Audi lance le plus grand SUV de son histoire et choisit un moteur que beaucoup croyaient condamné

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Par Julien Thoraval

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En juin 2021, Markus Duesmann, alors patron d'Audi, fixait une échéance restée célèbre : le dernier modèle thermique de la marque serait lancé en 2026, la production de moteurs à combustion s'éteindrait en 2033. Quatre ans plus tard, son successeur Gernot Döllner a rangé cette date au placard, expliquant à Autocar qu'Audi vendrait encore des thermiques pendant « sept, huit, peut-être dix ans ». Ingolstadt prépare depuis de nouvelles familles de moteurs à combustion et d'hybrides.

Le 29 juillet 2026, la marque dévoile le Q9. Une longueur de 5,31 mètres, un empattement de 3,14 mètres, la première utilisation du chiffre 9 dans l'histoire de la gamme et le titre de plus grande Audi jamais produite. Pour ouvrir le catalogue français, une seule motorisation est annoncée : un V6 diesel 3l de 299 chevaux.

Le fleuron d'Audi démarre avec 2,4 % du marché français

Le bloc affiche 630 Nm de couple et s'accompagne d'un système MHEV plus 48 volts qui apporte, selon Audi, jusqu'à 18 kW et 370 Nm supplémentaires lors des démarrages et des dépassements. Un compresseur électrique complète la suralimentation à deux étages et monte la pression à 3,6 bars en 1,2 seconde, toujours d'après le constructeur. Boîte tiptronic à huit rapports et transmission intégrale quattro permanente sont de série, sans alternative annoncée.

Le contexte français donne à ce choix un relief particulier. En juin 2026, la motorisation thermique diesel pesait 2,4 % des immatriculations de voitures neuves, quand l'électrique atteignait un record à 29,9 % du marché, selon les données du SDES. Le gazole a quitté les tableaux de bord des directions commerciales françaises depuis longtemps.

Sur le segment des grands SUV à trois rangées, il n'en est jamais parti. Mercedes vient de reconduire deux six cylindres diesel sur son GLS restylé, de 313 et 367 chevaux. BMW conserve la même logique sur le X7. Audi arrive tard sur ce terrain, avec une voiture plus longue que ses deux rivales, et s'aligne sur la mécanique que le segment utilise déjà. Aucune version électrifiée n'accompagne le lancement, et le communiqué n'évoque ni hybride rechargeable ni variante électrique à venir.

Audi Q9
Crédit : Audi

Trois rangées, six sièges et des portes qui s'ouvrent seules

Avec 2,21 mètres de large et 1,81 mètre de haut, le Q9 ne cherche pas la discrétion. L'empattement de 3,14 mètres sert d'abord la troisième rangée, qu'Audi annonce habitable par des adultes. Sept places figurent de série, une configuration six places avec sièges individuels au centre étant proposée en option.

Deux détails intéresseront les familles plus que la liste des équipements. Les trois places de la deuxième rangée reçoivent toutes des points d'ancrage Isofix, ce qui reste rare au-delà des deux places latérales. Et pour accéder au fond, le siège extérieur de cette rangée avance électriquement en basculant sans se rabattre complètement : le siège enfant installé dessus n'a pas besoin d'être démonté. La suspension pneumatique adaptative, de série, autorise par ailleurs un abaissement de 62 millimètres depuis le mode équilibré pour faciliter la sortie du véhicule.

Les portes avant et arrière s'ouvrent électriquement jusqu'à 90 degrés, une première chez Audi, avec détection d'obstacle et commande à distance via l'application myAudi. Le toit panoramique de série dépasse 1,5 mètre carré de surface vitrée et devient automatiquement opaque à l'arrêt pour couper les regards extérieurs. Une transparence commutable à neuf segments figure au catalogue des options. Le volume du coffre, lui, n'apparaît nulle part dans le dossier de presse.

512 segments à l'arrière, un V6 devant

L'effort d'innovation d'Audi se concentre sur ce qui se voit. Les feux arrière inaugurent des panneaux OLED numériques de troisième génération incurvés en trois dimensions, une première mondiale revendiquée par la marque, obtenue grâce à un substrat de verre de 0,1 millimètre d'épaisseur qui épouse les contours de la carrosserie. Six panneaux totalisent 512 segments pilotables. Le panneau extérieur en compte 99 à lui seul.

Le reste de la panoplie lumineuse suit la même ambition. Les clignotants projettent au sol un motif synchronisé avec les répétiteurs avant et arrière. L'éclairage communicant affiche pour sa part un triangle de danger dans les feux arrière pour signaler un incident en amont, et prévient les cyclistes par une projection au sol lorsqu'un passager ouvre sa portière. Sur le flanc, un losange emprunté à Audi Sport se déroule à l'approche des occupants. Cette signature lumineuse est le vrai terrain de démonstration technologique du Q9.

À bord, l'écran panoramique OLED réunit un virtual cockpit de 11,9 pouces et une dalle tactile de 14,5 pouces, auxquels s'ajoute un écran passager de 12,3 pouces livré de série avec mode de confidentialité. Le système tourne sous Android Automotive, avec une boutique d'applications intégrée qui se passe du smartphone. ChatGPT n'intervient qu'en second rideau, lorsque l'assistant maison ne sait pas répondre. Le système audio Bang & Olufsen 4D pousse 22 haut-parleurs et 1 360 watts, dont quatre logés dans les appuie-tête pour que le conducteur prenne ses appels sans imposer la conversation aux passagers ; des actuateurs installés dans les sièges avant transmettent physiquement les basses fréquences. Côté matières, la fibre d'alpaga et la microfibre Dinamica rejoignent le cuir Nappa au catalogue des selleries.

Audi Q9
Source: DR

Le malus attend au bout du bon de commande

Le communiqué français ne donne ni émissions de CO2 ni masse en ordre de marche. Ce sont pourtant les deux chiffres qui décideront de l'accueil réservé au Q9 dans l'Hexagone. Depuis le 1er janvier 2026, le malus écologique se déclenche dès 108 g/km, plafonne à 80 000 euros au-delà de 192 g/km, et la taxe au poids s'applique dès 1 500 kilos, le cumul des deux étant limité au plafond du malus CO2 jusqu'en 2027.

Un repère permet de situer l'ordre de grandeur : Mercedes annonce des rejets à partir de 205 g/km sur les versions diesel de son GLS. Un SUV de 5,31 mètres animé par un V6 TDI se situera dans la même zone, celle où le barème a cessé d'être progressif pour devenir dissuasif. Les abattements réservés aux familles nombreuses constituent la seule vraie soupape, ce qui n'a rien d'absurde pour un sept places.

Le marché lui-même donne la mesure de l'enjeu. Le GLS, référence historique du segment, a enregistré onze immatriculations en France en 2025 d'après L'Argus. Le Q9 ne s'adresse donc pas au marché hexagonal mais plutôt au Moyen Orient ou continent américain où ses dimensions ne sont plus synonyme de démesure. Néanmoins pour les intéressés, les livraisons françaises sont annoncées au quatrième trimestre, à partir de décembre 2026. Le tarif, lui, n'a pas encore été communiqué. Plus d'informations sur la page officielle de l'Audi Q9.

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Journaliste et photographe éditorial, je couvre l’automobile, l’art de vivre et les territoires à travers des récits où le texte et l’image se répondent. Mon approche repose sur une conviction : un essai, un objet ou une rencontre ne se résument pas à leurs caractéristiques. Ils prennent sens dans un lieu, une lumière et une histoire, fruit de cette alchimie.

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