chiffre, la Dares a publié une étude détaillée sur les salariés concernés par cette hausse automatique. Qui touche le salaire minimum en France aujourd'hui ? Les résultats dessinent une photographie précise du marché du travail, avec des écarts spectaculaires selon le secteur d'activité, le temps de travail ou la taille de l'entreprise. Entre la restauration rapide, où plus de six salariés sur dix sont concernés, et les banques, où ce taux tombe sous les 5 %, les disparités interrogent sur la réalité des bas salaires en France.

À retenir
  • Le Smic horaire brut est fixé à 12,02 euros depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, une revalorisation qui concerne 2,1 millions de salariés, soit 11,8 % des effectifs du privé non agricole.
  • Les salariés à temps partiel, les femmes et les employés de petites entreprises sont nettement surreprésentés parmi les bénéficiaires du Smic.
  • La restauration rapide (62,3 %) et les services à la personne (53,8 %) affichent les taux les plus élevés, à l'opposé des banques et assurances où moins de 5 % des salariés sont concernés.

Le smic revalorisé au 1ᵉʳ janvier 2026 : qui en profite vraiment ?

La revalorisation du Smic au 1ᵉʳ janvier 2026 a directement concerné 2,1 millions de salariés du secteur privé non agricole, soit 11,8 % de l'ensemble des salariés. Ce taux recule légèrement par rapport à la précédente revalorisation du 1ᵉʳ novembre 2024, où 12,4 % des salariés étaient concernés. Un point mérite d'être précisé : il est impossible de connaître avec exactitude le nombre de personnes rémunérées pile au niveau du Smic, faute de données suffisamment fines. La Dares mesure donc les bénéficiaires de la revalorisation, c'est-à-dire les salariés dont le salaire a dû être ajusté pour respecter le nouveau seuil légal. Autre enseignement utile : un salarié peut figurer parmi les bénéficiaires tout en étant payé légèrement au-dessus du Smic, certains éléments de rémunération n'entrant pas dans l'assiette de calcul. Enfin, la conformité des entreprises progresse : 2,5 % des salariés appartiennent à des structures appliquant une convention de branche non conforme au Smic à la veille du 1ᵉʳ janvier 2026, contre 2,8 % fin octobre 2024.

Temps partiel, femmes, petites entreprises : les profils les plus exposés au smic

L'étude de la Dares met en lumière des écarts marqués selon le profil du salarié. Le temps partiel apparaît comme un facteur déterminant : 25,6 % des salariés à temps partiel sont concernés par la revalorisation, contre seulement 8,8 % des salariés à temps complet. Les femmes sont également surreprésentées parmi les bénéficiaires, puisqu'elles représentent environ 60 % des salariés concernés par la hausse. La taille de l'entreprise joue aussi un rôle central dans cette équation. Dans les structures de 1 à 9 salariés, 21,9 % des employés sont concernés par le Smic, contre 9,5 % dans les entreprises plus grandes. Cet écart se creuse encore davantage aux extrêmes : 25,4 % des salariés travaillant dans une entreprise à un seul salarié touchent le Smic, contre seulement 6,6 % dans les entreprises de 500 salariés ou plus. Ces chiffres confirment une tendance connue : plus la structure est petite, plus la rémunération au Smic est fréquente.

Restauration rapide, services à la personne, banques : des écarts qui donnent le vertige

C'est sans doute la partie la plus parlante de l'étude de la Dares : les écarts selon les branches professionnelles. Dans la restauration rapide, 62,3 % des salariés sont concernés par le Smic, soit plus de six salariés sur dix. Les services à la personne en entreprise affichent également un taux élevé, à 53,8 %, tout comme le commerce principalement alimentaire, où 31,7 % des salariés sont touchés. À l'opposé, dix regroupements de branches affichent un taux de bénéficiaires inférieur à 5 %. Parmi eux figurent les banques et assurances, la métallurgie et la sidérurgie, les professions juridiques et comptables, le secteur du verre et des matériaux de construction, ainsi que la chimie et la pharmacie. Dans le secteur financier, l'explication est structurelle : 76,9 % des salariés y occupent des postes de cadres ou de professions intermédiaires, des catégories peu concernées par le salaire minimum. Voici un aperçu synthétique de ces écarts entre branches :

  • Restauration rapide : 62,3 % des salariés concernés
  • Services à la personne (entreprises) : 53,8 %
  • Commerce principalement alimentaire : 31,7 %
  • Banques, assurances et autres branches à faible exposition : moins de 5 %

Cette étude de la Dares confirme une réalité connue mais rarement chiffrée aussi précisément : le Smic reste la norme dans certains secteurs à forte proportion d'emplois peu qualifiés ou à temps partiel, tandis qu'il demeure marginal dans les branches où dominent les postes de cadres. Pour les salariés concernés par cette revalorisation, la hausse de 1,2 % du salaire minimum représente un gain concret sur la fiche de paie. Cette photographie du marché du travail rappelle aussi combien le pouvoir d'achat reste un sujet sensible pour des millions de Français, en particulier dans les secteurs où le Smic constitue la rémunération de référence plutôt que l'exception.

Louise

Rédactrice spécialisée Argent depuis 10 ans, j'apporte ici mon expertise sur les sujets Retraite, épargne, budget ou encore immobilier. Passionnée par ailleurs par la psychologie, j'écris également à ce sujet.

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